‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 4)Chapitre 148 sur 241 · TROISIÈME PARTIE. 3l · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. 3l

courbées , et s'écarter un peu de la ligne qui passe par les centres du soleil et de la comète; enfin ^ lorsqu'elles s'y étendent en long, elles doivent être plus lumineuses et plus étroites qu'aux autres lieux. £t je ne pense pas que Fon ait jamais fait aucune observation touchant les comètes, laquelle ne doive point être prise pour fable ni pour miraale , dont la raison n'ait été ici expliquée.

On peut seulement proposer encore une diffi- ^^9-.,

*■ 1 j. Pourquoi les

ci^lté, savoir pourquoi il ne paroît point de che- étoUes fixes et velure autour des étoiles fixes, ni aussi autour ne^paroissem des plus hautes planètes, Saturne et Jupiter, en tdiwqueuM. tnéme façon qu'autour des comètes; mais il est aisé d*y répondre. Premièrement , à cause que, même autour des comètes , cette chevelure n'a point coutume d'être vue, lorsque leur diamètre apparent n'est pas plus grand que celui des étoiles fixés , à cause que les rayons qui la forment n'ont point alors assez de force. Puis , en particulier , touchant les étoiles fixes, il faut remarquer que, d'autant qu'elles ont leur lumière en elles-mêmes , et ne rempruntent point du soleil , s'il paroissoit quelque chevelure autour d'elles, il faudroit qu'elle y fut également éparse de tous côtés , et par consé- . quent aussi fort lR)urte , ainsi qu'aux comètes qu'on nomme roses : mais on voit véritablement une telle chevelure autour d'elles , car ieur figure n'est poitit limitée par aucune ligne qui soit uni^

3l6 LES PRllVGIPES DE LA. PHILOSOPHIE.

forme, et on les voit environnées de rayons de tous côtés ; et peut-être aussi que cela est la cause qui fait que leur lumière est si étincelante ou tremblante , bien qu'on en puisse encore donner d'autres raisons. Enfin , pour ce qui est de Jupiter et de Saturne , je ne doute point qu'ils ne paroissent aussi quelquefois avec une telle chevelure, aux pays où l'air est fort clair et fort pur; et je me souviens fort bien d'avoir lu quelque part que cela a été autrefois observé , bien que je ne me souvienne point du nom de l'auteur. Outre que ce que dit Aristote au premier des Météores, chap. VI, que les Égyptiens ont quelquefois aperçu de telles chevelures autour des étoiles, doit, je . crois, plutôt être entendu de ces planètes que non pas des étoiles fixes ; et quant à ce qu'il dit avoir vu lui-même une chevelure autour de l'une des étoiles qui sont en la cuisse du chien , cela doit être arrivé par quelque réfraction extraordinaire qui se faisoit en l'air , ou plutôt par quelque indisposition qui étoit en ses yeux , car il ajoute que cette chevelure paroissoit d'autant moins qu'il la regardoit plus fixement.

^^^' , Après avoir ainsi examiné tout ce qui appar-

Comment les ^ ^ • .

planètes ont tient aux comètcs , nous po#^ons considérer en même façon les planètes , et supposer que l'astre N est moins solide , ou bien a moins de force pour continuer son mouvement en ligne droite, que les

pu commencer à se mou voir.

TROISIÈME PAJITIE. 3l7

parties du second élément qui sont vers la circonférence de notre ciel, mais qu'il en a quelque peu plus que celles qui sont proches du centre où est le soleil ; d'où il suit que sitôt qu'il est emporté par le cours de ce ciel, il doit continuellement descendre vers son centre, jusques à ce qu'il soit parvenu au lieu où sont celles de ses parties qui n'ont ni plus ni moins de force que lui à persévérer en leur mouvement; et que, lorsqu'il est descendu jusque là , il ne doit pas s'approcher ni se reculer du soleil , sinon en tant qu'il est poussé quelque peu çà ou là par d'autres causes , mais seulement tourner en rond autour de lui , avec ces parties du ciel qui lui sont égales en force , et ainsi que cet astre est une planète : car s'il descendoit plus bas vers le soleil , il s'y trouveroit environné de parties du ciel un peu plus petites , et qui , par conséquent, lui céderoient en force, mais qui, étant aussi plus agitées que lui, augmenteroient son agitation et efïisemble sa force , laquelle le feroit aussitôt remonter; et, au contraire, s'il alloit plus haut, il y rencontreroit des parties du ciel un peu moins agitées , au moyen de quoi elles diminueroieht son mouvement; et un peu plus grosses, au moyen de quoi elles auroient la force de le repousser vers le soleil.

Les autres causes qui peuvent quelque peu dé- y^^tourner çà ou là cette planète sont, première- lesdiver^s

5l8 LES PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE.

caiMcsquidé- ment, que Fespace dans lequel elle tourne avec

tournent le .vi .

mouvenicnt toute la matière du premier ciel n'est pas exacte-

des planètes. .1 «i..' • 9 i* x

^ ment rond ; car il est nécessaire qu aux lieux ou

La première, cet espacc cst plus ample la matière du cietse

meuve plus lentement, et donne moyen à cette plah

nète de s'éloigner un peu plus du soleil qu'aux

lieux où il est plus étroit.

14a. Et, en second lieu, que la njatière du premier

La seconde. $\ t . i . 1 1 1

élément coulant sans cesse de quelques uns des tourbillons voisins vers le centre de celui que nous nommons notre ciel , et retournant de là vers quelques autres , pousse diversement cette planète se*lon les divers endroits où elle se trouve. U3. De plus, que les pores bu petits passages que

La troisième. . i/ 1 '• m / '

les parties cannelées de ce premier élément se sont faits dans cette planète , ainsi qu'il a été dit ci-dessus, peuvent être plus disposés à recevoir celles de ces parties cannelées qui viennent de certains endroits <iu ciel , qu'à recevoir celles qui viennent des autres ; ce qui fisdt que les pôles de la planète se doivent tourner vers ces endroits-là. U4; Puis aussi, quelque mouvement peut avoir été

La cniatneme»

imprimé auparavant en cette planète, lequel elle conserve encoreiong-temps après , nonobstant que les autres causes ici expliquées y répugnent. Car, comme nous voyons qu'une pirouette acquiert assez de force, de cela seul qu'un eiifant la fait tourner entre ses doigts , pour continuer par après toute

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