T tre esprit
croire, eneore que nous ne les entendions peutêtre pas bien clairement. Car nous ne devons point trouvw étrange qu'il y ait en sa nature, qui est immense, et en ce qu'il a fait, beaucoup de choses qui surpassent la capacité de notre esprit.
Ainsi nous ne nous embarrasserons jamais dans q^-^^^ fam les disputes de l'infini ; d'autant qu'il seroit ridi- p^^"* *^^^«^
* ^ ^ ■*• -de compren-
cule que nous, qui sommes finis, entreprissions dre l'infini,
d* 1 , , . 1 1 . mais seule-
en déterminer quelque chose, et par ce moyen ment penser
le supposer fini en tâchant de le comprendre; v^^}^^^"^^^
c'est pourquoi nous ne nous soucierons pas de ré- trouvons au^
u % 1*1 cunes bornes
pondre à ceux qui demandent si la moitié d'une est indéfini.
8o LES PRIK€arP£S DE LA PHILOSOPHIE.
ligne infinie est infinie , et si le nombre infini est pair ou non pair, et autres choses semblables , à cause qu'il n'y a que ceux qui s'imaginent que leur esprit est infini qui semblent devoir examiner telles difficultés. Et pour nous , en voyant des choses* dans lesquelles, selon certains sens, nous ne remarquons point de limites, nous n'assurerons pas pour cela qu'elles soient infinies, mais nous les estimarons seulement indéfinies. Ainsi , parceque nous ne saurions imaginer une étendue- si grande que nous. ne concevions en même temps qu'il y en peut avoir une plus grande , nous dirons que l'étendue des choses possibles est indéfinie; et parcequ op ne sauroit diviser un corps en des parties si petites que chacune de ces parties ne puisse être divisée en d'autres plus petites, nous penserons que la quantité peut être divisée en des parties dont le nombre est indéfini ; et paroeque nous ne saurions imaginer tant d'étoiles que Dieu n'en puisse créer davantage , nous supposerons que leur nombre est indéfini , et ainsi du reste.
OueiîJ diffé- "^^ nous appellerons ces choses indéfinies plutôt rence il y a qu'infinies , afin de réserver à Dieu seul le nom
entre indéfini ,,./». ^ ' i
et infini. d iimm ; tant à cause que nous ne remarquons point de bornes en ses perfections , comme aussi à cause que nous sommes très assurés qu'il n'y en peut avoir. Pour ce qui est des autres choses, nous savons qu'elles ne sont pas ainsi absolument par-