‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 4)Chapitre 214 sur 241 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

l'aimant N par a^y doivent contitauer leur cours en ligne droite, à cause de la facilité du passage qu'elles y trouvent , et que les autres parties cannelées qui viennent d'A par H et par G vers N n'entrent pas en lui beaucoup plus difficilement pour cela par son pôle b. Tout de même , les parties cannelées qui entrent par û^ le côté austral de l'aimant M, sortent de la superficie de la terre intérieure qui est entre B et M, c'est pourquoi elles doivent faire pencher sou pôle a environ vers le milieu de cette superficie ; et cela ne peut être empêché par les autres parties cannelées qui entrent par l'autre côté de cet aimant , à cause que , venant de l'autre hémisphère de la terre , et ainsi devant nécessairement faire tout un demi-tour pour y entrer, elles ne se détournent pas davantage en passant par cet aimant , lorsqu'il est ainsi situé , que si elles ne passoien^ que par l'air.

Ainsi on voit que les parties cannelées prennent i^a. leur cours par les pores de chaque pierre d'aimant, deux pierre»

AT 11. 19^•1 d'aimant se

en même façon que par ceux de la terre : d ou il tournent suit que lorsque deux aimants de fiffure ronde ,?'"'** ""*.".

t lautre , ainsi

sont proches l'un de l'autre , chacun d'eux se doit q«« chacune

- -, A /» se tourne vers

tourner et pencher vers 1 autre , en même façon la terre , laqu'il se pencheroit vers la terre s'il étoît seul. Car s^^*a^^ il faut remarquer qu'il y a toujours beaucoup plus de ces parties cannelées autour des pierres d'aimant qu'il n'y en a aux autres endroits de l'air, à cause

qu'après qu'elles sont sorties par l'un des côtés de Faimsfnt, la résistance qu'elles trouvent en l'air qui les environne , fait que la plupart retournent par cet air vers l'autre côté de cet aimant, par lequel elles elitrent derechef : et ainsi plusieurs deraeurant autour de lui , elles y font une espèce de tourbillon, to^t de même qu'il a été dit qu'elles font autour de la terre. De sorte que toute cette terre peut aussi être prise pour un aimant , lequel ne diffère point des autres, sinon en ce qu'il est beaucoup plus grand , et que, sur sa superficie où nous vivons, sa vertu ne paroît pas être bien forte. 1 53. Outre que deux aimants qui sont proches* se tour-

Poarquoi * ^ '■

deux aimants nent Jusques à ce que le pôle austral de l'un reran de l'autre, garde le pôle boréal de l'autre, ils s'approchent ThèrideTeur ^^ ^^ toumaut , OU bicu , après être ainsi tournés, vertu. jusques à ce qu'ils viennent à se toucher, lorsque rien n'empêche leur mouvement; car il faut remarquer que les parties cannelées passent beaucoup plus vite par les conduits de l'aimant que par l'air , dans lequel leur cours est arrêté * par le second et troisième élément , qu elles rencontrent; au lieu qu'en ces conduits elles ne se mêlent qu'avec la plus subtile matière du premier élément, laquelle augmente leur vitesse. C'est pourquoi elles continuent quelque peu en ligne droite, après être, sorties de l'aimant, avant que la résistance de l'air les puisse détourner; et si en l'espace par où elles

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vont ainsi en ligne droite , elles rencontrent les conduits d'un autre aimant qui soient disposés à les recevoir , elles entrent en cet autre aimant au lieu de se détourner , et , chassant l'air qui est entre ces deux aimants , font qu'ils s'approchent l'un de l'autre. Par exemple, les parties cannelées qui coulent dans les conduits de l'aimant marqué O % les unes de B vers A , et les autres d'A vers B , ont la force de passer outre en ligne droite des deux côtés jusqu'à R et S, avant que la résistance de l'air les contraigne de prendre leur cours de part et d'autre vers V. Et notez que tout l'espace RVS , qui contient le tourbillon que font les parties cannelées autour de cet aimant O èe nomme la sphère de son activité ou de sa vertu , et que cette sphère est d'autant plus ample qu'il est plus grand , ou du moins qu'il est plus long , parceque les parties cannelées y coulant par de plus longs conduits, ont loisir d'y acquérir la force de passer plus avant dans l'air en ligne droite ; ce qui fait que la vertu des grands aimants s'étend toujours beaucoup plus loin que celle des petits, bien que d'ailleurs elle soit quelquefois plus foible, à savoir lorsqu'il n'y a pas tant de conduits propres à recevoir les parties cannelées dans un grand aimant que dans un moindre. Or, si la sphère delà vertu de l'aimant O étoit entièrement séparée de celle de l'aimant P , qui

' Voyez planche IX , figure 6.

est TXS^ encore que les parties cannelées qui sortent de cet aimant O poussassent Tair qui est vers R et vers S comme elles font,. elles ne le chasse* , roient point pour cela des lieux où il est , à cause qu'il n'auroit point d'autre lieu où il pût aller pour éviter d'être poussé par elles , et rendre leur cours plus facile. Mais maintenant que les sphères de ces deux aimants sont tellement jointes. en S, xfae le pôle boréal de l'un regarde le pôle austral de l'autre, Jl se trouve un lieu où l'air qui e3t vers S peut se retirer , à savoir vers R et vers T , derrière ces deux aimants , en faisant qu'ils s'approchent l'un de l!autre ; car. il est évident que cela facilite le cours, des parties cannelées, auxquelles il est plus ai&é .dépasser en ligne droite xl'un aimant dans l'autre , que de faire deux tourbillons séparés autour d'eMx; et elles peuvent ainsi passer en ligne droite de l'un dans l'autre , d'autant plus aisément qu'ils sont plus proches : c'est po.urquoi elles chassent vers R et vers T l'air qui se trouve entre deux ; et cet air ainsi chassé fait avancer les deux aimants d'K et T vers Si54. IVÏais cela n'arrive que lorsque le pôle austral de

ansâqa^qie- l'uu dc CCS aimants est tourné vers le boréal de fai^J* l'autre; car, au contraire, ils se reculent et se fuient l'un l'autre lorsque ceux de leurs pôles qui se regardent sont de même vertu , et que leur situation , ou quelque autre cause , les empêche tel-

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