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blablé par aucune autre invention , nous ayons sujet de conclure que , bien que le monde n'ait pas été fait au commencement en cette façon , et qu'il ait été immédiatement créé de Dieu , toutes les choses qu'il contient ne laissent pas d'être maintenant de même nature que si elles avoient été ainsi produites.
Feignons donc que cette terre où nous sommes 2. a été autrefois un astre composé de la matière du génération de premier élément toute pure, laquelle occupoit ^^^i^Znehyle centre d'un de ces quatorze tourbillons qui poth^se. étoient contenus en l'espace que nous nommons le premier ciel , en sorte qu'elle ne différoit en rien du soleil , sinon qu'elle étoit plus petite : mais que les moins subtiles parties de sa matière s'attachant peu à peu lés unes aux autres, se sont assemblées sur sa superficie , et y ont composé des nuages , ou autres corps plus épais et obscurs, semblables aux taches qu'on voit continuellement être produites , et peu après dissipées sur la superficie du soleil , et que ces corps obscura étant aussi dissipés peu de temps après qu'ils avoient été produits, les parties qui en restoient, et qui, étant plus grosses que celles des deux premiers éléments , avoient la forme du troisième , se sont confusément entassées autour de cette terre , et, l'environnant de toutes parts, ont composé un corps presque semblable à l'air que nous respirons : puis, enfin, que cet air étant de-
332 LES PRmCfPES I>E LA PHILOSOPHIE.
venu fort grand et épais , les corps ob8Cui*3 qui continuoient à se former sur la superficie de la terre n'ont pu si facilement qu'auparavant y être détruits, de façon qu'ils l'ont peu à peu toute couverte et offusquée; et même que peut-être plusieurs couches de tels corps s'y sent entassées l'une sur l'autre , ce qui a tellement diminué la force du tourbillon qui la oontenoit, qu'il a été entièiiemfent détruit, et que la terre avec l'air et les corps obscurs qui l'environnoient est descendue vers le soleil jusques à l'endroit où elle est à présent.
Et si nous la considérons en l'état qu'elle a dû trois diverses ^trc ocu de tcmos auparavant qu'elle soit ainsi
régions, et la * * *■ *
Sa division en
miere.
description desceuduc vcrs le ^leil , nous y pourrons remar- I e a pre ^^^j. ^j^q^^ régious fort divcrscs ; dont la première et plus basse, qui eât ici marquée I', semble ne devoir contenir que de la matière du premier élément , qui s'y meut en même façon que celle qui est dans le soleil, et qui n'est point d'autre nature, sinon qu'elle n'est peut-être pas du tout si subtile , à cause qu'elle ne se peut purifier ainsi que fait celle du soleil , qui rejette continuellement hors de soi la matière de ses taches. £t cette raison me pourroit persuader que l'espace 1 n'est maintenant presque rempli que de la matière du troisième élément, qiie les moins sid>tiles parties du premier ont composée , en s'attachant les unes aux
» Voyez planche VII, figme t.
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autres; sinon qii^îl me semble que si cela étoit la terre seroit si solide qu'elle ne pourroit demeurer si proche du soleil qu elle est. Chitre qu'on peut imaginer diverses raisons qui empêchent qu'il ne puisse y avoir autre chose en l'espace I que de la plus pure matière du plus pur élément : car peutêtre que les parties de cette matière qui sont les plus disposées à s'attacher les unes aux autres sont empêchées d'y entrer par le corps de sa seconde région ; et peut-être aussi que son mouvement a tant de force, lorsqu'elle est enfermée en cet espace , que non seulement il anpêche qu'aucunes de ses parties ne demeurent jointes , mais qu'il en détache aussi peu à peu quelques unes du corps qui l'environne.
Car la seconde ou moyenne région, qui est ici 4.
, __ f ^9 r Description
marquée M, est remplie a un corps tort opaque de la seconde. ou obscur, et fort solide ou serré, en sorte qu'il ne contient aucuns pores plus grands que ceux qui donnent passage aux parties cannelées de la matière du premier élément; d'autant qu'il n'a été composé que des parties de cette matière, qui, étant extrêmement petites, n'ont pu laisser de plus grands intervalles parmi elles lorsqu'elles se sont jointes les unes aux autres. Et on voit, par expérience , que les taches du soleil qui août produites en même façon qu'a été ce corps M , et ne sont point d'autre nature que lui, excepté qu'elles sont
Description
beaucoup plus minces et moins serrées, empêchent le passage dé la lumière, ce qui montre qu elles n'ont point de pores assez grands pour recevoir les petites parties du second élément. Car s'il y avoit en elles de tels pores, ils y seroient sans doute assez droits et unis pour ne point interrompre la lumière, à cause qu'ils se seroient formés en une matière qui a été au commencement fort molle et fort fluide , et qui n'a- que des parties fort petites et fort faciles à plier.
Or ces deux premières et plus basses régions deîa (le la terre nous importent fort peu, d'autant que jamais homme vivant n'est descendu jusques à elles. Mais nous aurons beaucoup plus de choses à remarquer en la troisième , à cause que c'est en elle que doivent se produire tous les corps que nous voyons autour de nous. Toutefois il n'y paroît encore ici autre chose sinon un amas confus de petites parties du troisième élément, qui ne sont point si étroitement jointes , qu'il n'y ait beaucoup de la matière du second parmi elles,; et parceque nous pourrons connoître leur nature en considérant exactement de, quelle façon elles ont été formées, nous pourrons aussi venir à une parfaite connoissance de tous les corps qui en doivent être composés.
Que les par- ^^ ? premièrement , puisque ces parties du troities du troi- sièmc élément sont venues du débris des nuages