QUATRIÈME PARTIE. . J^8l
point en même façon à faire approcher celui dont elle est tant soit peu séparée , ni même à le soutenir quand il y a quelque chose entre lui et elle , encore que ce ne fut qu'une feuille de papier fort déliée : car cela montre que la force de l'armure ne consiste en autre chose, sinon en ce qu'elle touche le fer d'autre façon que ne peut faire l'aimant : à savoir, parceque cette armure est de fer, tous ses pores se rencontrent vis-à-vis du fer qu'elle soutient, et les parties cannelées , qui passent de l'un en l'autre de ces fers^, chassent tout l'air qui est entre deux, faisant par ce moyen que leurs superficies se touchent immédiatement, et c'est en cette sorte d'attouchement que consiste la plus forte haison qui puisse joindre deux corps l'un à l'autre , ainsi qu'il a été prouvé ci-dessus : mais, à cause de la matière non métallique qui a coutume d'être en l'aimant , ses pores ne peuvent ainsi se rencontrer justement vis-à-vis de ceux du fer, c'est pourquoi les parties cannelées qui sortent de l'un ne peuvent entçer en l'autre qu'en coulant quelque peu de biais entre leurs superficies; et ainsi, encore qu'elles les fassent approcher l'un de l'autre , elles empêchent néanmoins qu'ils ne se touchent tout-à-fait, à cause qu'elles retiennent entre deux autant d'espace qu'il leur en Éiut pour couler ainsi de biais des pores de l'un en ceux de l'autre.