‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 4)Chapitre 57 sur 241 · PREMIÈRE PARTIE. 9I · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. 9I

Par exemple , lorsque quelqu'un sent une dou- 46.

r y T. n ^ ^ Qu'eUepcut

leur cuisante , la connoissance qu il a de cette don- être claire leur est claire à son égard, et n'est pas pour cela *^cte,mais toujours distinct^ parcequ'il la confond ordinai- ^^'^^^^' rement avec le fa«c jugement qu'il fait sur la nature de ce qu'il pense être en la partie blessée, qu'il croit être semblable à l'idée ou au sentiment de la douleur qui est en sa pensée , encore qu'il n'aperçoive rien clairement que le sentiment ou la pensée confuse qui est en lui. Ainsi la connoissance peut quelquefois être claire sans être distincte; mais elle ne peut jamais être distincte qu'elle ne soit claire par même moyen.

Or, pendant nos premières années , notre âme Que^^ôter ou notre pensée étoit si fort offusquée du corps, i«» p^^éi'^g®»

^ -^ * de notre en-

qu'dle ne coimoissoit rien distinctement , bien fonce ji faut qu'elle aperçût plusieurs choses assez clairement ; qu'a y a de et parcequ'elle ne laissoit pas de faire cependant ^J^ X t^s une réflexion telle quelle sur les choses qui se pré- premières <

^ ■■• j. r notions.

sentoient , et d'en juger témérairement , nous avons rempli notre mémoire de beaucoup de préjugés , dont nous n'entreprenons presque jamais de nous délivrer, encore qu'il soit très certain que nous ne saurions autrement les bien examiner. Mais , afin que nous puissions maintenant nous en délivrer sans beaucoup de peine, je ferai ici un dénombrement de toutes les notions simples qui composent nos pensées, et séparerai ce qu'il y a de clair en

9^ LES PRINCIPES i>£ LA PHILOSOPHIE.

chacuue d'elles, et ce qu'il y a d'obscur, ou en quoi nous pouvons faillir.

^^' Je distinfi[u^ tout ce qui totnbe sous notre con-

Qae tout ce *^ -^

dont nous noîssancc en deux genres: le premier contient

que nodon toutcalcs choscs qui ont quelqu^xistence, et l'au-

"^ommTunr *^^ toutes Ics vérités qui ne sont rien hors de notre

chose ou pensée. Touchant les choses, nous avons première-

comme une

vérité ; et le tncut Certaines notions générales qui se peuvent

dénombre- ^ . • n

ment des rapporter a toutes, a savoir celles que nous avons choses. jg 1^ substance , de la durée ^ de l'ordre et du nombre , et peut-être aussi quelques autres : puis nous en avons aussi de plus particulières, qui servent à. les distinguer. Et la principale distinction que je remarque entre toutes les choses créées est que les unes sont intellectuelles , c'est-à-dire sont des substances intelligentes, ou bien des propriétés qui appartiennent à ces substances ; et les autres sont corporelles y c'est-à-dire sont des corps , ou bien des propriétés qui appartiennent au corps^ Ainsi l'entendement, la volonté , et toutes les façons de connoître et de vouloir, appartiennent à la substance qui penjse; la grandeur, ou l'étendue ^n longueur, largeur. et profondeur, la figure, le mouvement , la situation des parties , et la disposition qu'elles ont à être divisées , / et telles autres propriétés , se rapportent au corps. Il y a encore outre cela, certaines choses que nous expérimentons en nous - mêmes qui ne doivent point être

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