‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 3)Chapitre 15 sur 24 · I.lîTT«KS. 52-J · texte numérisé non relu

I.lîTT«KS. 52-J

avec beaucoup de force à ta distance de huit pouces , et' i'ayafflt nwis à la même épreuve d'un hkh-icesfu de c«rtË avec des petits troiifi , on voyoit que tous les rayons qui passoioit par cee trous s'appro- ■cboient proportionneUement jusques à la distance de huit pouces , où ils se trouvoient «^eiiiblés«n un très exactemeiit ; mais je vovts dirai les {M^cautions dont oo usa pour le tailler. Primo , je fis tailler trods petits triangles tous égaux, qui avaient chacun un angle droit et l'autre de trente degrés , «« «orte que Tua de leurs côtés étoit double de loutre; çt ils étoJenl; l'un de cristal de «oontagne , l'autre de cristallin ou verre de Venise , et le troisièoK de verre moins fin ; puis je fis faire aussi une règle de 'Cuivre avec deuKpinjMdespourj'' appliquer ces triangles et mesurer tes réfractions , ainsi que j'ai expliqué en la Dioptrique, et de là j'appris que ii réfractian du cristal de montagne écoit beaucoup plus ^^cde que celle du -cri^tatlin , «t jcelle du cristallin que du -veire moins pur. Mais je ne rae souviens ipas particuUèremeDt de la candeur de «lacune : après cela M. Mydorge, que TOUS avee peut-être ouï nommer, et que je tiens pour leplus «Kict à bien tracer uttke ûçure de raath^atiques qui soit au monde ^ décrivit l'hyperbâje tfui se ' rapportoit à la réfraction du caietal de Venise «ur une grande lame de cuivre bien polie et avec des compas dont les pointes d'acier étoient aussi fines

que des aiguilles , puis il lima exactement cette lame , suivaDt la figure de l'hyperbole , pour servir de patron , sur lequel un faiseur d'inUruments de mathématiques, nommé Ferrier, tailla ati tour un moule de cuivre encavé en rond , de la grandeur du verre qu'il vouloit tailler ; et afin de Se corrompre point le premier modèle en l'aju^aot souvent sur ce moule , il coupoit seulement dessus des pièces de cartes, dont il se servitensa place, jusques k ce qu'ayant amené ce moule à sa perfection , il attacha son verre sur le tour , et, l'appliquant auprès avec du grès entre deux , il le tailla. Mais voulant après en tailler un concave en la même façon, il lui fut impossible , à cause que le mouvement du tour étant moindre au milieu qu'aux extrémités , le verre s'y usoit toujours moins , bien qu'il s'y dût lîser davantage ; mais si j'eusse alors considéré que les défauts du verre concave ne sont pas de si grande importance que ceux du convexe, ainsi que j'ai fait depuis, je crois que je n'eusse pas laissé de lui faire feire d'assez bonnes lunettes avec le tour. Pardon , monsieur, si je vous ai ennuyé de ce long et mauvais discours, c'est vous-même qui avez attiré sur vous cetteimportunité, et le désir que j'ai de vous témoigner que je suis , etc.

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( LeRre 83 du tome II. )

AfoirsiEtJE,

En quelque occupation que vos lettres me rencontrent, elles me sont toujours très chères et très agréables, puisqu'elles m'apprennent que vous me feites la faveur de penser à moi, et que vous avez dessein d'employer encore votre tourneur pour nos lunettes ; mais puisqu'il vous plaît d'en savoir mon opinion, je vous dirai franchement que tant s'en faut que j'espère qu'il en vienne à bout av^ des machines qui aient moins de façon que la mienne, qu'au contraire je me persuade qu'on y doit encore ajouter diverses choses que j'ai omises, mais que je crois n'être point si diffîcilefi à inventer que l'usage ne les enseigne. Comme premièrement le choix du verre n'est pas aisé, car souvent au dedans de celui qui semble le plus net et le plus clair, il se rencontre certaines ondes qui le rendent entièrement inutile, et qui ne peuvent

■ ■. Cette lettre est écrite i M, de ZoitUchen, g octobii 1837. Voyei- - ed Ici rùioiu dans te nonieao cahier. -

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LETTBEfi.

