‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 4)Chapitre 105 sur 241 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

mais aussi on ne peut pas dire qu'il soit tout-à-fait nul , et d'autant qu'il augmente à mesure qu'il produit son eftet, la vitesse qu'il cause devient en peu de temps assez grande. Mais, pour éviter toute sorte de difficulté, servons-nous encore d'une autre comparaison : que la petite boule A' soit mise dans le tuyau EY , et voyons ce qui en arrivera. Au premier moment qu'on fera mouvoir ce tuyau autour du centre E, cette boule n'avancera que lentement vers Y, mais elle avancera un peu plus vite au second , à cause qu'outre qu'elle aura retenu la force qui lui avoit été communiquée au premier instant, elle en acquerra encore une nouvelle par le nouvel effort qu'elle fiera pour s'éloigner du centre E,. parceque cet effort continue autant que dure le mouvement circulaire , et se renouvelle presque à tous moments : car nous voyons que lorsqu'on fait tourner ce tuyau EY assez vite autour du centre E, la petite boule qui est dedans passe fort promptement d'A vers Y ; nous voyons aussi que la pierre qui est dans une fronde fait tendre la corde d'autant plus fort qu'on la fait tourner plus vite ; et parceque ce qui fait tendre cette corde n'est autre chose que la force dont la pierre fait effort pour s'éloigner du centre autour duquel elle est mue , nous pouvons connoître par cette tension quelle est la quantité de cet effort.

' Voyez planche III , figure 3.

^o- Il est aisé d'appliquer aux parties du second élé-

Que toute la . i t j

matière des iTient ce que je viens de dire de cette pierre qui aimil s^éîoi- toumc dans une fronde autour du centre E , ou de gnerde cer- |^ petite boulc Qui est dans le tuyau EY; à savoir

tams centres. ^ * ./ 7

que chacune de ces parties emploie une force assez considérable pour s'éloigner du centre du ciel autour duquel elle tourne, mais qu'elle est arrêtée par les autres qui sont arrangées au-dessus d'elle , de nftéme que cette pierre est retenue par la fronde. De plus, il est à remarquer que la force de ces petites boules est beaucoup augmentée , de ce qu'elles sont continuellement poussées, tant par celles de leurs semblables qui sont entre elles et l'astre qui occupe le centre du tourbillon qu'elles composent, que par la matière même de cet astre. Mais afin de pouvoir expliquer ceci plus distinctement, j'examinerai séî)arément l'effet de ces petites boules , sans penser à celui de la matière des astres, non plus que si tous les espaces qu'elle occupe étoient vides ou pleins d'une matière qui ne contribuât rien au mouvement des autres corps et qui ne l'empêchât point aussi ; car, suivant ce qui a été dit cidessus, c'est ainsi que nous devons concevoir le vide.

Premièrement, de ce que toutes les petites cause que les boulcs qui toumcnt autour d'S , dans le ciel AEI ', leii et des fout cffort pour s'éloiguer du centre S , comme il a

étoiles fixes

sont ronds. .« Voyez planche III , figure 4.

Que cela est

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