TROISIÈME PARTIE
seule pendant quelques minutes, et faire peut-être pendant ce temps-là plus de deux bu trois mille tours sur son centre, nonobsjtanft qu'elle soit fort petite , et que tant ' l'air qui 1 environne que la terre qui la soutient lui résistent et retardent son mouvement de tout leur pouvoir , ainsi on peut aisément croire que si uiie planète avoit été agitée en même façon dès le commenc^bient qu'elle a été créée , cela seul seroit suffisant pour lui faire encore à présent continuer le même mouvement sans aucune notable diminution , parceque d'autant plus qu'un corps est grand , d'autant plus long-temps aussi peut-il retenir l'agitation qui lui a été ainsi imprimée, et que la durée de cinq ou six mille ans qu'il y a que le monde est , sî on le compare avec la grosseur d'une planète, n'est pas tant qu'une minute comparée avec la petitesse d'une pirouette.
Puis enfin, que la force de continua ainsi km i45. mouvoir est plus durable et plus constante dans les planètes que dans la matière du ciel qui les environne , et même qu'elle est plus durable dans une grande planète que dans une moins grande* Dont la raison est que les moindres corps ayant plus de superficie à raison de la quantité de leur matière, que n'en ont ceux qui sont plus grands, rencontrent plus de choses en leur chemin qui empêchent ou détournent leur mouvement ; et qu'une portion de la matière du ciel qui égale en
La cinquième.
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grosseur une planète est composée de plusieurs petites parties qui se doivent toutes accorder à un même opouvement pour égaler celui de cette planète , mais qui, n'étant point attachées les unes aux autres., peuvent être détournées de ce mouvement , chacune à part , par les moindres causes ; d'où il suit qu'aucune planète ne se meut si vite que les petites pafties de la matière du ciel qui l'environnent, parcequ'elle peut seulement égaler celui de leurs mouvements selon lequel elles s'accordent à suivre toutes un même cours; et que , d'autant qu'elles sont divisées , elles en ont toujours quelques autres qui leur sont particuliers. Il suit aussi de cela que lorsqu'il y a quelque cause qui augmente, ou retarde, ou détourne le mouvement de cette matière du ciel, la même cause ne peut pas si promptement< ni si fort augmenter, ou retarder, ou détourner celui de la planète.
Or, si on considère bien toutes ces choses , on toutes les pi»- ^^ pourta tircr les raisons de tout ce qui a pu être nètes peuvent obscrvë jusqucs ici touchant les planètes, et voir mées^ qu'il n'y a rien en cela qui ne s'accorde parfaitement avec les lois de la nature ci-dessus expli- * quées : car rien n'empêche que nous ne pensions
que ce grand espace que nous nommons le premier ciel a autrefois été divisé en quatorze tourbillons , ou en davantage , et que ces tourbillons
Comment
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ont été tellement disposés, €fae les astres qu'ils avoient eu leurs centres se sont peu à peu couverts de plusieurs taches, ensuite de quoi les plus petits ont été détruits par les plus grands en la façon qui a été décrite. Â savoir, on peut penser que les deux tourbillons qui avoient les astres que nous nommons maintenant Jupiter et Saturne en leurs centres étoient les plus grands , et qu'il y en avoit quatre moindres autour de celui de 'Jupiter, dont les astres sont descendus vers lui, et ce sont les quatre petites planètes que nous y voyons; puis qu'il y en avoit aussi deux autres autour de celui de Saturne , dont les astres sont descendus vers lui en mêtoe façon (au moins s'il est vrai que Saturne ait proche de soi deux autres moindres planètes , ainsi qu'il sràible paroître ) ; et que la lune est aussi descendue vers la terre lorsque le tourbillon qui la contenoit a été détruit ; et , enfin , que les six tourbillons qui avoient Mercure , . Vénus, la terre, Mars, Jupit^ et Saturne en leurs centres étant détruits par un autre plus grand , au milieu duquel étoit le soleil , tous ces astres sont descendus vers lui , et s'y sont disposés en la façon qu'ils y paroissent à présent : mais que, s'il y a eu encore quelques autres tourbillons en l'espace qui ccnnprend maintenant le premier ciel , les astres qu'ils avoient en leurs centres étant devenus plus solides que Saturne se sont convertis en comètes.