‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 4)Chapitre 62 sur 241 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

qui font que nous avjoos .de» pensées diverses d'une même chose, tels<jue sont par exemf)lé l'étendue du corps et sa propriété d'être divisible en plusieurs parties, ne diffèrent du corps qui nous sert d'objet, et réciproquement l'un de l'autre, qu'à cause que nous pensons quelquefois confusément à l'un sans penser à l'autre. Il* me souvient d'avoir mêlé la distinction qui se fait par la pensée avec la modale, sur la fin des réponses que j'ai faites 'aux premières objections qui m'ont été. envoyées sur les Méditations de ma métaphysique ; mais cela ne répugne point à ce que j'écris ici , parceque, n'ayant pas dessein de traiter pour lors fort amplement de cette matière, il me sufBsoit de les distinguer toutes deux de la réelle.

Nous pouvons aussi considérer la pensée et l'é- 63. tendue comme les choses principales qui consti- ^"J™*'^* ^«^

r r ^ peut avoir des

tuent la nature de la substance intelligente et cor- notions disporelle; et alors nous ne devons point les conce- l'extemion et voir autrement que comme la substance même qui en ta^*^^' pense et qui est étendue, c'est-à-dire comme l'âme ^''"'^^ '^°'*'"

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et le corps; car nous les connoissons en cette sorte ^^ «orps, et

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très clairement et très distinctement. Il est même de rame. plus aisé de connoître une substance qui pense ou une substance étendue que la substance toute seule, laissant à part si elle pense ou si elle est étendue; parcequ*il y a quelque difficulté à séparer la notion que ncrns avons de la substance de celle

1 06 LES PRINCIFES B£ hh PHILO^PHIE.

que nous avons de^ 1^ peitsée ^t de l'étendue : car dles ne diffèrent de la s^stance que par cela seul que nous consjdérqns quelqu^is la pensée ou l'étendue sans faire réflexion sur la chose même qui pense ou qui est étendue* Et notre conception n'est pas plus distincte parcequ'elle comprend peu de choses , mais parceque nous discernons soigneu* sèment ce qu elle comprend, et que nous prenons garde à ne le point confondre avec d'autres notions qui la rendrolent plus obscure.

Comment on Nous, pouvons consldércr aussi la pensép.et l'épcm aussi le» tcuduc commc dcs ipodcs ou des façons diffé-

concevoii* , •

distinctement rentcs qui sc troUYCut en la substance; cest^-dire

enles prenant i • 1/ 9 a a

ponr des mo- ^}^^ lorsquc uous considérous qu une même ame des on attri- p^^j ^voir plusicurs divcrscs pensées , et qu'un substances, même corps avec sa même grandeui: peut être étendu en plusieurs &çons, tantôt plus en Ion-* gueur et moins en largeur ou en profondeur^ et quf^lquefois au contraire plus en largeur et t^'m» en lopgueur ; et que nous ne distinguons la, pensée et l'étendue de ce qui pense et de ce qui e^t étQnidMi que comme les dépendances d'^ne chp^. ^c^ la^ chose même dont ellçs dépendent; nous les cpnnoissons aussi clairement et aussi distinctement que leurs siibstances, pourvu que nous ne pen* sions point qu'elles subsistent d'eUes-mémes , mais qu'elles sont seulement des façons, ou des dépendances de quelques substances. Car, quand nous les

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