MÉDITATION
Je ne m'arrête point ici sur ce que vous dites qi losea matérielles peuvent exister en tant qu'on les ïre comme l'objet des mathématiques piu^s, » q
aNtnmm obUotiom; M choses matéiiellei loieiit l'ol^iel da* mtth^ lëet, et que celui des purea ra&lbématiquei, cou ligne, la superàcie, et tes initiTisibles qui eu i le puisKDl avoir aucune existiitice rdellc. Je m int sur ca que voua « distiugutt derechef ici l'i fe l'inuUection OQ coneeption pure; ■ car, cod narqué auparaTont, oei deux opérations teml) ma d'une même lk(»illé ) et s'ilyaaotreeUeaq se, ce os peut être que aeion le iilui et la moi •renei garde, comme je la prouve par oela mi
dit ct-darant qu'imaginer n'est rien autre cl lier la ûjure ou l'image d'une chose corpoi'dle leurea d'accord que concevoir ou entendre, < m triangle, Un pentagone, un chiliogone, un mj res chose semÛabLes qui sont des figures dea c les ; maintenant *oua en ëtablissea la ditTérencc. nagination se Qdt, ditea>Tous, arec quelque s< DU de ia faculté qui connaît vers le corps, et que I oe demande point cette sorte d'application ou c «prit. B En sorte que, lorsque tout simplemen OUB conccvea un triangle comme uns jgura q'
vous appelez cela une iutelleclion , et que lors e sorte d'effort et de contention tous tous reo wmme prëaeote, que vous la considérez, que v que vous la eonceves distinctement et par le me
en distingue! les trois angles, tous appelez i ition. Et parlant, étant vrai que tous concevei u'un chiliogone est une figure de mille angki }ins, quelque contention d'esprit que vous faas ieï discerner distinctement et par le menu tous )us les rendre tous comme présenta, votre es moins en cela de confusion que lorsqu'il consid ne ou quelque autre figure de beaucoup de cû lison vous dites qu'au l'egard du cbiliogone ou rotre pensée est une intellection et non point i
|e ne vois rien qui puisse empAlfaer que tous r ! imagination aussi bian que votre intellection , comme vous faites sur le triangle. Car de ^
'altps Men quelque sorte d'tifibri pour Irnftginerâti qi çon cette figure composée de tant d'angles, quoique I re soit si grand quft vous ne les puissiez concevoiv i nent; el d'ailleurs, vous concevez bien à la vérité pa e chiliogone une figure de miUe angles, mais cela n effet de la force ou de la Signification du mot, non :eia vous conceviez plutôt les mille angles de cette Ûg 3U8 ne les imaginez.
s il Tant ici prendra garda comment pcU à pcu et cou igrés la distinction se perd et la conFlisloo s'augmei est certain que vous vous représenterez, ou Imagine] me que vous coDcevrez plus conrusémentun carré qu le, mais plus distinctement qu'un pentagone, et «k icileraent qu'un carré el plus distinctement qu'un he et ainsi de suite, jusqu'à ce que vous ne puissiez [ rien proposer nettement; et parce qu'alors, quel )tion que vous ayez, elle ne saurait être nclt't ni distini lor» aussi vous négligez de faire aucun effori sur vc
t pourquoi, si, lorsque voui concevez nue figure disti t et avec quelque sensible contention, vous voulez ap te façon de concevoir uneimagiuation el une intellect □semble, et si, lorsque votre conception est confuse, ic peu ou point du tout de contention d'esprit vous c une figure, vous voulez appeler cçla du seul non», d'ini 1, certainement il vous sera permis; mais vous ne tr pas pour cela que vous ayez lieu d'établir plus d'une se maissance intérieure, à qui ce ne sera toujours qu'i accidentelle, que tantôt pius fortement et tantôt moi distinctement et tantôt confusément, vous concei le figure. Et certes, si depuis l'heptagone et l'octogi roulions parcourir toutes les autres ligures jusqu'au c e ou au myriogone, et prendre garde en même temp » degrés où se rencontre une plus grande ou une mo itinction et confusion, pourrions- nous dire en quel i m plutôt en quelle figure l'imagination cesse et la se ction demeure? Mais plutôt ne verra-t-on pas nue si ion continuelle d'une seule et même connaissance doni ^ion et contention diminue toujours peu à peu, à mesi confusion et rémission augmente et s'accroît aussi inser
33S CINQUIËMBS OBJECTIONS,
