TROISIÈME PARTIE
De plus, on n'admirera point que les deux pla- ^54;
*^ ^ y \ ■ Pourquoi les
nètes qu'on dit être auprès de Saturne ne se meu- planètes qui vent que fort lentement ou peut-être point du tout ^^'^jn^pite" y autour de lui; et, au contraire, que les quatre qui ^"J^°^"* ^"î^ sont autour de Jupiter s'y meuvent fort vite; et n'en est pa* de même que celles qui sont les plus proches de lui les qu'on dit se meiivent plus vite que les autres. Car on peut *^^sai°*^^^ ^ penser que cette diversité est causée de ce que Jupiter, ainsi que le soleil et la terre, tourne sur son essieu ; et que Saturne , qui est la plus haute planète, tient toujours un même côté tourné vers le centre du tourbillon qui la contient ainsi que la lune et les comètes.
On n'admirera point aussi que l'essieu sur le^ ^^^\ ,
* •■■ Pocrquoi les
quel la terre fait son tour en un jour ne soit pas poies de réparallèle à celui de l'écliptique sur lequel elle fait forté^ignés son tour en un an, et que leur inclination, qui fait yl^^^^te la différence de l'été et de l'hiver, soit de plus de vingt-trois degrés. Car le mouvement annuel de la terre dans l'écliptique est principalement déterminé par le cours de toute la matière céleste qui tourne autour du soleil, comme il paroît de ce que toutes les planètes s'accordent en cela qu'elles prennent leurs cours à peu près suivant l'écliptique; mais ce sont les endroits du firmament d'où vi^neht les parties cannelées du premier élémen^ui sont les plus propres à passer par les pores de la terre, lesquelles déterminent
3â8 LES PRIIfClPES DE LA PHILOSOPHIE.
la situation de l'essieu sur lequel elle fait son tour chaque jour, ainsi que ces parties cannelées causent aussi la dinection de l'aimant , comme il sera dit ci - après. Et puisque nous considérons tout l'espace dans lequel est maintenant le premi^ ciel comme ayant autrefois cozrtenu quatorze tourbillons, ou plus, aux centres desquels il y avoit des astî^s qui sont convertis en planètes, nous' ne pouvons supposer que les essieux sur lesquels se mouvoient tous ces astres fussent tournés vers un même côté , parceque cela ne s'accorderoit pas avec les lois de la nature , ainsi qu'il a été démontré ci-dessus ; mais nous avons raison de pender que les potes du tourbillon qui avoit la teirre en son centre regardoient presque les mêmes endroits du firmament vis-à-vis desquels sont encore à présent les pôles de la terre sur lesquels elle fait son tour chaque jour^ et que ce sont les parties cannelées qui viennent de ces endroits du firmament , lesquelles étant plus propres à entrer en ses pores que celles qui viennent des autres lieux, la retiennent en cette situation; i56. Mais cependant , à cause que le tour que la terre
s'cn'^ppro- ^* dans l'échptique pendant une année , et celui client pea à qu'elle fait chaque jour sur son essieu, se feroient plus commodément si l'essieu de Wterre et celui de Técliptique étoient parallèles ,^s causes qui empêchent qu'ils ne le soient se changent par
pea.
succession de temps peu à peu , ce qui fait que Féquateur s'ap[M?oche insensiblement de récliptique.
Enfin, toutes les diverses erreurs des planètes, , ^^7\ .
* La cause gene-
lesquelles s'écartent toujours plus ou moins en tous raie de toute» sens, du mouvement circulaire auquel elles sont qu'où remarprincipalement déterminées, ne donneront aucun, ^^^^d^ sujet d'admiration , si on considère que tous les ■*^«»corps qui sont au monde s'entre - touchent sans qu'il puisse y avoir rien de vide , en sorte que même les plus éloignés agissent toujours quelque peu les uns contre les autres par l'entremise de ceux qui sont entre deux , bien que leur effet soit moins grand et moins sensible, à raison de ce qu'ils sont plus éloignés , et ainsi que le mouvement particulier de chaque col^ps peut être continuellement détotu'né tant soit peu en autant de divers^^açons qu'il y a d'autres divers corps qui se meuvent en l'univers. Je n'ajoute rien ici davantage, parcequ'il me semble y avoir rendu raison de iput ce qu'on observe dans les cieux , et que nous ^e pouvons voir que de loin ; mais je tâcherai ci- ^près d'expliquer en même façon tout ce qui paroît sur la terre, en laquelle il y a beaucoup plus de choses à remarquer , pso^ceque nous la voyons, de plus près. .
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