QUATRIÈME PARTIE
Et selon qu'un aimant ^t plus grand et plus par- 1^4. ^ bit , il lui communique une vertu plus forte, à cause reçoit plus que les parties eannelées entrant avec plus d'impé- fortiwnî^ tuosité dans ses pores renversent plus parfaitement «™*° 0^^^,.. toutes les petites branches qu'elles rencontrent en leurs r^lis , et aussi à cause que , venant en plus grande quantité toutes ensemble , elles se préparent plus grand nombre de pores ; car il est, à remarquer qu'il y a toujours beaucoup plus de tels pores jdans le fer ou l'acier, duquel toutes les parties sont métalliques , que dans l'aimant, où ces parties métalliques sont mêlées avec celles d'une pierre; et ainsi que , ne pouvant sortir en même temps que peu de parties cannelées d'un aimant foible , elles n'entrent pas en tous les pores de l'acier , mais seulacnent en ceux où il y a moins de petites branches qui leur résistent, ou bien où ces branches sont plus faciles à plier, et que les autres parties cannelées qui viennent après , ne passent que par ces mêmes pores où elles trouvent le chemin déjà ouvert, si bien que les autres* pores ne servent de rien, sinon lorsque ce fer est approché d'un aimant plus parfait , qui , envoyant vers lui plus de parties cannelées , lui donne une vertu plus forte.
Et parceque les petites branches qui avancent co^^çj^j la dans les pores du plus simple fer y peuvent fort ai- *«"« »«'^«
A ^ peut commu-
sèment être pliées , de là vient que la terre même niqner cette lui peut en un moment communiquer la vertu de
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l'aimant , encore qu'elle semble n'en avoir qu'une fort foible : de quoi l'expérience étant assez belle ^ je mettrai ici le moyen de la faire. On prend an morceau de simple fer, quel qu'il soit , pourvu tjue sa figure soit longue çt qu'il n'ait point encore en soi aucune vertu 'd'aimant qui soit notable ; on baisse un peu l'un de ses bouts plus que l'autre vers la terre , puis , les tenant tous deux également distants de l'horizon , on approche une boussole de celui qui a été baissé le dernier , et l'aiguille de cette boussole tourne vers lui le même côté qu'elle a coutume de tourner vers le sud; puis, haussant quelque peu le même bout de ce fer, et le remet>» tant incontinent parallèle à l'horizon proche de Ja même boussole, on voit que l'aiguille lui présente son autre côté ; et si on le hausse et baisse ainsi f^usieurs fois , on trouve toujours en ces régions septentrionales que le côté que l'aiguille a coutume de tourner vers le sud se. tourne vers le bout du ter qui a été baissé le dernier ^ et^ que celui qu'elle a coutume de tourner vers le nord se tourne contretle bout du fer qui a été haussé le dernier; ce qui montre que la seule situation qu'on lui donne au regard de la terre lui communique la vertu de £atire ainsi tourner cette aiguille; et on le peut hausser et baisser si adroitement, que ceux qui le voient, ne pouvant remarquer la cause qui lui change si subitement sa vertu , ont occasion de l'admirer.