SUR L£ MEME SUJET
(Letti'e 53 du tome III.)
• Du ,i3 mai i66a.
Monsieur,
C est. par l'ordre de 1 assemblée qui se tieat toutes les semaines chez M. de Montmort que je vous écth aujourd'lxui , pour vous faire une aiïiei^de honora» ble d'jtji méchant mot latin que j'ai mis dans la lettre que jemedonnairhonneurdeyousécrire il ya huit jours 9 dont je lui fis la lecture mardi dernier. Ce fut la sç^je cho^e qu'elle y trouva à redire ; et je l'a vois bien senti moi même en l'éi^rivant , aussi avois-je tâché de l'adoucir par le correctif qui le précède ; cepend£|nt nonobstant cela j'en reçus une réprimande publique , et aussitôt je me proposai de vous en fairç mes excuses au premier ordinaire , ce que je fais aujourdliui d'autant plus volontiers qu'outre que par cette soumission je vous ferai
&02 LETTHESf.
counoître Tiiigénuité de mon procédé, cela me donnera aussi occasion dé vous dire quelque chose que je fus obligé de répliquer à quelques objec* tions qui me furent faites par quelques iftis de l'assemblée , afin de rendre la pensée de M. Deseartes^ touchant la réfraction, plus claire, par un exemple familier, et qui est tout-à-fiiit propre au sujet. Si je n'avoîs point été si impatient que de vous envoyer une chose qui étoit prête il y avoit plus de quinze jours , et que l'engagement qufe y'avoism'avoît obligé de faire voir dès lors à M. de La Chambre , j'auroîs évité le reprodbe delà ocuiipagnie, et ne serois pas tombé dans cette faute» .
Mais j'eus peur qu'il me fallût encore différer plus long-temps'd'en parler à l'assem^blée, qui avoit déjà remis par deux fois la lecture que je lui en voulois faire, poiircequ^lle vouloit aussi ^aVoîr en même temps les sentiments de M. Petït, qut lui avoit fait connoîtte, dès la première fois que votre lettre parut devant elle, qu'il avoit plusieurs choses à dire, et contre ce que vous écrivez à . M. de Là Chambre , et conti'e ce que M. Descartes a écrit.
Pour moi, qui nem'étoîs pas trouvé' à l'assemblée quand votre lettre y fut lue la première fois , et qui me dispensois alors souvent de iri'y trouver, à cause de quelques affaires plus importantes qufe la détention de M; de La Haye, mon gendre, me doilr