TROISIÈME PARTIE
et Pontanus , qui l'ont expliquée en termes différents, et qu'on dit avoir paru en l'année i475, entre les étoiles de la Vierge, et avoir été au commencement assez petite et tardive en son mouvement ; mais que peu après elle devint d'ime mer* veilleuse grandeur, et acquit tant de vitesse qu'en passant par le septentrion elle y parcourut en un jour trente ou quarante degrés de l'un des grands cercles qu'on imagine en la sphère, et alla par après peu à peu disparoître proche des étoiles du poisson septentrional, ou bien vers le signe du bélier.
Or les causes de toutes ces observations se peu- "9-
Qaellesflont
vent ici entendre fort aisément : car nous voyons ics caiwcs de que la comète que nous y avons décrite y traverse ^** ^n^°"**" le tourbillon F d'autre^ façon que le tourbillon Y, et qu'il n'y a aucun côté dans le ciel par lequel elle ne puisse passer en cette sorte ; et il faut penser qu'elle retient à peu près la même vitesse , à savoir celle qu'elle acquiert en passant vers les extrémités de ces tourbillons, où la matière du ciel est si fort agitée qu'elle y fait son tour en peu de mois , comme il a été dit ci-dessus ; d'où il suit que cette comète , qui ne fait qu'environ la moitié d'un tel tour dans le tourbillon Y, et en fait beaucoup moins dans le tourbillon T , et n'en peut jamais faire guère plus en aucun , ne peut demeurer que peu de mois dans un même tourbillon. Et si nous
considérons qu'elle ne sauroit être vue •de nous que pendant qu'elle est dans le premier ciel , c'està-dire dans le tourbillon vers le centre duquel noifô habitons, et même que nous ne l'y pouvons apercevoir que lorsqu'elle cesse d'être environnée et suivie par la matiève du tourbillon d^où elle vient , nous pourrons entendre pourquoi , nonobstant qu'une même comète se meuve toujours à peu près de même vitesse et demeure de même gran- * deur, il doit néanmoins sembler . qu'elle est plus grande et se meut plu» vite au commencement de son apparition qu'à la fin, et quelquefois aussi qu'elle est encore plus grande et se meut plus vite entre ces deux temps qu'au commencement. Car si nous pensons que l'œil de celui qui la regarde est vers le centre du tourbillon F, elle lui paroitra plus grande , et avec un mouvement plus vite y étant vers 3 , où il commencera de l'apercevoir, que vers 4 > où elle cessera de lui paroître , parceque la ligne droite F3 est beaucoup plus courte que F4,* et que l'angle F43 est plus aigu que l'an* gle F34; niais si le spectateur est vers Y, celte comète lui paroitra sans doute plus grande, et ^vec un mouvement plus vite, quand elle sera vers 5, où il commencera de lavoir, que quand elle ^ra vers 8, où il la perdra de vue ; mais elle lui paroîtra encore beaucoup plus grande et avec plus de vitesse que vers 5, quand elle passera de 6
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jusqu'à ^, parcequ'elle sera fort proche de ses yeux. En sorte que si nous prenons ce tourbillon Y pour le premier ciel où nous sommes, elle pourra paroître entre les étoiles de la Vierge étant vers 5, et proche du pôle boréal en passant de 6 jusques à 7, et là parcourir en un jour trente ou quarante degrés de l'un des grands cercles de la sphère, et enfin se cacher vers 8, proche des étoiles du poisson septentrional , en paéme façon que cette admirable comète de Fannée i475> qu'on dit avoir été observée par Regiomontanus.
Il est vrai qu'on peut ici demander pourquoi ^^o.
^ *■ ^ ^ *■ *■ Comment la
nous cessons de voir les comètes sitôt qu'elles sor- lamière des tent de notre ciel , et que nous ne laissons pas de ^^^ parvenir voir les étoiles fixes, encore qu'elles soient fort Jo^q***»*^
' X terre.
loin au-delà ; mais il y a de la différence , en ce que la lujuière des étoiles venant d'elles-mêmes est bien plus vive et plus forte que celle des comètes, qui est empruntée du soleil : et si on prend garde que la lumière de chaque étoile consiste en l'action dont toute la matière du tourbillon dans lequel elle est fait effort pour s'éloigner d'elle suivant les lignes droites qu'on peut tirer de toufe les points de sa superficie , et qu'elle presse par ce moyen la matière de tous les autres tourbillons qui l'environnent , suivant les mêmes lignes droites ( ou suivant celles que les lois de la réfraction leur font produire quand elles passent obliquement d'un corps en un,
autre, ainsi que j'ai expliqué en la Dioptrique ), on n'aura pas de difficulté à croire que la lùrnière des étoiles, non seulement de celles qui , comme /TLD, sont les plus proches de la terre ( laquelle je suppose être vers S ), mais aussi de celles qui en sont beaucoup plus éloignées, comme Y et semblables, peut parvenir jusques à nos yeux ; car , d'autant que les forces de toutes ces étoiles ( au nombre desquelles je mets aussi lé soleil ) , jointes à celles des tourbillons qui les environnent , sont toujours égales entre elles, la force dont les rayons de lumière qui viennent d'F tendent vers S est véritablement diminuée à mesure qu'ils entrent dans le tourbillon AEIO par la résistance qu'ils y trouvent, mais elle ne peut être entièrement éteinte que lorsqu'ils sont parvenus jusques au centre S; c'est pourquoi lorsqu'ils arrivent à la terre , qui est un peu éloignée de ce centre, il leur en reste encore assez pour agir contre nos yeux; et tout de même, les rayons qui viennent d'Y peuvent étendre leur action jusques à la terre, car l'interposition du tourbillon AEV ne diminue rien de leur force , sinon en ce qu'elle les en rend plus éloignés , parcequ'elle ne leur résiste pas davantage, en. tant qu'elle fait effort pour aller d'F vers Y , qu'elle leur aide en tant * qu'elle fait aussi effort pour aller d'F vers S : et le même se doit entendre des autres étoiles.
QueiesétoUes On peut aussi remarquer en cet endroit que les