‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 4)Chapitre 168 sur 241 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

toieot pas jointes Tune à l'autre^ et que la matière du ciel qui couloit autour d'elles ne cessoit de les agiter , elles ont dû, en s'entre-suiVant , et passant toutes par les mêmes chemins , devenir fort glissantes et unies, et se réduire aux deux espèces de figures que j'ai décrites : ou bien celles qui n'ont pu s'y réduire ont dû sortir de ce corps D ; et si elles ont été plus solides que celles qui y demeuroient, elles sont descendues vers C; mais celles qui l'ont été moins sont montées en haut , dont la plupart se sont arrêtées entre B et D, où elles ont servi de matière pour augmenter le corps E.

Car, pendant le jour et l'été, la lumière et la 40. chaleur du soleil, qui agissoient conjointement paisseurde contre toute une moitié du corps D', augmen- col,^s*^^tTitoient tellement l'afifitation des petites parties de min«ée» «n

^ 11 sorte qu il est

cette moitié qu'elles ne pouvoient être contenues demeuré de

,, , , ^ Tespade entre

en SI peu d espace qu auparavant ; de laçon que, se lui etie qua* trouvant enfermées entre les deux corps durs C {^*^^J espacé et E, plusieurs étoient contraintes de passer par s'est rempli

* *^ ^ de la m?tiere

les pores du corps JE pour monter vers B , les- du premier. quelles par après, pendant l'hiver, descendoient derechef vers D, par le moyen de leur pesanteur , à cause que leur agitation étoit moindre. Mais plusieurs causes pouvoient les empêcher de retourner jusques à ce corps D, et faire que la plupart se joignissent au corps E : car la lumière et la cha-

' Voyez planche VIII, figoi^e i.

leur , en les agitant lorsqu'elles étoient enfermées efttre B et G, les iricitoient bien plus à mqnter, que par après leur pesanteur ne les incitoit à descendre ; et ainsi plusieurs se faisoient des passages au travers du corps E lorsqu'elles montoient, qui, n'y en rencontrant point en descendant, s'arrêtoient sur sa superficie, où ellejs servoient de matière pour l'augmenter; et même quelques unes se trouvoient tellement engagées en ses pores que, ne pouvant monter plus avant , elles fermoient le chemin à celles qui descendoient Et , enfin , c'étoit presque toujours les plus petites, et même celles qui avoient des figures plus dififérentes du commun des autres, qui , pouvant être chassées du corps D paf la plus ordinaire action de la matière subtile, se présentoient les premières pour monter vers E et vers B, où rencontrant les parties de ces corps elles s'attachoient quelquefois à elles, mais le plus souvent elles se divisoient et changeoient de figure, et ainsi cessoient d'être propres à composer le corps D. Ce qui est cause qu'après plusieurs années il y a eu beaucoup moins de matière en ce corps D qu'il n'y en avoit lorsque le corps E a commencé se former, et qu'il n'est demeuré en lui que celles de ses parties qui ont pu se réduire aux deux e^-^ pèces que j'ai décrites ; et aussi que le corps E a été assez épais et serré , d'autant que la plupart des parties qui sont sorties de D se sont arrêtées

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en ses pores, et ainsi l'ont rendu plus serré, ou bien , changeant de figures , et se joignant à quelques unes de celles du corps B , sont retombées sur sa superficie , et ainsi l'ont rendu plus épais. Et , enfin , cela est cause qu'il est demeuré entre D et E un espace assez grand, tel qu'est F, qui n'a pu être rempli que de la matière qui compose le corps B , en laquelle il y a eu des parties fort déliées qui ont pu aisément passer par les pores du corps E, pour entrer en la place de celles qui sont sorties du corps D.