' blementtConsidérez d'ailleurs, je VOUS prie, de quelle s<H ravalez l'intellection, et à quel point vous élevez l'imagii car, que prëtende^-vous autre chose que d'avilir l'une e l'autre lorsque vous dounez à rintellection la négligeni confusion pour partage, et que vous attribuez à l'imag toute sorte de distinction, de netteté et de diligence ï
Vous dites ensuite que a la vertu d'imagiaer qui est e • en tant qu'elle diffère de la puissance de concevoii a point requise & votre essence, c'est-à-dire à l'essence d a esprit. B Mais comment cela pourrait-il être si l'une ' tre ne sont qu'une seule et m£me vertu ou Taculté d fonctions ne dif!%reit que selon le plus et le moins? Voï lez que « l'esprit er imaginant se tourne vers le corps, e « concevant il se considcre soi-même ou les idées qu' « soi. u Mais comment cela si l'esprit ne se peut toum soi-même, ni considérer aucune idée, qu'il ne se tou même temps vers quelque chose de corporel, ou représe quelque idée corporelleî Car, en effet, le triangle, le pen le chiliogone, le mjriogone, et toutes les autres Sgu même les idées de toutes ces figures, sont toutes corpori l'esprit ne saurait penser à elles avec attention qu'en les vant comme corporelles ou à la façon des choses corp Pour ce qui est des idées des choses que nous croyo immatérielles, comme celles de Dieu, des anges, de de l'homme ou de l'esprit, il est même constant que le que nous en avons sont ou corporelles ou quasi corp ajanl été tirées de la forme et ressemblance de l'homn: quelques autres choses foil simples, fori légères et fort ceptibles, telles que sont le vent, le feu ou l'air, ainsi qi avons déjà dit. Quant à ce que vous dites, que & ce u' ■ probablement que vous conjecturez qii'il j a quelqu< « qui existe, n il n'est pas besoin de s'y arrêter, parce qu pas possible que vous le disiez tout de bon.
11. Ensuite de cela vous traitez du sentiment, et tout i vous faites une belle énumération de toutes les choses qi aviez connues par le moyen des sens, et que vous aviez pour vraies, parce que la nature semblait ainsi vous l'ens Et incontinent après vous rapportez certaines eipérien ont tellement renversé toute la foi que vous ajoutiez au qu'elles vous oui réduit w point où nous vous avons v
CIHOUIÈHSS OBJKCTlONg.
tmière HddilatioQ, qui était de révoquer toutes chos
ce p'est pas mon dessein dedisputericidelavéril^d Cor, bien que la tromperie ou fausseté ne soit pas pr dans le sens, lequel n'agit point, mais qui reçoit sii les images, et les rapporte comme elles lui apparai) nme ellos doivent nécessairement lui apparaître à < disposition oJi se trouve lors le sens, l'objet et le mi :|u'elle soit plulAt dans le jugement ou dans l'esprit, 1 orfe pas toute la circonspection requise, et qui ne [ arde que les choses éloignées, pour cela même qu loignées, ou même pour d'autres causes, nous doivet plus petites et plus confuses que lorsqu'elles sont es de nous, el ainsi du reste ; toutefois, de quelque eiTeur vienne, il faut avouer qu'il y eu a; et il n'j a it de la difficulté qu'à savoir s'il est donc vrai que noi ons jamais être assurés de la vérité d'aucune chose q tous aura fait apercevoir,
s cei'tes je ne vois pas qu'il faille beaucoup se mett de terminer une question que tant d'exemples jourm ;nt si clairement ; je réponds seulement à ce que yoi u plutôt à ce que vous vous objectez, qu'il est trèsque lorsque nous regardons de près une tour et que icbons quasi de la main, nous ne doutons plus qu'el urée, quoiqu'en étant un peu éloignés nous avions i .e juger qu'elle était ronde, ou du moins de douter s ■.arrêt ou ronde, ou de quelque autre figure. si ce sentiment de douleur qui parait être encore da >u 4ans la main après même que ces membres on ichés du corps, peut bien quelquefois tromper ceux : a coupés, et cela k cause des esprits animaux qui av me d'être portés dans ces membres, et d'j causer le i Toutefois ceux qui ont tous leurs membres sains e lontsi assurés de sentir de la douleur au pied ou à lai a blessure est encore toute fraîche et toute récente, st impossible d'en douter.
