QUATRIÈME PARTIE
Mais on peut ici demander pourquoi la terre, qui ^ ï66. est un fort grand aimanty a moins de vertu que n'en qoe de fort
.j.. -1 . 15- M. • M. ' petites pierres
ont ordinairement les pierres d aimant, qui sont m- ^'aimant pacomparablement plus petites. A quoi ie réponds roissent sou-
r r r a j r vent avoir
que mon opinion est qu'elle en a beaucoup davan- plus de force tage en là seconde région , en laquelle j'ai dit ci- terre. dessus qu'il y a quantité de pores par où les parties cannelées prennent leur cours , mais que la plupart de ces parties cannelées , après être sorties par l'un des côtés de cette seconde région, retournent vers l'autre par la plus basse partie de la troisième région d'où viennent les métaux, en laquelle il y a aussi beaucoup de tels pores ^ ce qui est cause qu'elles ne viennent qu'en fort petit nombre jusques à cette superficie de la terre où nous habitons ; car je crois que les entrées et serties des porcs par où elles passent sont tournées en cette troisième région de la terre tout autrement qu'en la seconde , en sorte que les parties cannelées qui viennent du sud vers le nord par les pores de cette seconde région, retournent du nord vers le sud par la troisième, en passant presque toutes par son plus bas étage , et aussi par les mines d'aimant et de fer, à cause qu'elles y trouvent des pores commodes ; ce qui fait qu'il n'en reste que fort peu qui s'efforcent de passer par l'air et par les autres corps proches de nous , où il n'y a point de tels pores : de quoi on peut examiner la vérité par l'expérience;
car, si ce que j'en écris est vrai , le même côté de l'aimant qui regarde le nord pendant qu'il est encore joint à la mine se doit toujours tourner de soi-même vers le nord après qu'il en est séparé et qu'on le laisse librement flotter sur l'eau , sans qu'il soit proche d'aucun autre aimant que de la terre. Et Gilbert, qui a découvert le premier que toute la terre est un aimant , et qui /en a très curieusement examiné les vertus , asstœe qu'il a éprouvé que cela est. Il est vrai que quelques autres disent aussi qu'ils ont éprouvé le contraire; mais peut-être qu'ils se sont trompés, en faisant flotter l'aimant dans le lieu même d'où ils l'a voient coupé, pour voir s'il changèroit de situation, et que lors véritablement il l'a changée , à cause que le reste de la mine dont on l'avoit séparé étoit aussi un aimant, suivant ce qui a été dit en l'article 1 55 ; au lieu que , pour bien faire cette expérience , il faut après avoir remarqué quels sont les côtés de l'aimant qui regardent le nord et le sud pendant qu'il est joint à la mine, le tirer tout-à-fait hors de là, et ne le tenir proche d'aucun autre aimant que de la terre pour voir ver^ où ses mêmes côtés se tourneront, 167. .Or, d'autant que le fer ou l'acier qui est de fi-
^]2^^^ ?*• gnre longue reçoit toujours la vertu de l'aimant mantées ont suivaut sa lougucur , cucorc qu'il lui soit appliqué
toujours les ., . i • -ii
pôles de leur eu un autTC seus, il cst Certain que les aiguilles ^extré^té^" ahnantées doivent toujours avoir les pôles de leur
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vertu précisément en leurs deux bouts , et les tourner vers les mêmes côtés qu'un aimant parfaite^ ment sphérique tourneroit ses pôles s'il étoit aux mêmes endroits de la terre où elles sont.
Et parcequ'on peut beaucoup plus aisément p^ '^^' ^^ observer vers quel côté se tourne la pointe d'une poics de rai-
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aigmiJe, que vers lequel se tourne le pôle dune tournent pas pierre ronde , on a découvert par le moyen ide ^^^t^^n ces aiguilles . que l'aimant ne tourne pas toujours i««P«^dcia ses pôles exactement vers les pôles de la terre, mais qu'il les en détourne ordinairement quelque peu , et quelquefois plus , quelquefois moins , selon les divers pays où l'on le porte. De quoi la raison doit être attribuée aux inégalités qui sont en là superficie de la terre, ainsi que Gilbert a fort bien remarqué : car il est évident qu'il y a des endroits en cette terre où il y a plus d'aimant ou de fer que dans le reste , et que par conséquent les parties cannelées qui sortent de la terre intérieure vont en plus grande quantité vers ces endroits-là que vers les autres , ce qui fait qu'elles se détournent souvent du chemin qu'elles prendroient si tous les endroits de la terre étoient semblables ; et parcequ'il n'y a rien que ces parties cannetées qui fassent tourner çà ou là les pôles de l'aimant, ils doivent suivre toutes les variations de leur cours : ce qui peut être confirmé par l'expérience, si on met une fort petite aiguille d'acier sur une assez
grosse pierre d'aimant qui ne soit pa^ ronde , car on verra que les bouts de cette aiguille ne se tourneront pas toujours exactement vers les mêmes points de celte pierre, mais qu'ils s'en détourneront diversement suivant les inégalités de sa figure. £t, bien que les inégalités qui paroissent en la superficie de la terre ne soient pas fort grandes à raison de toute la grosseur de son corps , elles ne laissent pas de l'être assez à raison des divers endroits de cette superficie pour y causer la variation des pôles de l'aimant qu'on y observe. 169. Il y eu a qui disent que cette variation n'est pas
cette^ria- seulement différente aux différents endroits de la ch^^^errvec ^^^^ f Tùsàs qu'elle peut aussi changer avec le
le temps en tcmps cu uu même lieu , en sorte que celle qq'on
uo même en- , . i, ,
droit de la obscrvc maintenant en certains lieux ne s accorde **"** pas avec celle qu'on y a observée au siècle passé: ce qui ne me semble nullement étrange, en considérant qu'elle ne dépend que de la quantité du fer et de l'aimant qui se trouve plus ou moins grande vers l'un des côtés de ces lieux-là que vers l'autre, non seulement à cause que les hommes tirent continuellement du fer de certains endroits^ dé la terre et le transportent en d'autres , majs princi7 paiement aussi à cause qu'il y a eu autrefois des mines de fer en des lieux où il n'y en a plus , parcequ'elles s'y sont corrompues avec le temps; et qu'il y en a maintenant en d'autres où il n'y en
mant.