PREMIÈRE PARTIE. l I
bouche, et que nous nous souvenons plutôt des chonsnos
, , . ^ . . pensées à des
paroles que des choses, a peine saunons-nous con- paroles qui ne cevoir aucune chose si distinctement que nous se- ^^ *^?""*^"'
L pas exacte-
parions entièrement ce que nous concevons d'avec ™**°^les paroles qui avoient été choisies pour l'exprimer. Ainsi la plupart des hommes donnent leur attention aux paroles plutôt qu'aux choses; ce qui est cause qu'ils donnent bien souvent leur consentement à des. termes qu'ils n'entendent point , et qu'ils ne se soucient pas beaucoup d'entendre , soit parcequ'ils croient les avoir autrefois entendus, soit parcequ'il leur a semblé que ceux qui les leur ont enseignés en connoissoient la signification, et qu'ils l'ont apprise par même moyen. Et, bien que ce ne soit pas ici le li^u de traiter de cette matière , à cause que je n'ai pas enseigné quelle est la nature du corp's humain et que je n'ai pas même encore prouvé qu'il y ait au monde aucun corps, il me semble néanmoins que ce que j'en ai dit' nous pourra servir à discerner celles de nos conceptions qui sont claires et distinctes d'avec celles où il y a de la confusion et qui .nous sont inconnues.
C'est pourquoi, si nous désirons vaquer sérieu- 7 5. sèment à l'étude de la philosophie et à la recherche tom ce qu'on
I ^ , . , 111 doit observer
de toutes les ventes que nous sommes capables de pour bien
connoître , nous nous délivrerons en premier lieu P^^^^sophci . de nos préjugés , et ferons état de rejeter foutes les opinions que nous avons autrefois reçuj^s en
notre créance, jusques à ce quenous les ayons de^ rechef examinées ; nous ferons ensuite une revue sur les notions qui sont en nous , et ne recevrons pour vraies que celles qui se présenteront clairement et distinctement à notre entendement. Par ce moyen , nous connoîtrons premièrement que nous sommes , entant que notre nature est de penser, et qu'il y a un Dieu duquel nous dépendons; et après avoir considéré ses attributs nous pourrons rechercher la vérité de toutes les autres choses , parcequ'il en est la caus€[. Outre les notions que nous avons de Dieu et de notre pensée , nous trouverons aussi en nous la connoissance de beaucoup de propositions qui sont perpétuellement vraies, comme , par exemple , que le néant ne peut être l'auteur de quoi que ce soit , etc. Nous y trouverons aussi l'idée d'une nature corporelle ou étendue, qui peut être mue, divisée, etc., et des sentiments qui causent en nous certaines dispositions , comme la douleur , les couleurs , etc. ; et, comparant ce que nous venons d'ap* prendre en examinant ces choses par ordre, avec ce que nous en pensions avant que de les avoir ainsi examinées, nous nous accoutumerons à former des conceptions claires et distinctes sur tout ce que nous sommes capables de connoître. C'est en ce peu de préceptes que je pense avoir compris tous les principes les plus généraux et les plus importants de la^connoissance, humaine.
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Surtout, nous tiendrons pour règle infaillible 76que ce que Dieu a révélé est incomparablement vons préférer