si nob'e vie étant partagée entre la veille et le sommt ai que celui-ci nous trompe quelquefois, en ce qu'il e alors que nous voyons devant nous des choses qu >oiut ; mais aussi nous ne dormons pas toujours ; et
14 cniooifaiGS OBiEiRions.
le nous sommes en effet éveiUét, nous en sommes trop s pour être encore dans le doute si doub veillons ou si Tons.
Ainsi, quoique nous puissions penser que nous sommes iture à se pouvoir tromper mime dans les choses qui mbient les plus véritables, toutefois nous savons ausf )U3 avons cela de la nature, de pouvoir connaifre lavdrJ mme nous nous trompons quelquefois, par exemple, lorft phisme nous impose ou qu'un Mton est à demi dans I issi quelquefois connaissons-nous la vérité, comme dai imonstrations géométriques ou dans un bâton qui est hc !au; car ces vérilés sont si apparentes qu'il n'est pas po le nous en puissions douter ; et bien que nous eussions : nous dëûer de la vérité de toutes nos autres connaisse L moins ne pourrions-nous pas douter de ceci, à savoii ules les choses nous paraissent telles qu'elles nous parai; il n'est pas possible qu'il ne soit très-vrai qu'elles nou isseut de la sorte. Et quoique la raison nous détourne nt de beaucoup de choses où la nature semble nous p< la toutefois n'âte pas la vérité des phénomènes, et n'em ;s qu'il ne soit vrai que noua vojons les choses comme 1 voyons. Hais ce n'est pas ici le lieu de considérer de ( ^n la raison s'oppose 1 Timpulsion du sens, et si ce lint peut'être de la même façon que la main droite soi ail la gauche qui n'aurait pas la force de t& soi^nir ême, ou bien si c'est de quelque autre manière. 111. Vous entrez ensuite en matière, mais il semble que us y engagiez comme par une légère escarmouche ; car ursuivez ainsi : « Hais maintenant que je commence mieux conntùtre moi-même et à découvrir plus claire l'auteur de mon origine, je ne pense pas à la vérité q doive témérairement admettre toutes 1^ choses que les me semblent enseigner, mail je ne pense pas aussi que doive toutes généralement révoquer en doute. j> Vous ison de dire ceci, et je crois sans doute que c'a tot^oui r cela votre pensée.