être aperçues que par ceux qui le regardent contre le jour, et qui s'y sont exercés ; le poli est aussi difBcile, car encore qu'on donne à peu près la vraie figure à un verre, il ne pourra toutefois rien valoir, si en le polissant on ne lui donne une courbure fort uniforme, et c'est ce qui manquoit au dernier verre que j'ai vu de la façon de votre tourneur : outre cela , ce n'&st point assez d« tailler un verre dont le diamètre soit de deux ou trojs'. pouces, pouc faire quelque chose d'extraordinaire, car il s'en trouve déjà quelques uns de cette grandeur, qui représentent les objets sans qu'il soit besoin de couvrir leurs bords : et quand cela arrive, quelque figure qu'ils aient, on doit croire quîls ont la bonne ; mais l'importance est d'en faire de plus grands qui soient bons , à quoi tes artisans qui tâchent à les rendre spbériques ne sauroient jamais parvenir; et pour faire quelque chose de plus que le commun, je voudrais que l'hyperbole que vous ferez tailler eût au moins quatre pieds de distance entre ces deirs points brûlants, et le verre quatre ou cinq pouces de diamètre. Au reste', la machine que j'ai décrite me semble assez simple , principalement si on considère qu'elle ne consiste qu'en la partie qui est seule en la page i45, et que le rouleau et les planches, etc., se peuvent faire fort petites à comparaison de la pièce BK, et les piliers qui la soutien-

.■ivGtio^le

LETTRES. 33l -

nent, que j'ai fait peindre ici dix fois plus courte, à comparaison du reste, qu'il ne falloit, afiu que La figure pût être mieux représentée en roon papier.

Pour ce qiie vous désirez des mécaniques, il est. vrai que je ne fus jamais moins en humeur d'écrire que maintenant , et que, non seulement je n'ai plus ce grand loisir que j'avois Aitrefois, mais même que je regrette tous les jours le temps que le Maire m'a feit perdre en imprimant pour moi ; les poik blancs qui commencent à me venir m'avertissent que je ne dois plus étudier en physique à autre chose qu'aux moyens de les retarder : c'est maintenant à quoi je m'occupe , et je tâche à suppléer par industrie au dé&tit des e}q>érienoes qui me manquent; en quoi j'ai tant besoin de tout mon temps, que j'ai pris résolution de l'y employa- tout, et que j'ai même relégué mon Monde bien loin d'id, afin de n'être point ten(é d'achever de le mettre au net ; mais je ne veux pas laisser pour cela de vous envoyer l'écrit que vous demandez, vu principalement que vous ne le demandez que de trois feuillets, car je suis bien aise de vous témoigner que vous pouvez sur moi quelque chose de plus que mes propres résolutions, et que je suis, etc.

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A UN RÉVÉREND PÈRE JÉSUITE '

( Lettre 83 du tome II. )

Mon révérend p£re,

Je suis extrèmemeiit aise d'apprendre , par ta lettre qu'il vous a plu ra'écrire , que je suis encore si heiu^ux que d'avoir part en votre souvemr, et en votre affection ; je vous remercie aussi de ce que vous me promettez de faire examiner le livre que je vous ai envoyé , par ceux des vôtres qui se plaisent le plus en telles matières , et de m'oblîger tant que de m'envoyer leurs censures ; je souhaiterois seulement, outre cela, que vous voulussiez prendre la peine d'y joindre les vôtres ; car je vous assure qu'il n'y en aura point dont l'autorité puisse plus en mon endroit, ni auxquelles je défère plus volontiers. Il est vrai que ceux de mes amis qui ont déjà vu ce livre m'ont appris qu'il £alIoit du temps et de l'étude pour pouvoir bien en juger, à

■ ■ Cette lettre est écrite m m^ine jésuite que la ;3' de ce Tolnme. ~ Ce jéuite avoit écrit une lettre de remerciement k M. DeKarlei, qui lui - récrit «Ita lettre. Elle eit ip|(ereiiiiiieiit écrite ven le moii d'octolira

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LRTTIIES, 353

cause qije les commencemeiits ( an moins ceux' de la Dioptriqae et des Météores ) ne peuvent être bien persuadés que par la connoî^ance de toutes tes choses qui suivent après; et que ces choses qui suivent ne peuvent être bien entendues , si on ne se souvient de toutes celles qui les précèdent : c'est pourquoi je vous aurai une très particulière obligation s'il vous plaît d'en prendre la peine, ou de foire aussi que d'autres la prennent. Car en effet , je n'ai autre dessein que celui de m'instruire , et ceux qui me reprendront de quelque faute me feront toujours plus de plaisir que ceux qui me donnent des louanges. Au reste, il n'y a personne qui me semble avoir plus d'intérêt à examiner ce livre que ceux de votre compagnie : car je vois déjà que tant de personnes se portent à croire ce qu'il contient, que (particulièrement pour les Météores ) je ne sais pas de quelle façon ils pourront dorénavant les enseigner, comme ils font tous les ans en la plupart de vos collèges, s'ils ne réfutent oe que j'en ai écrit , ou s'ils ne le suiv«il. Et poUrceque je sais que la principale raison qui fait que les vôtres rejettent fort soigneuseiùent toutes sortes de nouveautés en matière de philosophie, est la crainte qu'ils ont qu'elles ne causent quelque changement en la théologie , je veux ici particulièrement vous avertir qu'il n'y, a rien du tout à craindre de ce côté-là pour les miens, et que j'ai

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354 LETTRHS.

sujet de rendre grâces à Dieu de ce que les opw nions qui m'ont semblé les plus vraies en la physique, par la considération des causes naturelles, ont toujours été celtes qui s'accordent le mieux de toutes avec les mystères de la religion ; comme j'espère faire voir clairement aux occasions. Et cependant je TOUS supplie de me continuer la faveur de votre affection , et de croire que je serai toute ma vie , etc.

