‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 4)Chapitre 156 sur 241 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

OU taches qui se formoient autrefois sur la terre, »ième élément lorsqu'elle étoit encore semblable au soleil, cha-» cette troisiècune d'elles doit être composée de plusieurs au- a^venf étîe très parties beaucoup plus petites, qui apparte- as*«^ grandes. noient au premier élément avant qu'elles fussent jointes ensemble , et doit aussi être assez solide et assez grande pour ne pouvoir être rompue par Jes petites boules de la matière du ciel qui roulent continuellement autour d'elles ; car toutes celles qui ont pu être ainsi rompues n'ont pas retenu la forme du troisième élément , mais ont repris celle du premier , ou bien ont acquis celle du second.

. il est vrai que, bien que ces parties du troisième 7.

élément soient assez grandes et solides pour n'être ^^e^rêtre" pas entièrement dissipées par la rencontre de celles cj»angéespai du second, toutefois elles peuvent toujours quel- deux autres

Al-, n A éléments.

que peu être changées par elles, et même par succession de temps entièrement détruites, à cause que chacune est composée de plusieurs qui , ayant eu la forme du premier élément , doivent être fort petites et fort flexibles.

Et parceque ces parties du premier élément, g. qui composent celles du troisième, ont plusieurs ^J^^^^d^ diverses fleures , elles n'ont pu se joindre si juste- *ï^® ^^}^^ ^?

*-' ■ M. j o second, mais

ment l'une à l'autre qu'il ne soit demeuré entré elles non pas si sobeaucoup d'intervalles , qui sont si étroits , qu'ils agitées. ne peuvent être remplie que de la plus fluide et

plus subtile matière de ce premier élément; ce qui fait que les parties du troisième , qui en s<»it composées , ne sont pas si massives ou solides ni capables d'une $i forte agitation que celles du second, bien quelles soient beaucoup plus grosses. Joint que ces parties du second élément sont ron^ des, ce qui les rend fort propres à se mouvoir; au lîéu que celles du troisième ne peuvent avoir que des figures fortirrégulières et diverses, à cause de la façon dont elles sont produites.

^^' ^ Et il faut ici remarquer qu'avant que la terre eUessesont fut dcsccudue vcrs Ic solcil, bien que ces parties

au commen-

cementassem- du troisième élément qui étoient déjà autour d'elle fussent entièrement séparées les unes des autres , elles ne se répandoient pas toutefois confî^sément dans tout le ciel , mais demeuroient entassées et appuyées Furie sur l'autre , en la façon qu'elles sont ici représentées. Dont la raison est que les parties du second élément, qui composoient un tourbillon autour de cette terre , et qui étoient plus massives qu'elles, les poussoient continuellement vers son centre, en faisant effort pour s'en éloigner.

Qu'il ^t de- I^ ^^^^ *^^ remarquer qu'encore qu'elles fussent jncurc piur r^jusî abDuvées l'une sur l'autre, toutefois, à cause

sieurs inter- . . .

vaUes autour de l'inégalité et irrégularité de leurs figures, et les^deuxau- qu'elles s'étôicnt entassées sans ordre à mesure ^^'tre^îb** 4"'^^^^ avoient été formées, elles ne pou voient

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être si pressées , ni si justement jointes , qu'il n'y ' eût quantité d'intervalles autour d'elles qui étoient assez grands pour "donner passage non seulement, à la matière du premier élément , mais aussi à celle du second.

De plus , il faut remarquer qu'entre les parties du second élément qui se trouvoienten ces inter- ues du second valles, celles qui étoient les plus basses au regard étoient^ai)rft de la terre étoient quelque peu plus petites que pi^s petites,

***'■•* * proches de la

celles qui étoient ç^lus hautes, pour la même rai- terre, qu'un

,.1 /. / i>. * 1 11 • peuplosbaut.

son quil a ete dit cF-dessus que celles qui sont

autour du soleil sont par degrés plus petites, selon

qu'elles sont plus proches de sa superficie ; et que

toutes ces parties du second élément qui étoient

en la plus haute région de la terre n'étoient ppint

plus grosses que celles qui sont maintenant au- ^

tour du soleil , au-dessous de la sphère de M er«

cure, mais que peut-être elles étoient plus petites,

à cause que le soleil est plus grand <^ue n'a jamais»

été la terre : d'où il suit qu'elles étoient a^issi plus

petites que celles qui sont à présent en cette même

région de la terre, parceque celles-ci, étant plus

éloignées du soleil que celles qui sont au-dessous

de là sphère de Mercure, doivent par conséquent

être plus grosses.

