TROISIÈME PARTIE
si elles n'étoient retenues par aucune autre cause.
Or , d'autant qu'il arrive souvent que plusieurs 57.
^ Comment un
diverses causes, agissant ensemble contre un même corps peut corps , empêchent l'effet l'une de l'autre , on peut mouvoir en dire . selon diverses considérations , que ce corps p^'**^®^/» ^^-
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tend ou fait effort pour aller vers divers côtés en; «n même même temps. Par exemple , la pierre A qu'on fait tourner dans la fronde EA ' tend véritablement d'A vers B, si on considère toutes les causes qui concourent à déterminer son mouvement, parcequ'elle se meut en effet vers là ; mais on peut dire aussi •
que cette même pierre tend vers C lorsqu'elle est au point A , si on ne considère que la force de son mouvement toute seule et son agitation , suppo- ' sant que AC est une ligne droite qui touche le cer- • de au point A: car il est certain que si cette* pierre sortoit de la fronde à l'instant qu'elle arrive au point A, elle iroit d'A vers C , et non pas vers B; et bien que la fronde la retienne , elle n'empêche point qu'elle ne fasse effort pour aller vers C. Enfin si, au lieu de considérer toute la force "de. son agitation , nous prenons garde seulement à l'une . de ses parties dont l'effet est empêché par la fronde, et que nous la distinguions de l'autre partie dont »
l'effet n'est point ainsi empêché, nous dirons que cette pierre étant au point A, tend seulement vers D , ou bien qu'elle fait seulement effort pour s'é-
» VoycE planche III, figure i. '
aâ2 LES PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE.
loigiiCT du centre E, suivant la ligne droite ÈAD. 58. Afin de mieux entendre ceci , comparons le mou-
Comment il
tend k s'éioi- vement dont cette pierre iroit vers C % si rien ne teTamoîJdu- ^'^^ empéchoit, avec 1© mouvement dont uneiourmi quel il se q^j scroit au même point A iroit vers G , supposant que EY fût ime règle sur laquelle cette fourmi marchât en ligne droite d'A vers Y , pendant qu'on feroit tourner cette règle autour, du centre E, et que son point marqué A décriroit le cercle ABF , d'un mouvement tellement proportionné à celui de la fourmi qu'elle se trouveroit à l'endroit marqué X quand la règle seroit vers G , puis à l'endroit marqué Y quand la règle seroit vers G, et ainsi de suite , en sorte qu'elle seroit toujours en la ligne droite ACG. Comparons aussi la force dont la pierre qui tourne dans cette fronde, suivant le cercle ABF, ' fait effort pour s'éloigner du centre E , suivant les lignes AD, BG , FG, avec l'effort que feroit la même fourmi si elle étoit attachée sur la règle EY au point A , de telle façon qu'elle employât toutes ses forces pour aller vers Y et s'éloigner du centre E, suivant les lignes droites EAY,EBY,et autres senlblables,pendantque cette règlel'emportcroit autour du centre E. Sg. Je ne doute point que le mouvement de cette
cette tension fourmi ne doivc être très lent au commencement, et que son effort ne sauroit sembler bien grand, si on le rapporte seulement à cette première motion:
* Voyez planche III, figure 2.
a de force.