A UN GENTILHOMME
DE H. LE PRINCE d'orANGE '. (Lettre 79 do tome II.)
MOBSIEDR,
J'ai enfin reçu le privilège de France que nous attendions , et qui a été cause que le libraire a tant tardé à imprimer la dernière feuille du livrequeje
' - Font CoiuL Hnjghvns de Ziiillinhen. Cette lettre eil écrite en jnia ~ t63;. VoyeHtii le* niHu diiu le nonTcni cahier. •■
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VOUS envoie , et que je rous supplie de vouloir présenter à son altesse, je n'ose dire an nam de l'auteur, à cause que l'auteur n'y est pas nommé, et que je ne présume point que mon nom mérite d'être connu d'elle , mais corame ayaut été coifrposé par une personne que tous connoissez , et qiïî est tr*ès dérouée et irèa affectionnée à soa ser>vîCft En efifet, je puis dire que de» lors que je me ré&olns de quitter naon pays , et de m'éloigner de toftte connoisaauce, afin de passer une vie plus douce et plus tranquille que je ne faisois aupara- ■ vant , je ne me fusse point avisé de me retirer en ces provinces , et de lès préférer à quantité d'autres endroits où il n'y ayoit aucune guerre et où la pureté et ta sécheresse de l'air sembloient plus propres aui productiODS de l'esprit , si la grande - opinion que j'avois de son altesse ne m'eût fait extraordinairement fier à sa protection et à sa conduite ; et depuis ayant joui parfaitement du loisir et du repos que j'avois espéré trouver à l'ombre de ses armes , je lui en ai très grande obligation , etpensequecelivre, qui ne contient que de« fruits de ce repos , lui doit plus particulièrement être offert qu'à personne : c'est pourquoi , s'il vous plaît avoir agréable que ce soit par vos mains que jem'acqm'tte de cefte dette, encore que la passion que je sais que vous avez pour son service ne me permette pas d'espérer que vous lui voulus-
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LETTBEë. 3a3
siea présenter de mauraise mooDoie pour de bonne , laparfMte intelligence que vous avez de toutes choses, et de tout ce qu'il peut y avoir en mes écrits , m'assure que votre recommandation augmento-ade beaucoup leur valeur, et jeserai toute ma vie , etc.
(Lettre 8i du tome II.)
MOHSIEDH ,
Je ne doute point que vous ne puissiez rendre raison beaucoup mieux que moi de ce que l'eau qui est dans l'instrument ABCD, que vous m'avez {fécrit,ne descend point par le trou D; mais puisqu'il vous plaît entendre la mienne , je vous dirai que je Considère premièrement qu'il n'y a point de vide en la nature, et que par conséquent lorsqu'un corps se meut , il doit nécessairement entrer en la place de quelques autres , et que celuici , en étant chassé , doit au même instant occuper celle d'un autre, et celui-ci derechef celle d'un
■ - A. M. Pollot, p«Bt-tlrc. - " lobic 1637, Voye» le» riiioni
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autre , et ainsi de suite , jusqu'à ce que le dernier occupe la place qui est laissée par le premier; en sorte que tous les mouvements qui se font au monde sont en quelque façon circulaires. Ensuite de quoi , pour savoir si quelque corps se peut mouvoir ou non , il ftmt prendre garde à ce qui doit arriver en tout le cercle de son mouvement, en cas qu'il se meuve : comme ici , par exemple , si la goutte d'eau qui est vers D descendoit , il fout prendre garde que , non seulement cette eau dévroit occuper la place de l'air qui est au-dessous , mais ensuite qu'une partie de cet air , aussi grosse 'que cette goutte d'eau , devroit occuper la place de la superficie de l'eau qui est dans le vase A ', pourcequ'elle doit nécessairement passer par là pour parfaire le cercle de ce mouvement, et que cette eau de la superficie de ce vase devroit occuper là place d'une autre goutte d'eau , et celle-ci d'une autre , en montant le long du tuyau ABC , jûsques à ce que la dernière occupât la place qui seroit laissée parcelle qui est vers D; mais poul-ceque la superficie de l'eau qui est dans le vase A est supposée plus basse que l'ouverture D , si cela se faisoit, il y auroit plus grande quantité d'eau qui monteroit depuis A jusques àB, qu'il n'y en' au- roit depuis B jusques à D qui descendît , c'est pourquoi il ne se (ait pas , et toute Yeaa qtii est dans
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LETTRES. SaS
la capacité du vase C ne presse point du tout celle qui est vers le trou D : car chaque partie de cette eau est appuyée sur la partie de ce vase qui est directement au-dessous d'elle.
Il a fait ce matin un peu de soleil , qui m'a donné moyen d'éprouver votre verre; mais vous me pardonnerez , s'il vous plaît , si j'ose assurer que le fbumeur ne lui a 'point donné ta figure que vous avez prescrite , et vous le v^rez facilement , si vous prenez la peine de couvrir celui de ses côtés qui est plat de cette carte, où il y a divers petits trous , et que', l'exposant au soleil , vous le teniez derrière l'autre carte , où il y a plusieurs cercles et lignes qui marquent les' lieux où les rayons du soleil passant par ces trous doir vent donner : car, «iTapprochant ou reculant, vous verrez que ceux qui passent par les trous du çius petit cercle s'assemblent dès la distance de cinq ou six pouces, et ceux du second beaucoup plus loin , lorsque ceux du premier commencent déjà derechef à s'écarter , et ceux du troisième et quatrième encore plus loin , lorsque ceux du premier et du second sont déjà fort écartés , au lieu qu'ils dévoient s'assembler tous à la distance de quatorze pouces. Et je vous dirai bien que j'ai voulu voir si cela ne procédoit point de ce qu'en traçant l'hyperbole vous auriez supposé la réfraction du verre plus ou moins grande qu'elle n'est,
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3a6 LKTTRES.
à cause que je n'ai point su si tous av«z pris la peine auparavant de la mesurer ; mais je trouve que cela ne peut être : car si vous l'aviez supposée trop petite , et que le tourneur eût bien observé votre figure, les rayons du milieu s'assembleroient plus près de quatorze pouces comme ils font, maie ceux qui passent par les bords s'assanbleroieat encore plus près que ceux du milieu , toOt au contraire de ce qu'ils font ; et si vous l'aviez supposée trop grande, il est vrai que ceux des bords s'assembleroient plus loin que ceux du milieu (x>mme ils font, mais ceux-ci mèoie s'assembleroient plus loin que quatorze pouces , au lieu qu'ils s'assemblent beaucoup plus près , et ainsi ce verre ne peut avoir la figure d'une hypra-bole , si ce n'étoit d'une dont le point bnîlant extérieur fiît seul^ment éloigné de six pouces, et l'int^eur de. beaucoup fUus que six : car la réfraction du reste étant presque de deux à trois, si la distance qui est entre le sommet de l'hyperbole et son point brûlant Nctérieurest de six pouces, celle de l'intérieur ne doit être tout au plus que de | de pouoe , et celle de l'extérieur étant de quatorze , celle de l'iotérieur doit être -^. Il y a déjà huit ou neuf ans que je fis aussi tailler un verre par le moyen du tour, et il réusait parfaitement bien; car nonobstant que son diamètre ne fut pas plus grand que la moitié du vôtre, il ne laissoit pas de brûler
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