A M. PLEMPIUS'.

( lettre 7 du tome II. Version. )

Monsieur ,

J'ai reçu vos lettres avec les réflexions de M. Fromondus , qui m'ont été très agréables ; mais , pour VOUS dire la vérité, je ne pensois pas devtMr les recevoir sitôt, car j'avois appris peu de semaines auparavant que vous n'aviez pas encore vu mon Kvre ; et plusieurs de ceux à qui je l'aï ici donné pour en faire la lecture m'ont témoigné n'avoir pu en faire aucun jugement. équitaHe qu'après l'avtwr lu et

' « Celte lettr* «M du i; novembre 16Î9. Voy« ie« raisons dans le

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relu plusieun fois; c'est pourquoi je me sens aujourd'hui d'autant plus obligé à M. Fromondus et à vous, mais à vous surtout, monsieur, de l'ap- (^udissenieiiC qu'il a reçu; et qui est beaucoup au-deasus de celui que j'oserois avouer qu'il ait pu mériter , mais dont je ne doute point qu'il ne faille attribuer la meilleure par(ie à l'affection que vous avez-^pour mot ; et à M. Fromondus , de la diligence qu'il a apportée à te lire, et de la faveur qu'il m'» faite de m'en écrire ses sentiments; et certes il me semble que dans le jugement d'un si ^tUk homme, et si bien versé dans les matières dont je traite, je vois comme ramassées les opinions de beaucoup d'autres. Mais néanmoins pourceque je reconnois qu'en plusieurs endroits il ne prend pas mon sens, je ne puis encore bien conjecturer de là ce que lui-même ni les autres en pourront dire après une revue plus exacte; et je ne puis non plus demeurer d'accord de ce que vous dites, que me» explications peuvent bien être rejetées et méprisées , mais non pas combattues et réfutées par raison; car n'admettant aucuns principes qui ne soient très manifestes, ejt ne considérant rian auti'e chose qne les grandeurs^ les figures, et le mouvement, à la Êiçon 'des mathématiciens, je me suis fermé tQus ks subterfuges des philosophes , et la moindre erreur qui se sera glissée tm mes principes pourra, iacilement être aperçue etréfutée par

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une démonstration mathématique ; mais au con^ traire , ce qui sera tellement vrai et assuré qu'il ne pourra être renversé par aucune telle démonstration ne sera pas, comme j'espère, méprisé impunément, du moins par ceux qui font professitm d'enseigner. Car encore qu'il semble que je ne fasse que proposer ce que je 4k, sans le prouver, il est toutefois très facile de xirer des syllogismes de mes explications, par le moyen desquels les autres opinions touchant les mêmes matières seront si manifestait détruites, que si cepentUnt quelques uns les veulent défendre, ils auront bien de la peine à répondre, à ceux qui entendent mes principes, et peut-être même ne le pourroatUs (aire sans s'exposer à la risée de ceux qui les écouteront.

Je sais bien que le nombre de ceux qui pourront entendre ma géométrie sera fort petit, car ayant omis toutes les choses que je jugeois n'être pas inconnues aux autres , et ayant tâché de comprendre ou du moins de toucher plusieurs choses en peu de paroles ( voire même toutes celles qui pourront jamais être trouvées, en cette science), elle ne demande pas seulement des lecteurs très savants dans toutes les choses qui jusqu'ici ont été connues dans la géométrie et dans l'algèbre, mais aussi des personnes très laborieuses, très ingénieuses et très attentives. J'ai appris qu'il y en avoit àpux en votre

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pays , Wendelinus et Wander-Wegen : je serai bien aise d'apprendre de tous te sentiment qu'ils en auront, et aussi ce que les autres en pourront juger. .J'attends avec grande impatience vos opinions touchant le mouvement du cœur, et vous prie de me les envoyer ail plus tôt, et aussi de me faire savoir , s'il vous plaît, si M. Fromondus a été satisfait de mes réponses; vous me ferez plaisir de le saluer de ma part. Pour ce qui est des philosophes de Leyde, je ne puis vous en rien dire, car j'avois quitté le pays avant que mon livre fut publié: jusques à présent, autant que je le puis savoir , votre prophétie se trouve véritable aussi bien pour eux que pour les autres, conticuere omnes, personne ne dit mot. Adieu, conse^^ez - moi toujours en l'honneur de vos bonnes grâces , car je suis, etc.

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