CNEIDOS LIBER VIL v. r
Delati in portus , neu littora dira subirent , Neptunus ventis implevit vêla secundis , Atque fugam dédit , et praeter vada fervida vexit.
Jamque rubescebat radiis mare , et sethere ab alto Aurora in roseis fulgebat lutea bigis : Quum venti posuere , omnisque repente resedit Fia tus, et in lento luctantur marmore tonsae. Atque hic ^neas ingentem ex aequore lucum Prospicit. Hune inter fluvio Tiberinus amœno , Vorticibus rapidis, et multa flavus arena , In mare prorumpit : variae circumque supraque Assuetœ ripis volucres et fluminis alveo iEthera mulcebant cantu , lucoque volabant. Flectere iter sociis , terraeque advertere proras , Imperat , et laetus fluvio succedit opaco.
Nunc âge , qui reges , Erato , quse tempora rerum , Quis Latio antiquo fuerit status, advena classem Quum primum Ausoniis exercitus appulit oris , Expediam , et primae revocabo exordia pugnae. ïu vatem , tu , Diva , mone. Dicam horrida bella ; Dicam acies , actosque animis in funera reges , Tyrrhenamque manum , totamque sub arma coactam Hesperiam. Major rerum mihi nascitur ordo ,
Majus opus moveo. Rex arva Latinus et urbes Jam senior longa placidas in pace regebat.
v.a7. L'ENEIDE, LIVRE VII. 249
Un vent qui les enlève à ces bords dangereux ; Et l'île et ses rochers ont déjà fui loin d'eux.
Le jour vient ; des rayons de la naissante aurore , La mer au loin rougit, et l'Olympe se dore ; Tout-à-coup l'air se tait , le vent meurt, le flot dort : Aussitôt les nochers ont redoublé d'effort; Tous ont pris l'aviron , et de l'onde immobile Fatiguent à l'envi la paresse indocile.
Enée alors découvre un bois vaste et riant; Le Tibre le partage , et son onde en fuyant Dans la profonde mer rapidement entraîne Le cristal de ses eaux et l'or de son arène ; Mille oiseaux différens de plumage et de voix , Amoureux de ce fleuve, élèves de ces bois. De rameaux en rameaux courant , volant sans cesse , Charmaient de leurs doux sons la rive enchanteresse. Là le héros aborde, et l'onde et les oiseaux Semblent de leur doux bruit saluer ses vaisseaux.
O Muse ! c'est à toi maintenant de me dire Quels rois du Latium se partageaient l'empire , Quels étaient son pouvoir, ses habitans , ses dieux , Quand le peuple troyen aborda dans ces lieux. Dis-moi de leurs combats la première origine : Parle, remplis mon cœur de ta flamme divine. Je peindrai le carnage inondant les sillons , Les souverains armés et leurs fiers bataillons. Déjà sont déployés les drapeaux d'Étrurie , Déjà l'horrible guerre embrase l'Hespérie. Viens; dans ce grand sujet , plus digne encor de loi , Un théâtre plus vaste est ouvert devant moi.
Le vieux roi Latinus dans une paix profonde Dès long-temps gouvernait cette terre féconde.
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Hune Fauno et nympha genitum Laurente Marica Accipimus. Fauno Picus pater ; isque parentera Te , Saturne , refert ; tu sanguinis ultinius auctor. Filius huic , fato divum , prolesque virilis Nullafuit; primaque oriens erepta juventa est. Sola domum et tantas servabat filia sedes , Jam matura viro , jam plenis nubilis annis. Multi illam magno e Latio totaque petebanl Ausonia. Petit ante alios pulcherrimus omnes Turnus , avis atavisque potens ; quem regia conjux Adjungi generum miro properabat amore; Sed variis portenta deura terroribus obstant.
Laurus erat tecti medio , in penetralibus altis , Sacra comam , multosque metu servata per annos ; Quara pater inventam , primas quum conderet arces , Ipse ferebatur Phœbo sacrasse Latinus , Laurentisque ab ea nomen posuisse colonis. Hujus apes summum densae ( mirabile dictu )', Stridore ingenti liquidum trans aethera vectaB , Obsedere apicem ; et, pedibus per mutua nexis , Examen subitum ramo frondente pependit.
Continuo vates : « Externum cernimus , inquit , Adventare viium , et partes petere agmen easdem Partibus ex isdem , et summa dominarier arce. »