‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 4)Chapitre 190 sur 241 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

salés , les gouttes de l'eau de mer, et quantité d'autres corps : car il n'est besoin d'autre chose pour produire de la lumière, sinon que les parties du second élément soient poussées par la matière du premier, ainsi qu'il a été dit ci^dessus. Et lorsque quelque corps terrestre a plusieurs pores qui sont si étroits qu'ils ne peuvent donner passage qu'à cette matière du premier élément, il peut arriver que, bien qu'elle n'y ait pas assez de force pour détacher les parties de ce corps les unes des autres, et par ce moyen le brûler, elle en ait néanmoins' assez pour pousser les parties du second élément qui sont en Fair d^ftlentour , et ainsi causer quelque lumière. Or on peut penser que les étoiles qui tombent ne sont que des -lumières de cette sorte; car on trouve souvent sur la terre aux lieux où elles sont tombées une matière visqueuse et gluante j qui ne brûle point. Toutefois on peut croire aussi que la lumière qui paroît en elles ne vient pas proprement de cette matière visqueuse, mais d'une autre plus subtile qui l'environne , et qui étant enflammée se consume pour l'ordinaire avant qu'elle parvienne jusques à la terre.

Mais pour ce qui est de l'eau de mer dont i'ai 91-

., . , ^ . Quelle est la

ci-dessus expliqué la nature, il est aisé à juger que lumière de

1 I . > . A^ . j ii 1 l'eau de mer,

la lumière qui paroit autour de ses gouttes , lors- des bois pourqu'elles sont agitées par quelque tempête, ne vient "*' ^'^* que de'ce'que cette agitation fait que, pendant que

celles de leurs parties qui sont molles et pliantes demeurent jointes ensemble, les pointes des autres qui sont roides et droites s'avancent ainsi que des petits <lards hors de leurs superficies, et poussent avec impétuosité les parties du second élément qu elles rencontrent. Je crois aussi que les bois pourris, les poissons salés, et autres tels corps, ne

luisent point que lorsqu'il se fait en eux quelque altération , qui rétrécit tellement plusieurs de leurs pores qu'ils ne peuvent contenir que de la matière du premier élément , soit que cette altération vienne de ce que quelques unes de leurs parties s'approchent lorsque quelques autres s'éloignent, comme il semble arriver aux bois pourris, soit de ce que quelque autre corps se mêle avec eux , comme il arrive aux poissons salés, qui ne luisent que pendant les jours que les parties du sel entrent dans leurs pores.

QaeUe^est la ^* lorsque Ics partics d'un corps s'insinuent ainsi canscdêsfenx entre cellcs d'un autre, elles ne peuvent pas seule-

qui brûlent ^ > ^ i /i r

ou échauffent mtcut le faire luire sans 1 échauffer en la façon que

et ne luisent •• di» ■ «1119/

point, comme Jc vieus d cxpliqucr , mais souvent aussi elles 1 e« *s"XtuJe*d^ chauffent sans le faire luire , et enfin quelquefois soi-même, ellcs Tembrasept tout- à -Eût : comme il paroît au foin qu'on a renfermé avant qu'il fut sec , et en la chaux vive sur laquelle on verse de l'eau , et en toutes les fermentations qu'on voit communément en la chimie. Car il n'y a point d'autre r^on qui

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