Vous continuez : a Et premièrement, pour ce que je saii toutes les chines que je conçois clairement et distincte peuventétre produites par Dieu telles que je les conçois, usez que je puisse concevoir clairement et distinctemen
CmQUlâVES OBJECTIONS. 33S
« chosô sans une autre, pour être certain que Tune est distincte « ou différente de l'autre parce qu'elles peuvent être posées se- « parement, au moins par la toute-puissance de Dieu ; et il n'im- « porte par quelle puissance cette séparation se fasse pour m'o- « bliger à les juger différentes. » A cela je n'ai rien autre chose à dire sinon que vont prouvez une chose claire par une qui est obsÊure, pour ne pas même dire qu'il y a quelque sorte d'obscurité dans la conséquence que vous tirez» Je nem'aiTête pas non plus à vous ol^ecter qu'il fallait avoir auparavant démontré que Dieu existe et sur quelles choses sa puissance se peut étendre, pour montrer qu'il peut faire tout ce que tous pouvez clairement concevoir ; je vous demande seulement si vous ne concevez pas clairement et distinctement cette propriété du triangle à savoir,, que les plus grands côtés sont soutenus par les plus grands angles, séparément de celle-ci, à savoir, que ces trois angles pris en8eiiû)le sont égaux à deux droits; et si pour cela vous croyez que lÂm puisse tellement séparer cette propriété d'avec rautrt, que le triangle puisse tantôt avoir celle-ci sans avoir Fautre, ou tantôt avoir Tautre sans celle-ci. Mais, pour ne nous point arrêter ici davantage, d'autant que cette séparation fiait peu à notre si^et» v^us ajoutez : <k Et partant, de cela « même que je connais avec certitude que j'existe, et que ce- « pendant je ne remarque point qu'il appartienne nécessaire- « ment aucune autre chose à ma nature ou à mon essence, sit non que je suis une chose qui pense, je conclus fort bien que f*^ •' • î
« mon essence consiste en cela seul que je suis une chose qui « pense ou une substance dont toute ressence ou la nature n'est « que de penser, n Ce serait ici où je me voudrais arrêter, mais où il suffit de répéter ce que j'ai déjà allégué touchant la seconde Méditation, (hi bien il faut attendre ce que vous voulez inférer.
Voici donc enfin ce que vous concluez : « Et quoique peut- « être, ou plutôt certainement, comme je le dirai tantôt, j'aie t un corps, auquel je suis très-étroitement conjoint; toutefois, « parce que d'un côté j'ai une claire et distincte idée de moit même, en tant que je suis seulement une chose qui pense et « non étendue, et que d'un autre j'ai une idée distincte du corps, « en tant qu'il est seulement une chose étendue et qui ne pense « point, il est certain que moi, c'est-à-dire mon esprit, ou mon « âme par laquelle je suis ce que je suis, est entièrement et vé-*
336 anomËHES OMsaioxs.
■ ritablement distincte de mon corps, et qn'elie pent êti « exister sans lui. ■ C'était ici sans doute le but oii vous diez; c'est pourquoi, puisque c'est en ceci que consiste [ cipalement toute U difflcultë, il est besoin de s'y airête peu pour Toir de quelle façon tous tous en démêlez. Prem ment, il s't^t ici d'une distinction d'entre l'esprit ou l'âni l'homme et le corps ; mais de quel corps entendez-Yous pai Certainement, si je l'ai bien compris, c'est de ce corps gro: ]ui est composé de membres ; car voici vos paroles : a j'ai un c Kauqueljâsuis conjoint; set un peii après : o il est certain K moi, c'est-à-dire mon espiit, est distinct de mon corps, ■» Uais j'ai à vous avertir, 6 esprit, que la difficulté n'est pas :hanl ce corps massif et grossier. Cela serait bon si je ^ objectais, selon la pensée de quelques philosophes, ({ue < l'nssiez la perfection, appelée des Grecs lTnUx«o< l'acte 'orme, l'espèce, et, pour parler en termes ordinaires, le n lu corps ; car de vrai ceux qui sont dans ce sentiment n'i nent pas que vous sojez plus distinct ou séparable du c ]ue la figure ou quelque autre de ses modes ; et cela, soit vous soyez l'ftme tout entière de Thomme, soit que vous se une vertu ou une puissance surajoutée, que les Grecs ap eut »oû( îuïKfiii, vtùc jtafrnnBàc, un entendement possible ou | lible. Hais je veux agir avec vous plus libéralement, en > «Dsidérant comme un entendement ^ent, appelé des Gi «ûv iroinntùy; et mSme séparable, appelé par eux xopxnov, 1 [ue ce soit d'une autre façon qu'ils ne se l'imaginaient. Cat ifailosophes croyant que cet entendement agent était comn 1 tous les hommes ou même à toutes les choses du monde [u'il faisait h l'endroit de l'entendement possible, pour le f tntendre, ce que la lumière fait à l'œil pour le faire voir (( ient qu'ils avaient coutume de le comparer à la lumière oleil, et par conséquent de le regarder comme unçchoseéti ;ère et venant de dehors) ; de moi , je vous considère plu luisque d'ailleurs je vois que cela vous plaît, comme un < aiu esprit on un entendement particulier, qui dominez ded e corps. Je répète encore une fois que la difficulté n'est le savoir si vous êtes séparable ou non de ce corps massi Tossier : d'ott vient que je disais un peu auparavant qu'il i ait pas nécessaire de recourir à la puissance de Dieu p endre ces cbosès-là séparables que vous concevez séparéim
CINQUIÈMES ouEcnom.
