‹ Œuvres de Descartes (volume 2)Chapitre 11 sur 106 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

trois preuves de Descartes, la troisième appartient à saint Anselme : et Leibniz veut qu'on y ajoute la condition que Dieu ait une essence, c'est-à-dire qu'il soit possible ; mais Descartes, dans ses réponses aux objections, avait déjà ajouté cette condition à son raisonnement, et l'argument se trouve aussi parfait chez lui que chez Leibniz. Au fond ces trois dévnonstrations ont, dans Descartes^ le caractère commun de conclure l'existence de Dieu de l'idée même de Dieu, que nous trouvons dans notre esprit ^ et non-seulement cette manière d'argumenter est légitime, mais Descartes a raison de croire qu'elle est utile et presque nécessaire *. Toute autre démonstration de Dieu sort des vraies conditions de la science, et compromet la cause du rationalisme. Quant à la forme des arguments, peut-être l'effort que fait Descartes pour les développer, au lieu d'augmenter leur évidence, ne fait-il que les compromettre. Il semble, en effet, pour le premier argument, confondre la cause efficiente et la cause exemplaire ; et s'il est évident ru'il doit y avoir dans la cause autant de

car, encore qu'eUe ait des idées disUnctes de plusieurs autres choses, elle n'y remarque rien qui l'^issure de l'existence de leur objet; au lieu qu'elle aperçoit en celle-ci, non pas seulement une existence possible, comme dans les autres^ mais une existence absolument nécessaire et éternelle. Et ^omme, de ce qu'elle voit^qu'il est nécessairement compris dans l'idée qu'elle a du triangle que ses trois angles soient égaux à deux droits, elle se persuade absolument que le triangle a les trois angles égaux à deux droits; de même, de cela seul qu'elle aperçoit que l'existence nécessaire et éternelle çst comprise dans l'idée qu'elle a d'un être tout-parfait, elle doit conclure que cet être toutparfait est ou existe.» (Principes^ 14.)

1 « Nous recevons cet avantage en prouvant de cette sorte l'existence de Dieu, que nous connaissons par mémo moyen ce qu'il est, autant que le permet la faiblesse de notre nature. Car, faisant réflexion sur l'idée que nous avons continuellement de lui, nous voyons qu'il est éternel, tout-connaissant, tout-puissant, source de toute bonté et vérité, créateur de toutes choses, et qu'enfin il a en soi tout ce en quoi nous pouvons reconnaître quelque perfection infinie, ou bien qui n'est bornée d'aucune imperfection. » {Principes, 2S.^

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