Ainsi) encore que le corps E fut beaucoup plus ^'• massif et plus pesant que celui .qui étoit vers F , s'est fait pia-

-A •^*. 1 TxMJ* sieurs fentes

et même aussi peut-être que le corps D, u a du dansiequatoutefois pendant quelque temps se soutenir au- *"^™*^ *^^'*p*dessus comme une voûte, à cause de sa dureté. Mais il est à remarquer que , lorsqu'il a commencé à se former, les parties du corps D, à la superficie duquel il étoit joint, ont dû se réserver en lui plusieurs pores par où elles pussent passer, à cause qu'il y en avoit continuellement plusieurs que la chaleur ^aisoit monter vers B durant le jour , et que leur pesanteur faisoit redescendre vers D durant la nuit; en sorte qu'elles' remplissoient toujours ces pores du corps E, par lesquels elles passoient. Au lieu que, par après ^ commençant à y avoir quelque espace entre D et E, qui contenoît le corps F , quelques unes des parties de ce corps F

sont entrées en quelques uns de ces pores du corps E ; mais étant plus petites que celles du corps D , qui avoîent coutume d'y être, elles ne les pouvoient entièrement remplir. Et parcequ'il n'y a aucun vide en la nature, et que la matière des deux premiers éléments achève toujours de remplir les espaces que les parties du troisième laissent autour d'elles , cette matière des deux premiers éléments entrant avec impétuosité dans ces pores avec les parties du corps F, a fait tel effort pour en élargir quelques uns que les autres qui leur étoient voisins en devenoient plus étroits; et ainsi qu'il s'est fait plusieurs fentes dans le corps E , lesquelles sont peu à peu devenues fort grandes, en même façon et pour les mêmes raisons qu'il a coutume aussi de s'en faire dans la terre des lieux marécageux lorsque les chaleurs de l'été la dessèchent.

Comment ce ^^ J ayant aiusi plusieurs fentes dans le corps quatrième £ ^ lesqucUcs s'augmentoient de plus en plus , elles

corps s'est ^ ^ ^ ^ *^ ^ *

rompuenpiu- sout enfin devcnucs si grandes qu'il n'a pu se

sieurs pièces^ . • i i ^ i t • j

^ soutenir plus long-temps par la liaison de ses parties, et que la voûte qu'il composoit se crevant tout d'un coup, sa pesanteur l'a fait tomber en grandes pièces sur la superficie du corps C ' ; mais parceque cette superficie n'étoit pas assez large pour recevoir toutes les pièces de ce corps en la

« Voyeï planché VITI , figure 2 .

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même situation qu elles avoient été auparavant , il a fallu que quelques unes soient tombées de côté , et se soient appuyées les unes contre les autres; en sorte que si, par exemple, en la partie du corps E, qui est ici représenté, les principales fentes ont été aux endroits marqués i,2,3,4j5i6,7, et que les deux pièces 2,3 et 6,7 aient commencé à tomber un peu plus tôt que les autres, et aussi que les bouts des quatre autres marqués 2,3,5 et 6 soient tombés plus tôt que leurs autres bouts marqués 1 ,2 et V, et enfin que 5 , l'un des bouts de la pièce 4,5, soit tombé un peu plus tôt que le V, l'un des bouts de la pièce V6, ces pièces doivent se trouver après leur chute disposées sur la superficie du corps C en la façon qu'elles paroissent en cette figure, où les pièces 2,3 et 6,7 sont couchées tout plat sur cette superficie , et les autres quatre sont penchées. sur leurs 'CÔtés et se soutiennent les unes les autres. 43.

De plus , à cause que la matière du corps D est JrTirdTtroT liquide et moins pesante que les pièces du corps sièmeestmon-

*tée au-dessus

E, elle a du non seulement occuper tous les recoins du q^at^ièIne. et tous les passages qu'elle a trouvés au - dessous d'elles, mais aussi , à cause qu'elle n'y pouvoit être toute contenue , elle a dû monter en même temps audessus des plus basses, telles que sont 2,3, et 6,7, et par même moyen se former des passages pour entrer ou sortir du dessous des unes au-dessus des autres.

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