PR£MI£R£ PARTIE
sonne qui veuille expressément se méprendre , il ne s'en trouve presque pas un qui ne veuille donder son consenteipent à des choses qu'il ne connoît pas distinctement : et même il arrive souvent que c'est le désir de connoître la vérité qui fait que ceux qui ne savent pas l'ordre qu'il faut tenir pour la rechercher manquent de la trouver et se trompent , à cause qu'il les incite à précipiter leurs jugements, et à prendre des choses pour vraies , desquelles ils n'ont pas assez de connoissance.
Mais il est certain que nous ne prendrons jamais ^ ^^'
* ir # Que nous ne
le Êiux pour le vrai tant que nous ne jugerons que ««nrions faude ce que nous apercevcms clairement et distincte^ géant que des ment ; parceque Dieu n'étant point trompeur , la nou?!iper'^efoculté de connoître qu'il nous a donnée ne sau- ^^^'^ *^^'ff"
' ment et dis-
roit faillir, ni même la faculté de vouloir, lorsque tinctoment. nous né l'étendons point au-delà de ce que nous connoissons. Et quand même cette vérité n'auroit pas été démontrée , nous sommes naturellement si enclins à donner notre consentement aux choses que nmis apercevons manifestement, que nous n'en saurions douter pendant que nous les apercevons de la sorte*
Il est aussi très certain que toutes les fois que 44-
. . I , Que nous ne
nous approuvons quelque raison dont nous n avons saurions qne pas une connoissance bien exacte, ou que nous ^"^q^^^^non! nous trompons, ou si nous trouvons la vérité, n'apercevons
* pas claire-
comme ce n'est que par hasard, que nous ne sau- ment, bien
go I^ES PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE.
que notre ju- rioHS être assurés de l'avoir rencontrée, et ne sau-
gement puisse ...
être vrai, et Tions savoir Certainement que nous ne nous trom-
qnè c'est sonvent notre
pons point. J'avoue qu'il arrive -rarement que nous
nous trompe.
mémoire qui j^^giôns d'uue cfaose en même temps que nous re-
marquons que nous ne la connoissons pas assez distinctement; à cause que la raison naturellement nous dicte que nous ne devons jamais juger de rien que de ce que nous connoissons distinctement auparavant que de juger. Mais nous nous trompons souvent, parceque nous présumons avoir autrefois connu plusieurs choses, et que tout aussitôt qu'il nous en souvient nous y donnons notre consentement, de même que si nous les avions suffisamment examinées, bien qu'en effet nous n'en ayons jamais eu une connoissance bien^exacte. 45. Il y a même des personnes qui en toute leur vie
Ce que c'est . , .1 r
qu'une per- H apcrçoiveut rien comme il faut pour en bien ju- *ef^tinct^** S^'' î ^^^ ^^ connoissance sur laquelle on peut établir un jugement indubitable doit être non feulement claire, mais aussi distincte. J'appelle claire celle qui est présente et manifeste à un esprit attentif; de même que nous disons voir clairement les objets , lorsqu'étant présents à nos yeux ils agissent assez fort sur eux , et qu'ils^ sont disposés à les regarder ; et distincte , celle qui est tellement précise et différente de toutes les autres , qu'elle ne comprend en soi que ce qui paroit manifestement à celui qui la considère comme il faut.