‹ Œuvres de Delille (volume 4)Chapitre 50 sur 114 · V. iio5. L'ENEIDE, LIVRE V · texte numérisé non relu

V. iio5. L'ENEIDE, LIVRE V

Même intérêt m'anime ; et , conduits jusqu'au port , Ses vaisseaux de l'Averne iront toucher le bord : Lin seul de ses Troyens périra dans l'abîme. Pour le salut de tous un seul sera victime. »

Vénus calme à ces mots ses déplaisirs cruels. Le char du dieu l'attend : ses coursiers immortels Ont reconnu sa voix et ses mains souveraines. A leur bouche écumante il a rendu les rênes; Il vole ; et d'un côté le jeune Palémon, Et les fils de Glaucus , et l'agile Triton ; De l'autre , Panopée , et Thalie , et Mélite , Et Nésée , et Spio , sont sa brillante suite : De déesses , de dieux l'immortel entouré Rase, en volant, les eaux sur son char azuré. Dès qu'elle entend rouler sa conque impétueuse , Autour d'elle se tait l'onde respectueuse; Les vents tombent , les flots s'aplanissent sous lui , Et des cieux épurés les nuages ont fui.

Le héros s'applaudit ; dans son âme flottante L'espoir d'un sort meilleur verse la douce attente. Par son ordre on relève , on redresse les mâts , La vergue sur leur tige étend son double bras ; A ce mobile appui la toile suspendue , Et tantôt resserrée et tantôt étendue , Tourne d'un bord à l'autre , et de ses plis mouvans Interroge, saisit, et recueille les vents. La flotte agile vole, et d'une main habile Palinure conduit sa vitesse docile.

La nuit avait rempli la moitié de son cours, Et chacun du sommeil implorait le secours : Les nautoniers , lassés sous leurs oisives rames , Aux songes de la nuit abandonnaient leurs âmes ,

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