Il faut encore ici remarquer qu'à mesure que ^^^ J^j ^ les parties terrestres de cette plus haute région «es par où

-, 11 * 11 c5 elles passoient

ont été prçamtes, elles se sont tellement entassées entre les par-

as

ties de la troi- i^e les intervalles qui sont demeurés parmi elles

sième reeion . . / 9 \ i 1 1 1

étoientpius ne se sont ajustes qua la grandeur de ces plus étroits. petites parties du second élément, ce qui a fait , que, lorsque d'autres plus grosses leur ont succédé , elles n'y ont pas trouvé le passage entièrement libre.

\^' Enfin , il Êiut remarquer qu'il est souvent ar-

Qne les plus - ' ^ *

grosses parties rivé pour lors que quclqucs unes des plus grosses sième régi'ira ©t plus solidcs de ces parties du troisième élément n'étoientpas ^ tcuoieut au-dcssus dc quelques autres qui

toujours les t. t. t.

plus basses, étoieut moindres, parceque, n'ayant qu'un mouvement uniforme autour de l'essieu de la terre, et s'arrêtànt facilement l'une à l'autre , à cause de l'irrégularité de leurs figures , encore que chacune fut poussée vers le centre de la terre par les parties du second élément , d'autant plus fort qu'elle étoit plus grosse et plus solide , elle ne pouvoit pas toujours se dégager de celles qui l'étoient moins, afin de descendre plus bas, et ainsi elles retepoient à peu près le même ordre selon lequel elles avoient été formées , en sorte que celles qui venoient des taches qui se dissipoient les dernières étoient les plus basses.

, \^^ Or quand la terre, ainsi composée de trois di-

^^U mx 9 CSC I/«IIr

après formé vcrscs régious, cst dcsccndue vers le soleil, cela

en elle divers • , , , ,

corps. na pu causer grand changement aux deux plus basses , mais seulement en la plus haute , laquelle a dû premièrement se partager en dçux divers

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corps, puis en trois et après en quatre, et ensuite en plusieurs autres.

Et je tâcherai d'expliquer ici en quelle sorte iS. tous ces corps ont dû être produits : mais il est fesprincipabesoin que ie die auparavant quelque chose de ^®*, action*

^ ^ A T. T. par lesquellet

trois ou quatre des principales actions qui ont ce» corps ont contribué à cette production. La première con- EtrexpUcasiste au mouvement des petites parties de la ma- mièrê/*'^ tière du ciel considéré en général; la deuxième, en ce qu'on nomme la pesanteur; la troisième, en la lumière; et la quatrième, en la chaleur. Par le mouvement des petites ^parties de la matière du ciel en général , j'entends leur agitation continuelle, qui est si grande, que non seulement elle suffît à leur faire faire un grand tour chaque année autour du soleil, et un autre chaque jour autour de la terre , mais aussi à les mouvoir cepen-dant en plusieurs autres façons. Et parceque , lorsqu'elles ont pris leur cours vers quelque coté, elles le continuent toujours autant qu'il se peut en ligne droite, de là vient qu'étant mêlées parmi les parties du troisième élément qui composent tous les corps de cette plus haute région de la terre , elles produisent plusieurs divers effets , dont je remar- . querai ici trois des principaux.

