‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 4)Chapitre 48 sur 241 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

dont il auroit eu connoissance , et par conséquent qu'il ne sauroit subsister par aucun autre que par celui qui possède en effet toutes ces perfections, c'est-à-dire qui est Dieu.

Je ne crois pas que l'un puisse douter de la vé- ^*- ,

, ' Qo^e la seule

rite de cette démonstration , pourvu qu'on prenne durée de nogarde à la nature du temps , ou de la durée de notre pour démonvie ; car, étant telle que ses parties ne dépendent ^^""^ ^^^ ^^"^ point les unes des autres et n'existent jamais en* semble, de ce que nous sommes maintenant, il ne s'ensuit pas nécessairement que nous soyons un moment après , si quelque cause , à savoir la mehie qui nous a produits , ne continue à nous produire , c'est-à-dire ne nous conserve. Et nous connoissons aisément qu'il n'y a point de force en nous par laquelle nous puissions subsister ou nous conserver un seul moment , et que celui qui a tant de puissance qu'il nous fait subsister hors de lui efqui nous conserve , doit se conserver soi-même , ou plutôt n'a besoin d'être conservé par qui que ce soit, et enfin qu'il est Dieu.

Nous recevons encore cet avantage , en prou-

vaut de cette sorte l'existence de Dieu , que nous ^f^^ *'®""

* noissant qu*ll

connoissons par même moyen ce qu'il est , autant y « «n Dieu que le permet la foiblesse de notre nature. Car, cxpUq'ué^on faisant réflexion sur l'idée que nous avons natu- !!?.!?!!- '^

* ïouo ses attn—

rellement de lui, nous voyons qu'il est éternel, ^°^*» «'»*■«

. ' qu'ils peuvent

tout-connoissant, tout - pmssant , source de toute être connus

par la seule bonté et vérité , créateur d^ toutes cbosas , et qu'en-

lumière na- ^ / ^ ■"■

tureiie. fin jl a çu soi tout ce en quoi nous pouvons recon-

noître quelque perfection infinie , ou bien qui n'est

bornée d'aucune imperfection.

Que Dieu Cai* îi y a des chosee dans le monde qui sont

cororef^e^t ''i^Wtées , et en quelque façon imparfaites , encore

neconnoît que uous. rcuiaf quions en elles quelques perfec-

point par l'ai- . • / ^ vi »

de des sens tions; mais nous concevons aisément quU nest

€t nCt po^nt P^^ possible qu'aucunes de celles-là soient en Dieu:

auteur du pé- ^insi , parccquc l'extension constitue la nature du

corps, et que ce qui est étendu peut être divisé

en plusieurs parties, et que cela marque du dé&ut,

nous concluons que Dieu n'est point un corps. Et

bien que ce soit un avantage aux hommes d'avoir

des sens , Ujéanmoins, à cause que les sentiments

se font en noujs par des impressions qui viennent

d'ailleurs , et que cela témoigne de la dépendance ,

nous concluons aussi que Dieu n'en a point , mais

qu'il entend et veut, non pas encore comme nous

par des opérations aucunement différentes , mais

que toujours par une même et très simple action

il entend, veut et fait tout^ c'est-à-dire toutes les

choses qui sont en effet ; car il ne veut point la

malLce du péché , parcequ'elle n'est rien.

Qu'après Après avoir ainsi connu que Dieu existe, et

avok connu q^'jj ^^ l'auteuT dé tout ce qui est ou qui peut

qoeDieuest, » T. T. r

gpwr passer à être , uous suivrous sans doute la meilleure mé-

la CQDUois-

890Ù6 dM thode dont on se puisse servir pour découvrir la

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vérité, si, de la connoissance que nous avons de créatures, ii

se faut 9on-

sa, nature , uous passons à l'explication des choses venir que no-

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