‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 4)Chapitre 161 sur 241 · QUATRIEME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIEME PARTIE

les rayons du soleil de presser B que A; ce qui doit donner à cette partie terrestre AB un mouvement tout contraire au précédent : et il en est de même de toutes les autres ^ ce qui fait qu'elles sont continudlement agitées ça et là par la lumière du soleil '.

Or c'est une telle* agitation des petites parties ag.

-, *>. , , Explication

des corps terrestres, «quT)n nomme en eux la cha- de u quatrièleur (soit qu'elle ait été excitée par la lumière du ^nach^ieS soleil , soit par quelque autre cause) , principale- «* pourquoi ment lorsqu'elle est plus grande que de coutume, après laiumièet qu'elle peut mouvoir assez fort les nerfs de ^^ ^dlùter^ nçs mains pour être sentie ; car cette dénomination de chaleur se rapporte au sens de l'attouchement. Et on peut ici remarquer la raison pourquoi la chaleur qui a été produite par la lumière demeure par après dans les corps terrestres, encore que cette luipière soit absente , jusques à ce que quelque autre cause l'en ôte : car elle ne consiste qu'au mouvement des petites parties de ces corps , et ce mouvement étant une fois excité en elles y doit demeurer (suivant les lois de la nature) jusques à ce qu'il puisse être transféré à d'autres corps.

On doit aussi remarquer que les parties terres- Comment eiie

• . • • «^ / 11 • < 1 1 «1 pénètre dans

très qui sont amsi agitées par la lumière du soleil , fes corps qui en aeitent d'autres qui sont sous elles , et que °® *°°^ p°'°*

*-' ^ 'T. transparents.

> Voyez planche VII , fignre 4 .

celles-ci en agitent encore d'autres qui sont plus bas , et ainsi de suite ; en sorte que, bien que les rayons du soleil ne passent point plus avant que jusques à la première superficie des corps terrestres qui sont opaq?aes ou obscurs, toutefois, à , cause qu'il, y a toujours une moitié de la terre qui est échauffée par le soleil en giéme temps, sa chaleur parvient jusques autt'p^us basses parties du troisième élément qui composent sa 'seconde ou moyenne région.

^ ^^'. „ Enfin, on doit remarquer que cette a£:itation

Pourquoi elle ' x ri n

a coutume de dcs pctitcs parties des corps terrestres est ordi-

dilaterles . i i,

corps où eUe naircmcut cause qu elles occupent plus d espace

^uoi^eiTen ^^^^ lorsqucllcs sout cu repos, ou bien qu^elles

condense gQjj^- moins affitécs : dont la raison est qu'ayant

aussi quel- . . , * •/

que^uns. dcs figurcs irréguUèrés , elles peuvent être mieux agencées l'une contre l'autre lorsqu'elles retiennent toujours -une même situation, que lorsque leur mouvement la fait changer; et de là vient que la chaleur raréfie presque tcfus les cor{)s terrestres, les uns toutefois plus que les autres, selon la diversité des figures et des arrangements de leurs parties; en sorte qu'il y en a aussi quelques uns qu'elle condense, parceque leurs parties s'arrangent mieux et s'approchent davantage l'une de l'autre étant agitées que ne l'étant pas , ainsi qu'il a été dit de la glace et de la neige dans les Météores.

* QUATRIÈME PAKTIE. 355

Après avoir remarqué les diverses actions qui sa.

, , « 1 Cîommentla

peuvent causef quelques changements en 1 ordre troisième

re-

corps.

des petites parties de la terre , si ' nous considé- ^^^ ^ l^^^ l'ons derechef cette terre comme étant tout nou- ™f^^® * ^

diviser en

vellement descendue vers le soleil, et ayant sa deux divers plus haute région composée des parties du troisième élément, qui sont entassées Tune siu? l'autre, sans être fort étroitement liées ou jointes ensem*ble , en sorte qu'il y a parmi elles beaucoup de petits espaces qui sont remplis de parties du second élément , un peu plus petites que celles qui composent, non seulement les endroits du ciel par oti elle passe en descendant, mais aussi celui où elle s'arrête autour du soleil , il nous sera aisé de juger que ces petites parties du second élément doivent quitter leurs places à ces plus grosses, et que celles-ci , entrant avec impétuosité, en des places qui sont un peu trop étroites pour les recevoir, poussent les parties teri-estres qu'elles rencontrent en leur chemin , les faisant par ce moyen descendre au-dessous des autres; et que ce sont principalement les plus grosses qu'elles font ainsi descendre, parceque la pesanteur* de ces plus grosses leur aide à cet effet , et que ce sont celles qui empêchent le plus leurs mouvements ; et d'autant que ces parties terrestres ainsi poussées au-dessous des autres ont des figures fort irrégulières et diverses, elles se pressent, s'accrochent et se

356 LES PRINCIPES UE LAi PHILOSOPHIE.

joignent bien plus étroitement que celles qui demeurent plus haut , ce qui est cause qu'elles interrompent aussi le cours de la matière du ciel qui les pousse. Et ainsi la plus haute région de la terre ayant été auparavant comme elle est représentée vers A^ est par après divisée en deux corps fort dijGférents, tels que sont B et C, dont le plus haut B est rare, liquide et transparent, et l'autre, à savoir C, est à comparaison de lui fort , solide , dur et opaque.

Page 1