‹ Œuvres de Delille (volume 4)Chapitre 88 sur 114 · LIVRE VIL · texte numérisé non relu

LIVRE VIL

Et toi , de mon héros nourrice bien-aimée , De nos bords , en mourant , tu fis la renommée , O Caïète ! et ton nom protège ton cercueil , Que l'antique Hespérie honore avec orgueil.

Lorsque , par les honneurs qu'il se plaît à lui rendre , Son héroïque élève a satisfait sa cendre , /

Il part, reprend sa route, et s'éloigne du port. Pour lui, la mer, les vents et les cieux sont d'accord ; Et , pour guider son cours , la lune complaisante Éclaire au loin les eaux de sa clarté tremblante. Il vole , il voit déjà le trop fameux séjour Où la belle Circé , fille du dieu du jour. Modulant avec art sa voix mélodieuse , Charme de ses doux chants son île insidieuse ; Tantôt dans son palais , où des bois précieux Prodiguent dans la nuit leurs parfums et leurs feux , D'un tissu varié , doux charme de ses veilles, Ourdit d'un doigt léger les brillantes merveilles. Là grondaient enfermés et de rage écumans , Tous ces monstres créés par ses enchantemens , Qui , par elle privés de leurs formes humaines , Ours, tigres , sangliers , lions chargés de chaînes , La nuit se débattaient , luttaient contre leurs fers , Et d'affreux hurlemens épouvantaient les airs. Craignant ce sort affreux pour les enfans de Troie , Le dieu des mers lui-même à l'instant leur envoie

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