QUATRIÈME PARTIE
quelques unes de ces vapeurs passer bien 4oîn audelà jusque dans Tair , où elles composent les nues^ nous ne pouvons douter qu'il n'y en ait davantage qui montent jusques aux sommets des montagnes, à cause qu'il leur est plus aisé de s'élever en coulant entre les parties de la terre qui aide à les soutenir, qu'en passant par l'air qui , étant fluide, ne les peut soutenir en même façon ; de plus , il faut considérer que lorsque ces vapeurs sont parvenues vers le haut des montagnes , et qu'elles ne se peuvent élever davantage , à cause que leur agitation diminue , leurs petites parties se joignent plusieurs ensemble ; et que , reprenant par ce moyen la forme de l'eau, elles ne peuvent descendre par les pores par où elles sont montées, à cause qu'ils sont trop étroits, mais qu'elles rencontrent d'autres passages un peu plus larges entre les diverses croûtes ou écorces dont j'ai dit que la terre extérieure est composée , par lesquels elles se vont rendre dans les fentes que j'ai dit aussi se trouver en cette terre extérieure; et les remplissant, elles font des sources qui demeurent cachées sous terre jusques à ce qu'elles rencontrent quelques ouvertures en sa superficie, et sortant par ces ouyer- " tures elles composent des fontaines dont les eaux , coulant par le penchant des vallées , s'assemblent en rivières et descendent enfin jusques à la mer.
Poarqaoi
Feaudelamer
ne croît point
de ce qné les
rivières y
entrent^
Pourquoi
l'ean de la
plupart des
fontaines est
donce , et la
mer demeure
salée.
Or, encore qu'il sorte ainsi continuellement beaucoup d'eau des concavités qui sont sous les montagnes, d'où étant élevée elle coule par les ri* vières jusques à la mer, toutefois ces concavités ne s'épuisent point , et la mer n'en devient point plus grande : dont la raison est que la terre extérieure n'a pu être formée en la façon que j'ai décrite par le débris du corps £ dont les pièces sont tombées inégalement sur la superficie du corps C, qu'il ne soit demeuré plusieurs grands passages au-dessous de ces pièces , par où il retoiu*ne autant des eaux de la Toer vers le bas des montagnes qu'il en sort par le haut qui va dans la mer ; de façon que le cours de l'eau en cette terre imite celui du sang dans le corps des animaux , où il fait un cercle, en coulant sans cesse fort promptement de leurs veines dans leurs artères , et de leurs artères dans leurs veines.
Et, bien que la mer soit salée, toutefois la plupart des fontaines ne le sont point : dont la raison est que les parties de l'eau de la mer qui sogtt douces, étant molles et pliantes, se changent aisément en vapeurs, et passent par les chemins détournés qui sont entre les petits grains de sable et les autres telles parties de la terre extérieure; au lieu que celles qui composent le sel étant dures et roides, sont plus difficilement élevées par la chaleur , et ne peuvent passer par les pores de la
Pourquoi il y
a aussi qnel-
terre, si ce n'est qu'ils soient plus larges qu'ils n'ont coutume d'être. Et les eaux de ces fontaines en s'écoulant dans la mer ne la rendent point douce, à cause que le sel qu'dles y ont laissé en s'élevant en vapeurs dans les montagnes se nîéle derechef avec eUes.
Mais nous né devons pas pour cela trouver étrange qu'il se rencontre aussi quelques sources d'eau salée en des lieux fort éloignés de la mer : dont Feaa est car la terre s'étant entre-fcndue en plusieurs en* droits , ainsi qu'il a été dit , il se peut faire que l'eau de la mer vient jusques aux lieux où sont ces sources sans passer que par des conduits qui sont si larges qu elle amène fecilement son sel avec soi , non seulement lorsque ces conduits se rencontrent en des puits si profonds qu'elles ne sont pas moins basses que l'eau de la mer, auquel cas elles participent ordinairanent à son flux et re* flux, mais aussi lorsqu'elles sont beaucoup plus hautes, à cause que les parties du sel étant sou* tenues par la pente de ces conduits, peuvent monter avec cell^ de l'eau douce : comme on voit par expérience, en faisant chauffer de l'eau de mer dans une cuve telle que ABC, qui est plus large par ie haut que par le bas , qu'il s'élève du sel lé long de ses bords, lequel s'y attache de tous cètés en forme de croûte , pendant que l'eau douce qui Paccompagnoit s'évapore.
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