PREMIÈRE PARTIE. IO
consid^ons comme les propr^és des substances dont elles dt^ndent, nous les distinguons aisé-* ment dé €es substances , et les prenons pour telles . qu'elles sont vécitablement : au lieu que si nous voulions les considérer sans substance, cela pour- -»
roit être cause que nous les prendrions pour des choses qtû subsistent d'eUes-memes ; en soite que nous confondrions Fidée que nous devons avoir de la substance avec celle que nous devons avoil^ de ses propiiétési*
Nous pouvons aussi concevoir fort distinctement ^'•
^ ^ Comment om
plusieurs diverses façons de priser, comme enten- conçoit aussi
, !.. • ^ -^ 1 • !• leurs diverse»
dre , vouloir, imaginer, ^c. ; et plusieurs diverses propriétés ou façons d'étendue , ou qui appartiennent à Féten- «^^nbuts. due, comme généralement toiites les figures, la situation des parties et leurs mouvements , pourvu que nous les considérions simplement comme des dépendances des substances où elles sont ; et quant à ce qui est du mouvement, pourvu que nous pensions -seulement à celui qui se £aiit d'un lieu en un autre, Sâens t'eehefche^ la force qui le produit , laquelle tohte^Dis j'essaierai de faire connoître lors» qu'il en sera temps»
il ne reste plus que les sentiments , les affections ^^-
r Que nous
et les appétits , desquels nous pouvons avoir aussi «vobb «issi mie ccnnoissance claire et distincte , pourvu» que di^â^Tde nous prenions garde à ne comprendre dans les ^^ *f ^'
* o r ments, de nos
jugements que tious en ferons que ce que nous affections et
1 08 LES PRIPTCtPESi 1>£ LA PHILOSOPHIE.
de nos appé- coniioitrons précisément par la clarté de notre per-
tits,bienqne *• * i * i •
souvent nons ceptioïi , et ciont nous sêrons assures .^r la raison. ^m^^ivL- ^^^ ïï ^st malaisé d'user cofithmellement d'une gements que jelle précaution , au moins à l'égard de nos sentifaiituw. ments , à cause que nous< avons cru des le commencement de notre vie que toutes les choses que nous sentions avoient une existence hors de notre pensée , et qu'elles étoient entièrement semWaWes aux sentiments ou aux idées que nous avions à leur occasion. Ainsi lorsque nous avons vu , par exemple , une certaine couleur , nous avons cnî voir une chose qui subsistoit hors de nous , et qui étoit semblable à l'idée que nous avions. Or nous avons ainsi jugé en tant de rencontres, et il nous a semblé voir cela si clairement et si distinctement, à cause que nous étions accoutumés à juger de la sorte, qu'on ne doit pas trouver étrange que quel- -ques uns demeurent ensuite tellement persuadés de ce faux préjugé qu'ils ne puissent pas même se résoudre à en douter.