Le premier est qu'elle rend transparents tous ^^•

*• ^ ^ ^ ^* Le premiei^ eJF-

les corps liquides qui sont composés dès parties fet de cette du troisième élément, qui sont si petites et ensuite tion"r^i*crt

de rendre les ^ peu pres^é^a, (|ue cellçs du second peuYQiit, corp^s^teanspa- p^^gg^^. j^ ^^^^ ^^^.^^ autouF d'cUes ; car en passant

ainsi entre le» parties de ce& corps , et ayant la force de leur faire changer de situation , ellesi ne manquent pas de s'y faire des pacages qui suivent en tous sens des lignes droites, ou du' moii^s des^ lignes qui sont aussi propres à transmettre laction de la lumière que les droites , et ainsi de rendre ces corps transparents. Aussi nous voyous par expérience qu'il n'y a aucune liqueur sur la terre qui soit pure, et composée de parties asseat pe^ tites , laquelle ne soit transparente : car, pour ce qui est de l'argent vif, ses parties s^ont si grosses , que, se pressant trop fort l'une l'autre, elles ne permettent pas à la matière du second élément de passer de tous cotés autour d'elles, mais seules ment à celle du premier; et pour ce qui est de

l'encre, du lait 9 du sang, ou autres semblal>lest li^ queurs qui ne sout pas pures et simples, il y a en elles des parties fort grosses dont chacune coix^pose un corps à part, aiusî que fait ehaque grain de sable ou de poussière, ce qui les empêche d'être transparents. Et on peut remarquer , touchant les corps durs , que tous ceux-là sont transparents qui ont été faits de quelques liqueurs traaspa** rentes, dont les parties se sont arrêtées peu à peu Tune contre l'autre , sans qu'il se soit rien mêlé parmi elles qui ^}t changé leur ordre ; mais , au

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tontraire que tous ceux-là sont opaques ou obscure, dont leç parties ont été jointes par quelque force étrangère qui n'obéîssoit pas au mouVenient de la matière du del : car, elicore qu'il ne laisse pas d~y avoir aussi en ces corps plusieurs pores par où les parties du second élément peuvent passer, toutefois ^ à cause que ces pores sont bouchés ou interrompus en plusieurs lieux, ils ne peuvent transmettt^ l'action de la lumière.

Mais âjBn d'entendre comment il est possible ^7< qu'un corps fort dur et solide , par exemple du corps dnta et Krerre ou du cristal, ait en soi assez de pores pour *vent êST donner passage, suivant des lignes droites en tout transparents. sens ^ à la matière du ciel , et ainsi avoir ce tjue j'ai dit être requis en un corps pour le rendre transparent , on peut considérer plusieurs pommes ou boules assez grosses et polies j qui soient en* fermées dans un rets ^ et tellement pressées qu'elles ^composent toutes ensemble* un corps dur ; car, sur quelque côté que ce corps puisse être tourné^ si on jette dessus des dragées de plomb , ou d'au- \

très boules assez petites pour passer entre ces plus grosses ainsi pressées , on les verra couler tout droit en bas au travers de ce corps ^ par la force de leur pesanteur; et même si on accumule tatit de ces dragées sur ce corps dur ^ que tous les passages où elles peuvent entrer en soient remplis ^ au même instant que les plus hautes presseront celles qui

34a I«ES PRUrCIPES DE LÀ PHILOSOPHIE.

seront sous elles , cette action de leur pesanteur passera en ligne droite jusques aux plus basses : et ainsi on aura l'image d'un corps fort dur , fort solide , et avec cela fort transparent , à cause qu'il n'est pas besoin que les parties du second élément aient des passages plus droits pour transférer l'ac-^ tion de la lumière , que sont ceux par où descendent ces dragées entre ces pommes.

ig. Le second effet que produit l'agitation de la

fcldJir^re- ^^^'^'^ subtile dans les corps terrestres, princimière action , paiement daus ceux qui sont liquides^ est que lorsrifier les U- qu il y a dcux ou plusieurs sortes de parties en ces cSdM?«i di- corps confusément mêlées ensemble , ou bien elle ^^^' les répare et en fait deux ou plusieurs corps dififérents, ou bien elle les ajuste les unes aux autres et les distribue également en tous les endroits de ce corps , et ainsi le purifie et fait que chacune de ses gouttes devient entièrement semblable aux autres : dont la raison ^est que , se glissant de tous côtés entre ces parties terrestres qui sont inégaies, elle pousse continuellement celles qui , à cause de leur grosseur, ou de leur figure, ou de leur situation, se trouvent plus avancées que les autres dans les chemins par où elle passe, jusques à ce qu'elle ait tellement changé leur situation , qu'elles soient également répandues par tous les endroits de ce corps ^ et si bien ajustées avec les autres qu'elles n'empêchent {Jus ses mouvements; ou

vers

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