‹ Œuvres de Descartes (volume 2)Chapitre 41 sur 106 · RAISONS · texte numérisé non relu

RAISONS

Qui prouvent Texistence de Dieu et la distmction qui est entre l'esprit et le corps de rhomme, disposées d'une façon géométrique.

DÉnniTio^s.

I. Par le nom de pensée, je comprends tout ce qui est tellement en nous que nous Tapercevons immédiatement par nousmêmes et en avons une connaissance intérieure : ainsi toutet les opérations de la volonté, de l'entendement, de l'imagination cl des sens sont des pensées. Mais j'ai ajouté immédiatement pour exclure les choses qui suivent et dépendent de nos pensjes : pai exemple, le mouvement volontaire a bien à la vérité

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La sjnlh^e, au contraire, par une voie tonte diflën comme en examinant les causes par leurs efFets, bien preuve qu'elle contient soit Bourent aussi des effets par •68, démontre k la vérité clairement ee qui est contenu conclusions, et se sert d'une longue luite de définitions, mandes, d'axiomes, de théorèmes et de problèmes^ afin on lui en nie quelques conséquences, elle fasse veli ment elles sont contenues dans les antécédents, et qu'el che le consentement du lecteur, tant obstiné et opiniât puisse être ; mais elle ne donne pas comme l'autnt une satisraction à l'esprit de ceux qui désirent d'apprendre qu'elle n'ense^ne pas la méthode par laquelle la cbos inventée.

Les anciens géomètres avaient coutume de se serv lement de cette synthèse dans leurs écrits : non qu'il raasent entièrement l'inalyset mais à mon avis parce qi faisaient tant d'état qu'ils la réservaient pour eux seuls m secret d'importance.

Pour moi, j'ai suivi seulement la vtiic analjtique da Méditations, pour ce qu'elle me semble être la plus vra plus propre pour enseignerimaisquantà la synthèse, 1 sans doute est celle que vous désirez de mol, encore qii chant les choses qui se traitent en la géométrie, elle pili lement êlre mise après l'analyse, die ne convient pas t< si bien aux matières qui appartiennent à la métaphysiq U y a cette différence que les premières notions qui Bo posées pour démontrer les propositions géométriques, a It convenance avec les sens, sont reçues ikcilement d't cun ; c'est pourquoi il n'y a point là de difQculté, sinon tirer les conséquences, ce qui se peut faire par toutes si pei-sonncsj mÈme par les moins attentives, pourvu seu qu'elles se ressouviennent des choses précédentes ; et oblige aisément à s'en souvenir en distinguant autant d« ses propositions qu'il y a de choses h remarquer dans I culte proposée, afin qu'elles s'ai-rêtent séparément sur cl et qu'on les leur puisse citer par après pour les avertir d auxquelles elles doivent penser. Mais, au contraire, te les (questions qui appai tiennent ù la métaphysique, la pri difficulté est de concevoir clairement et distinctement 1 liisres notions. Car, encore que de leur nature elles n<

pas moins claires, et même que souvent elles soient plus claires que celles qui sont considérées par les géomètres, néanmoins, d'autant qu'elles semblent ne s'accorder pas avec plusieurs préjugés que nous avons reçus par les sens, et auxquels nous sommes accoutumés dès notre enfance, elles ne sont parfaitement comprises que par ceux qui sont fort attentifs et qui s'étudient à détacher autant qu'ils peuvent leur esprit du commerce des sens; c'est pourquoi, si on les proposait toutes seules, elles seraient aisément niées par ceux qui ont l'esprit porté à la contradiction. Et c'est ce qui a été la cause que j'ai plutôt écrit des Méditations que des disputes ou des questions, comme font les philosophes, ou bien des théorèmes ou des problèmes, comme les géomètres, afin de témoigner par là que je n'ai écrit que pour ceux qui se voudront donner la peine de méditer avec moi sérieusement et considérer les choses avec attention. Car, tle cela même que quelqu'un se prépare à combattre la vérité, il se rend moins propre à la comprendre, d'autant qu'.'l détourne son esprit 4- la considération des raisons qui la persuadent pour l'appliquer à la recherche de celles qui la détruisent. Mais néanmoins, pour témoigner combien je défère à votre conseil, je tâcherai ici d'imiter la synthèse des géomètres, et y ferai qn abrégé des principales raisons dont j'ai usé pour démontrer l'existence de Dieu et la distinction qui est entre Tesprit et le corps humain : ce qui ne servira peut-être pas peu pour soulager Pattention des lecteurs.

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