AU R. P. MERSENNE
(Lettre ii8 du tome II.) Moir Riv^L£NI> pèRE ,
Je n'ai lu que les quinze premières pages de l ecrît que vous avez voulu que je visse , pourceque c'est seulement jusque là que vous m'avez dit que j'y étois réfuté; mais je vous avoue que je les ai admirées, en ce que je n*y ai trouvé aucune chose qui ne fût fausse, excepté celles qui se trouvent en mes écrits, et que l'auteur montre en avoir tirées, d'autant qu'il se sert de mes propres paroles pour les exprimer , et s'il en change quelques unes, comme lorsqu'il nomme l^ impression ce que je nomme la vitesse , et la direction ce que je nomme la détermination à se mouvoir vers un certain côté y cela ne sert qu'à TembrouîHêr. I/une des principales fautes est à la fin de la seconde page , où îiyant mis pour maxinie une conclusion qui est de moi , à savoir , que dans le cercle GBFI , le mobile qui vient de G vers B tend vers C, il le prouve ridiculement , en disant que la natujre ne
t Figure 4* .
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souffre rien "d'indéterminé, et qu'il n'y a point d'autre ligne que BC qui soit ici déterminée: car qui empêche de dire que le mobile ira de B vers H plutôt que vers C, vu que BH est aussi bieii déterminé que BC, et qu'on sait que le mobile tend à s'éloigner en ligne droite du centre A.
Dans la page neuvième il y a une distinction absurde entre deux sortes d'impressions; l'une par laquelle les corps sont chassés , et l'autre par laquelle ils sont attirés; car il n'y a aucune attraction telle qu'il l'imagine. Et si ce qu'il nomme l'impression est la vitesse du mouvement dans le corps qui se meut, ainsi qu'on le doit prendre pour donner quelque sens à tout ce qu'il dit, il est certain qu'il n'y en a que d'une sorte ou espèce, et qu'elle est tout de même dans l'aimant ou dans le fer que dans les autres corps.
Mais la principale de ses fautes est dans la page dixième, où il prend pour principe une chose qui est apertement fausse , ,k savoir, que si A mû vers D par une ligne perpendiculaire rencontre tobsiaele BC j il sera réfléchi en telle sorte, que s'il ne communique rien de son impression -à l'obstacle , il reviendra précisément en J , etc.; car bien que les corps pesants retournent à peu près en cette sorte lorsque leur seule pesanteur les porte directement vers le centre de la terre , c'est une chose absurde d'en faire un principe, pourceque ce n^est pas
rimpression qu'ils ont étant au poiiit D* qui les: £ût ainsi retourner, mais Faction de leur. pesanteur qui continue en eux pendant qu'ils remontent; et. le même n'arrive point quand la ligne BC n'est pas parallèle à l'horizon, ni quand le mobile est pousâê d^'A vers D par une autre force que sa seule peisanteur^ Et son absurdité parok encore mieux dans les trois pages suivantes , où , par le moyen de ce ^aux principe, il prétend démontrer la quantité des réflexions et des réfrac* tions d'une façon que l'expérience contredit évidemment. Car, par son prétendu raisonnement, en supposant que la balle qui vient d'A vers B; rencontre la superficie CEE qui lui ôte la moitié de: son impression ou de sa vitesse, il. dit que si on fait BE égal à GB, et qu'on prenne £1 égal à la moitié de A€', la, réfraction fera aller cette balle de B versl. En sotte que, de quelque gran-> deur que soit l'angle d'inddence ABH,. AG,qui est la tangente de son complément, seratouJQUcs< double de £1 , qui est 1^ tangente du complément de l'angle rompu CBI, d'où il suit que les proportions qui seront entre les sinus de ces deux angles ABS et GBI dçi veRt être (afférentes , se-^ Ion que l'angle d'inddence A£H est supposé plus grand ou plus petit,. et qii'i) ne peut être supposai
• Fignte 5: ' * . *
«'Pignre 6.
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si grand , que le mobile ne passe au-dessous de la superficie CBE. Ad lieu ifue Tei^pérîencë montre évidemment que cet angle ABH peut être si grand, que le mdbile ne passera point ffu-dessous de ceti»- superficie CBÊ, mais se réfléchira de l'autre côté; et que lorsqiïe' le mobile passé au-dessous de cette superficie, il y a toujours même proportion entre les sinu^ de Tanglë d'inddéncè et de l'angle rompu , encore que la grandeur de cet angle d'incidence , ABH, sêehange.
Ënsutee de cesbeaux raisonnements, cet auteur dit, dans la page 1 3, que j'ai manqué, en ce que, pour démontrer la réflexion, je ne me suis pas servi d'un raisonnement semblable au sien; comme ^i c'étoit une faute de n'avoir pas imité / ks fautes d'un autre. Et il montré n'avoir point de logique naturelle ; car, encore qu'il n'eût pas failli , ' il înîèreroit mal de dire que j'ai failli , pourcequéje ne me suis pas servi de son raisonnement, à dsiuse qu'on peut souvent prouver une même chose en plusieurs façons. En second lieu , il dit que, d^ns ma Dioptrique, page 20 , discours premier, je confonds la'détermination du mouvement avec la vitesse^, ce qui est très faux.' Car six
lignes auparavant je parle de la viteîsse qui se rapporte à tout le mouvement, et là je ne parle que de la détermination de gauche à droite , qui djstingue deux parties en ce mouvement. En troisième
lieu 9 il prétend , dans la page 1 4 9 reprendre ce que j'ai écrit de la réflexion qui se fait sur la superficie de l'eau , en disant que je me sers d'un raisonnement qui est différent de certaines conjectures impertinentes qu'il met là. £t dans la page i5 , il met seulement ces mots : Enfin j Af . Descartes , pages al^el z5^ etc^*^ 0U;p£tf son ^^4. il^^emtflÊ youloir faire entendra qu'il a encore beaucoup d'autres choses à reprendre en mes écrits; en quoi je ne sais si je dois plus admirer, ou son ingratitude, d'avoir tâché de me reprendre , bien qu'il n'y ait rien de passable dans tout son écrit qu'il n'ai( eu de moi ; OH sa.3tupidité^ d'avoir commis de si lourdes fautes contre le raisonuem^e^tet la sens CQïXffa\^jK^^q\x% enfin, sonarrqgance ridicule, de prétendre qvi'uo autre a lailli pour cela seul qu'il n'a pas suivi ses imaginations , comme si rien jie pouvoit être bien s'il n'est conforme à ses fantaisies*: ffiais ce que j'admire le plus, c'est que „ pai* telles impettînences et vant^ritis, il est parvenu^ quelq\jé„répujtatiQP ^,. et qu'il se trouve des hon^mes qui ikii donnent ds. l'esprit potxt apprendre de lui des choses faussas.
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