RECUEILLIES PAR LE R. P. MERSENNE
les fantômes des corps, pour conclure que yous êtei seulement une chose qui pense y de peur qu'après cela tous ne croyiez peut-être que Ton puisse conclure qu'en effet et sans fiction vous n*êtes rien autre chose qu'un esprit ou une chose qui pense ; et c'est tout ce que nous ayond trouvé digne d'observation ton-* chant Y06 deux première^ Méditations « dans lesquelles tous faites Voir clairement qu'au moins il est certain que vous qui pen'> ses êtes quelque chose. Mais arrêtons-nous un peu ici. Jusquelà vous connaissez que vous êtes une chose qui pensé , mais vous ne savez pas encore œ que c'est que cette chose qui pense. Et que savez-vous si ce n'est point un corps qui, par ses divers mouvements et rencontres ^ fait cette action que nous appelons du nom de pensée? Car encore que vous croyiez avoir rejeté toutes sortes de corps , vous vous êtes pu tromper en cela que vous ne vous êtes pas rejeté vous-^même^ qui peut4tre êtes un corps. Car comment prouve^vous qu'un corps ne peut penser, ou que des mouvements corporels ne sont point la pensée même ? Et pourquoi tout le système de votre corps , que vous croyez avoir rejeté , ou quelques parties d'icelui , par exemple , celles du cerveau > ne pourraient-elles pas concourir à former ces sortes de mouvements que nous appelons des pensées? Je suis , dites^voas , une chose qui pense ; mais que savez*-vous si vous n*êtes point aussi un mouvement corporel ou un corps remué?
Secondement ^ de l'idée d'un Être souverain , laquelle vous soutenez ne pouvoir être produite par vous, vous osez conclure l'existence d^un souverain Être ^ « duquel seul peut procéder c l'idée qui est en votre esprit. » Ck)mme si nous ne trouvions pas en nous un fondement suffisant sur lequel seul étant appuyés nous pouvons former cette idée , quoiqu'il n'y eût point de souverain Être , ou que nous ne sussions pas s'il y en a un, et que son existence^ie nous vint pas même à la pensée ; car ne vois-je pas que moi , qui pense , j'ai quelque degré de perfection ? Et ne vois-je pas aussi que d'autres que moi ont un semblable degré ? Ce qui me sert de fondement pour penser à quelque nombre que ce soit, et ainsi pour ajouter un degré de pei> fectionàunautre jusqu'à l'infini; tout de même que, bien qu'il n'y eût au monde qu'un degré de chaleur ou de lumièœ, je pourrais néanmoins en ajouter et en feindre toujours de nouveaux iusqn'à l'hifinî. Pourquoi pareill^nent ne pourrai-je pas
iSa DEUIIËHES OBJECnonS
ajoutera qaelqu! degré d'être que j'aperçois en moi tel degré que ce soit, et, de tous les degrés capables d'être aj. former l'idée d'un être parfait t « Mais , dites-Toua , l'ef • peut avoir aucun degré de perfection ou de réalité qu a été auparavant dans sa cause. » Mais , outre que nous v tous les jours que les mouches et plusieurs autres anin comme aussi les plantes , sont produits par le soleil , la pi la terre, dans lesquels il n'y a point de Tie comme en ce maux, laquelle vie est plus noble qu'aucun autre degré ment corporel, d'où il arrive que l'effet tire quelque réal sa cause i^ui néanmoins n'était pas dans sa cause ; mais, ' cette idée n'est rien autre chose qu'un être de raison , qui pas plus noble que votre esprit qui la conçoit. De plus , q vei-vous si cette idée se fût jamais oITerte à votre esprit, s eussiez passé toute votre vie dans un désert, et non point compagnie de personnes savantes? Et ne peut-on pas dii TOUS l'avez puisée de pensées que vous avec eues aupan des enseignements, des livres, des discours et entretiens i amis, etc., et non pas de votre esprit seul ou d'un souverai existant} Et partant il faut prouver plus clairement que idée ne pourrait être en vous , s'il n'y avait point de sou' Être; et alors nous serons les premiers à nous rendre à raisonnement , et nous y donnerons tous ks mains. Or cette idée procède de ces notions anticipées, cela para semble , assez clairement de ce que les ôinadiens , les U et les autres hommes sauvages n'ont point en eux uni idée , laquelle vous pouvez même former de la connaii que vous avez des choses corporelles ; en sorte que votr ne représente rien que ce monde corporel, qui embrasse les periections que vous sauriez imaginer ; de sorte qut ne pouvez conclura autre ciioae sinon qu'il y a un être ( rel très-parfait , si ce n'est que vous ajoutiez quelque ch plus qui élève notre esprit jusqu'à la connaissance des i spirituelles ou incorporelles. Nous pouvons ici encore dii l'idée d'un ange peut être en vous aussi bien que celle être très-parfait , sans qu'il soit besoin pour cela qu'el formée en vous par un ange réellement existant, bien que soit plus parfait que vous. Mais je dis de plus que vous pas l'idée de Dieu, non plus que celle d'un nombre ou d'i gne infmie ; laquelle quand vous pourriez avoir, ce ni