Mai^^ afin de pouvoir exactement calculer corn
les corps sont bicH cst grande cette pesanteur , il faut considérer ^cs'ïî^^ qu'il y a quelque quantité de matière céleste dans les autres, les pores de ce corps B , laquelle ayant autant de force qu'une pareille qi^antité de celle qui est dans les pores de la portion d'air qui doit monter en sa place, fait qu'il n'y a que le surplus qui doive être compté , et que tout de même il y a quelque quantité de la matière du troisième élément eh cette por*^ tion d'air, laquelle doit aussi être rabattue avec une égale quantité de celle qui compose le corps A; si bien que toute la pesanteur de ce corps consiste en ce que le reste de la matière subtile qui est en cette portion d'air a plus d^ f^ce à s'éloigner du centre de la terre que le reste de la matière ter* restre qui le compose.
QUATBIÈM£ PARTIE. 349
Et, afin de ne rien oublier , il faqt prendre gard^ ^^• que j par la matière céleste ou subtile , je n entends santenr n'a pas seulement celle du second élément, mais aussi m|^7rapport ce qu'il y a du premier mêlé entre ses parties : et *^®*^ ^^'^^ ™*" même, outre cela, qu'on y doit comprendre en quelque façon les parties du troisième qui sont emportées par le cours de cette matière du eiel plus vite que toute ia masse de la terre , et toutes cellea qui composent l'air sont de ce nombre. Il &ut aussi prendre garde que ce qu^l y a du |H*emier élément , en ce que je comprends sous le nom de matière subtile, a plus de force à s'éloigner du centre de la terre qu'une pareille quantité du second, à cause qu'elle se meut plus vite; et par la même raison, que le second élément a phis de force qu'une pareille quantité des parties du troisième qui composent l'air, et qu'elles meuvent avec soi ; ce qui est cause que la pesanteur seule ne suffît pas pour faire connoitre combien il y a de paatière terrestre en chaque corps. Et il se peut faire que, bien que, par eiL^mple, une masse d'or soit vingt fois plu& pesante qu'une quantité d*eau de même grosseur, elle ne contienne pas néanmoins vingt fois plus de matière, mais quatre ou cinq fois seulement, parcequ'il en faut autant soustraire de l'eau q^te de l'or, à cause de Fair dans lequel on les pèse, puis aussi parceque les parties terrestres de l'eau , et généralement de toutes - les
350 LBS PRIirCIPES DE LA PHILOSOPHIB.
liqueurs , ainsi qu'il a. été dit de celles de Tair , ont quelque mouvement qui , s'accordant avec ceux de la matière subtile, empêche qu'elles ne soient si pesantes que celles: des corps durs.
Pou^^oiies M fsiut aussi sc souveuir que tous les mouve-* corps pesants meuts sont circulaircs , au sens qui a été ci-dessus
n'agissent , ,
point loi», expliqué; d'où il suit qu'un corps ne peut être porté
qu'ils ne sont -t i /• j ^ • * .
qu'entre leurs ^^ ^^ P^** *^ lorce dc sa pcsantcuT SI au même msembhbies. stantuu autre corps qui occupe autant d'espace, et soit toutefois moins pesant , ne monte en haut : et cela est cause que les plus hautes parties de l'eau, ou d'une autre liqueur qui est contenue en un vase, ^ tant grand etrtant profond qu'il puisse être , n'agissent point contre les plus basses, et même que chaque endroit du fond de ce vase n'est pressé que par autant de parties de cette liqueur qu'il y en a qui sont directement posées sur lui. Par exemple , en la cuve ABC ' , la goutte d'eau marquée i n'est point poussée par. les autres 2,3,49 ^^ ^^^^ au-dessus , d'autant que si celles-ci descendoient , il ne pourroit y avoir que d'autres gouttes d'eau, telles que. 5,6,7, ^^ montassent en leur place., et parceque celles-ci ne sont pas moins pesantes , elles les tiennent. en balance , au jnoyen de quoi elles les ; empêchent de se pousser l'une l'autre; et toutes les gouttes. d'eau qui sont en la ligne droite 1,2,5,4 pressent ensemble la partie du fond de
■ Voyez planche VII /figure a.
QUATRliMB PARTIE. 35 l
la cuve qui est marquée B ^ parceque si B des*cendoit, toutes ces gouttes pourroient aussi descendre au même instant , et faire monter en leur place, par le dehors de la cuve, les parties d'air 8,9 ou semblables, qui sont plus légères. Mais cette partie B n'est pressée que par le petit cylindre d'eau 1,2,3,4 dont elle est la base , parcequ'en cas qu'elle commence à descendre , il ne peut y avoir que l'eau de ce cylindre 1,2,3,4 (^^ ^"^^ autre pareille quantité ) qui la suive au même instant. Et la considération de ceci peut servir à rendre raison de plusieurs particularités qu'on remarque touchant les effets de la pesanteur, et qui semblent fort admirables à ceux qui n'en savent pas les vraies causes.
Au reste il faut remarquer que, encore que les ^7.
* '^ Ponrqnoi
parties du ciel se meuvent en plusieurs diverses Cest vers \e
c K ^ 11 > -1 / centre de la
laçons en même temps, elles s accordent Aean- terre qu'u» moins à se balancer et à s'opposer l'une à l'autre, *®'^***°*en telle sorte qu'elles étendent également leur action vers tous les côtés où elles peuvent l'étendre; et ainsi que de cela seul que la masse de la terre par sa dureté répugne à leurs mouvements, elles tendent toutes à s'éloigner également de tous côtés de son voisinage, suivant les lignes droites tirées de son centre, si ce n'est qu'il y ait des causes particulières qui mettent en cela quelque diversité; et je puis bien concevoir deux ou trois
35d LES PRIITGIPES DE LA PHILOSOPHIE.
telles causes , mais je n'ai encore su faire aucune expérience qui m'assure si leurs effets sont sensibles ou non.
>^* Quant à la lumière, qui est la troisième action
Etla troisième
action, qoi que uous avons ici à considérer, je pense avpir commert'eué ^^j^ ^^ " dessus assez expliqué sa nature ; il reste *^^dcrSr seulement à remarquer que, bien que tous ses rayons viennent en même façon du soleil, et ne fassent autre chose que presser en ligne droite les corps qu'ils rencontrent, ils causent néanmoins divers mouvements dans les parties du troisième élément dont la plus haute région de la terre est composée, parceque ces parties étant mues aussi par d'autres causes, ne se présentent pas toujours à eux de même sorte. Par exemple, si AB ' est une de ces parties du troisième élément , appuyée sur une autre marquée C^ et qui en a plusieurs autres, comme DEF , au-dessus d'elle , il est aisé à entendre que les rayons du soleil qui viennent de GG peuvent maintenant être mcnns empêchés par l'in-* terposition de ces autres de presser celle de ses extrémités qui est marquée A, que de presser celle qui est marquée B^ de façon qu'ils la doivent faire baisser davantage ; et que, incontinent après ^ ces parties J3EF chasigeant de situation, à cause qu'elles sont ipues ,par la matière du ciel qui coule autourd'elles^ il arrivera qu'elles empêcheront moins
' Voyez planche VII , fi^re 3^