‹ Œuvres de Delille (volume 4)Chapitre 41 sur 114 · V. 6i)() L'ENEIDE, LIVRE V. Ml · texte numérisé non relu

V. 6i)() L'ENEIDE, LIVRE V. Ml

Lorsqu'un irailé de paix allait calmer la terre, (Vtteiguit Ménélas , et ralluma la guerre. Aceste par le sort est nommé le dernier, l'^t sa vieillesse encor veut cueillir un laurier. Chacun courbe son arc , et le carquois fidèle I\end à chaque rival les flèches qu'il recèle. Par le fils d'Hyrtacus le premier trait lancé Part, vole , et dans le mât le fer reste enfoncé ; L'arbre tremble , l'oiseau s'effraie et bat de l'aile. Mille cris frappent l'air. Une palme nouvelle De Mnesthée à son tour tente le bras heureux. Vei's le but il dirige et sa main et ses vœux ; Mais , sans toucher l'oiseau , la flèche décochée Rompt le nœud qui retient la colombe attachée : L'oiseau part , prend l'essor, s'élève jusqu'au ciel. \lors , fier de sa force et de l'art fraternel , Déjà tenant son arc et sa flèche perçante , A l'oiseau qui fend l'air d'une aile triomphante , Tandis qu'il s'applaudit dans l'empire azuré , Eurytion prépare un coup plus assuré :

Le trait rapide vole au séjour des orages : Arrêté dans sa course au milieu dCvS nuages , Le malheureux oiseau perd le jour dans les cieux , Et rapporte en tombant le trait victorieux.

Nul prix d'Aceste encor n'honore la vieillesse : Tout-à-coup signalant son art et son adresse, De la corde bruyante un trait part ; et soudain Aux regards se présente un présage divin. D'un sillon enflammé marquant au loin sa route , Le trait vole , et se perd sous la céleste voûte*: Tels , détachés des cieux , courent en traits brùlans D'un astre chevelu les crins étincelans.

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Namque volans liquidis in nubibus arsit arundo , Signa vitque viam flammis , tenuesque recessit Consumpta in ventos: cœlo ceu stepe refixa Transcurrunt crinemque volantia sidéra ducunt. Attonitis hœsere animis , superosque precati , Trinacrii Teucrique viri : nec maximus omen Abnuit iEneas ; sed lœtum amplexus Acesten Muneribus cumulât magnis , ac talia fatur : « Sume , pater ; nam te volait rex magnus Olympi Talibus auspiciis exsortem ducere honores. Ipsius Anchisse longaevi hoc munus habebis , Cratera impressum signis , quem Thracius olim Anchisae genitori in magno munere Cisseus Ferre sui dederat monumentum et pignus amoris. » Sic fatus , cingit viridanti tempora lauro , Et primum ante omnes victorem appellat Acesten. Nec bonus Eurytion praelato invidit honori , Quamvis solus ayem cœlo dejecit ab alto. Proximus ingreditur donis , qui vincula rupit : Extremus , volucri qui fixit arundine malum.

At pater ^Eneas, nondum certamine misso , Custodem ad sese comitemque impubis luli Epytiden vocat ; et fidam sic fatur ad aurem : « Vade âge , et Ascanio , si jam puérile paratum Agmen habet secum , cursusque instruxit equorum , Ducat avo turmas , et sese ostendat in armis,

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