De plus, lorsque nous faisons réflexion sur les
que nous cou- divcrscs idées qui sont en nous , il est aisé d'aper-
r;2fZ cevoir qu'il n'y a pas beaucoup de diflférence en-
en une chose, jj*^ gj]^ ^jj jj^uj; qy^ nous ics considérotts sim-
d'aatant de- ^ .
vons-iwus plement comme les dépendances de notre âme ou
croire que sa i . , • 9*1 1
cause doit "^ uotTC peusce, mais qu il y en a beaucoup en tant aussi être plus g^^ Tune représente une chose, et l'autre une
parfaite. J- r '
autre ; et même que leur cause doit être d'autant plus parfaite que ce qu'elles représentent de leur objet a plus de perfection^ Car tout ainsi que , lorsqu'on nous dit que quelqu'un a l'idée d'une madnne où il y a beaucoup d'artifice, nous avons raison de nous enquérir comment il a pu atpoîr cette idée , à savoir s'il a vu qu^que part une telle machine faite par un autre , ou s'il a appris la science des mécaniques^ ou s'il est avantagé d'une telle vivacité d'esprit que de lui-même il ait pu l'inventer sans avoir rien vu de semblable ailleurs , k . cause que tout l'artifice qui est représenté dans l'idée qu'a cet homme , ainsi que dans un tableau , doit être en sa première et princîpak cause , non pas seulement par imitartion , mais en effet de la même sorte ou d'une façon encore plus éminente qu'il n'est représenté. *
i8- De même, parceque nous trouvons en nousl'i-
Qu'on peut 1 / ■■, 19 a r •
derechef de- dec d un Dîeu , OU d un être tout partait , nous
PRaEMliRE PARTIE. 76
pouvons rechercher la cause qui fait que cette idée montrer par est en nous ; mais, après avoir considéré avec atten- «n Dieu. tion coinlnen sont immenses les perfections qu'elle nous représente, nous sommes ^^ontraints d'avouer que nous ne saurions la tenir que d'un être très parfait , c'est-à-dire d'un Dieu , qui est véritablement ou qui existe , parcequ'il est non seulement . manifeste par la lumière naturelle que le néant ne peut être auteur de quoi que ce soit, et que le plus f^arfait ne sauroit être une euite et une dé* pendance du moins parfait , mais aussi parceque nous voyons, par le moyen de cette même lumière, qu'il est impossible que nous ayons l'idée ou l'image de quoi que ce soit, s'il n'y a en nous Qu ailleurs un original qui comprenne en tljSÊt toutes les perfections qui lious sont ainsi rep^sentées : mais comme nous savons que nous sommes sujets à beaucoup de défauts , et que nous ne possédons, pas ces extrêmes perfections dont nous avons l'idée , nous devons conclure qu'elles sont en quelque nature qui est différente de la nôtre., et en efiFet très parfaite, c'est-à-dire qui est Dieu, ou du moins qu'elles ont été autrefois en cette chose, et il suit de ce qu'elles étoient infinies qu'elles y sont encore. '
Je ne vois point en cela de difficulté pour ceux 19-
* ■ ^ ^ Qu'encore
qui ont accoutumé leur esprit à la -contemplation/ que nous ne de la Wvinité , et qui ont pris garde à Ses perfections ^'pl^ touTce*
nousions si clairement comme ses
qui est en infiiiies : Car encore que nous ne les comprenions
Dieu, il n'y a
rien toutefois pas , parceque la nature de l'infini est telle que
que nous con- j //»• 1 •. j
des pensées finies ne le sauroient comprendre, nous les concevons néanmoins plus clairement et perfections, plus distinctement que les choses matérielles, à cause qu'étant plus simples et n'étant point limic * tées, ce que nous en concevofns est beaucoup moins confiis. Aussi il n'y a point de spéculation qui puisse plus aider à perfectionner notre entendement , et qui soit plus importante que celle-ci j^ d'autant que la considération d'un objet qui n'a point de bornes en ses perfections, nous combie de satisfaction et d'assurance.
î»o. Mais tout le monde n'y prend pas garde comme
Que nous ^^e,-, ^ m. l o
sommes pas la ^Mut; et parccque nous savons asse^, lorsque
cause de nous-
ri
même, mais ^^^ avoiis uue idée de quelque machine ou il y a
^c c'est beaucoup d'artifice , la façon dont pous l'avons
par consé- eue, ct quc uous HC saurfous nous souvenir de
qucntilyaun ^ jr-j, « t\-
Dieu. même quand 1 idée que nous avons d un Dieu nous a été communiquée de Dieu , à cause qu'elle a toujours été en nous , il faut que nous &ssions en* core cette revue, et ,que nous recherchions quel est donc l'auteur de notre âme ou de notre pensée, qui a en soi l'idée des perfections infinies qui sont en Dieu , parcequ'il est évident que ce qui connoît quelque chose de plus par&it que soi ne s'est point donné l'être, à cause que par même moyen il se seroit donné toutes les perfections