‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 4)Chapitre 191 sur 241 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

fasse que le foin qu'on a renfermé avant qu'il fiit sec s'échauffe peu à peu juàques à s'embraser, sinon qiie les sucs ou esprits qui ont coutume de monter de la racine des herbes tout le long de leurs tiges pour leur servir de nourriture, n'étant pas encore tous sortis de ces herbes lorsqu'on le renjferme, continuent par après leur agitation, et sortant des imes de ces herbes entrent dans les autres, à cause que le foin étant renfermé ces Sucs lie se peuvent évaporer; et parceque ces herbes commencent à se sécher, ils y trouvent plusieurs pores uii peu plus étroits que de coutume, qui, ne les pouvant plus recevoir avec le second élétnent , les reçoivent seulement environnés du premier , lequel lés agitant fort promptement leur donne la forme du feu. Pensons , par exemple , que l'espace qui est entre les corps B et C * représente un des popes qui sont dans les herbes encore vertes , et que le» petits bouts des cordes j ,2,3, avec les petites boules qui les environnent , représentent les parties des sucs ou esprits environnés du second élément, ainsi qu'elles ont coutume d'être lorsqu'elles coulent lé long de ces pores, et de plus, que l'espace qui est entife les corps D et E soit l'un des pores d'une autre herbe qui commence à se sécher ^ ce qui est cause qu'il est si étroit que, lorsque les méînes parties des sucs 1,2, 3 y viennent, elles n'y

' Voyez planche IX, figure x ^

4o8 LES PRINCIPES DE LA. PHILOSOPHIE.

peuvent être environnées du second élément, mais seulement de quelque peu du premier ; et nous verrons évidemment que, pendant que les sucs i,2,3 coulent par dedans l'herbe verte et humide BC, ils n y suivent que le cours du second élément, mais que, lorsqu'ils passent dans l'herbe sèche DE, ils y doivent suivre le cours du premier , lequel est beaucoup plus rapide. Car ,' encore qu'il n'y ait que fort peu du premier élément autour des parties de ces sucs , c'est assez qu'il les environne en telle sorte qu'elles ne soient aucunement retenues par le second , ni par aucun autre corps qui les touche , pour faire qu'il ait la force de les emporter avec soi : ainsi qu'un bateau peut être emporté par le cours d'un ruisseau, qui n'a justement qu'autant de largeur qu'il en faut pour le contenir, avec quelque peu d'eau tout autour qui empêche qu'il ne touche à la terre , aussi bien que par le cours d'une rivière également rapide et. beaucoup plus large. Or, quand ces parties des sucs suivent ainsi le cours du premier élément, elles ont beaucoup plus de force à pousser les corps qu'elles rencontrent que n'auroit pas ce premier élément s'il étoit seul : comme on voit aussi qu'un bateau qui suit le cours d'une rivière en a beaucoup plus que l'eau de cette rivière , qui toutefois est seule la cause de son mouvement. C'est pourquoi ces parties des sucs ainsi agitées rencontrant les plus dures par-

ties du foii^ , les poussent avec tant d'impétuosité, qu'elles les séparent aisément de leurs voisines , principalement lorsqu'il arrive que plusieurs en poussent une seule en même temps, et lorsqu'elles en séparent ainsi un assez grand nombre, qui étant proches les unes des autres suivent le cours du premier élément , le foin s'embrase tout - à - fait : mais lorsqu'elles n'en meuvent que quelques unes qui n'ont pas assez d'espace autour d'elles pour en aller choquer d'autres, elles font seulement que ce foin dévient chaud et se corrompt peu à peu sans s'embraser , en sorte qu'alors il y a en lui une espèce de feu qui est sans lumière.

En même façon nous pouvons penser que lors- 93. qu'on cuit de la chaux, l'action du feu chasse quel- lo^^u'omêue ques unes des parfies du troisième élément qui sont ^^ ^'^^'^ ^'^^

* ^ * • ■■■ de la chaux

dans les pierres dont elle se fait; ce qui est cause vive,etgéné-

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