3 bien de savoir si vous n'aies pas vouHnSme quelque :orps, pouvant ëti-e un corps plus subtil et plus déli^ d ma ce corps épais et massif, ou résidant seulement < qu'une de ses parties. Au reste, ne pensez pas nous a ues ici montré que vous êtes une chose purement s| le et qui ne lient rien du corps; et lorsque, dans U le Méditation, tous avez dit que « vous n'étiez point nt, un feu, une vapeur, un air, » vous devez vous souv je TOUS ai fait remarquer que tous disiez cela sans aiu
lus disiez aussi que a tous ne disputiez pas en ce lieu-J s choses ; t mais je ne vois point que vous en ayez t lis, et que tous ajez apporté aucune raison pour proi
TOUS n'êtes point un corps de cette nature. J'attendais s que TOUS le fissiez ici ; et néanmoins, si vous dites ( s prouvez quelque chose, c'est seulement que vous n it ce corps grossier et massif, touchant lequel j'ai déji 1 n'j a point de difficulté.
^ a Mais , dites-vous d'un côté, j'ai une claire et disti ée de moi-même, en tant que je suis seulement une cl li pense, et non étendue; et, d'un autre, j'ai une idée icte du corps, en tant qu'il est seulement une chose é le et qui ne pense point. » Mais, premièrement, pou est de ridée du corps, il me semble qu'il ne s'en faut icoup mettre en peine; cor, si vous disiez cela de l'idé ^ en général, je serais obligé de répéter ici ce que je ' éjà objecté, à savoir, que tous dcTez auparaTant pro
la pensée ne peut conTenir à l'essence ou à la natun s; et ainsi nous retomberions dans notre première ( i, puisque la question est de saToir si vous, qui peu :s point un corps subtil et délié, comme si c'était une c répugnât à la nature du corps que de penser. Hais p n disant cela tous entendez seulement parler de ce c jîr et grossier, duquel vous soutenez être distinct et sé[ aussi je demeura aucunement d'accord que vous poi r l'idée du corps; mais supposé, comme vous dites, ; soyez une chose qui n'est point étendue, je nie ab£ ,t que TOUS en puissiez avoir l'idée. Car, je vous prie, i I comment vous pensez que l'espèce ou l'idée du corps tendu puisse être regue en tc^ ~ c'est^-dire eu une : t9
336 cniQiniiiES omectious.
stance qui n'est point étendue? Car ou cette espèce procèd corps , et ponr lors Q est certain qn'elle est corporelle et qi a ses parties les unes hors des autres, et partant qu'ell Rendue ; on hlen elle Tient d'ailleurs et se fait sentir par autre vole. Toutefois, parce qu'il est toujours nécessaire qi représente le corps, qui est étendu, il faut ainsi qu'elle ail parties, et ainsi qu'elle soit étendue. Autrement, si elle n'a de parties, comment en pourra-t-elle représenter? si ell point d'étendue, comment pourra-t-elle représenter une ( qui en aTsIelleestsans%ure, comment fera-t-elle sentii chose figurée? si elle n'a point de situation, comment t-elle concevoir une chose qui a des parties les unes haute autres basses, les unes à droite, les autres k gauche, les devant, les autres derrière, les unes courbées, les autres tes ? si elle est sans variété, comment représentera-t-elle 1; riété des couleurs ? etc. Donc l'idée du corps n'est pas t fut sans extension ; mais si elle ena et que tous n'en ayez g comment est-ce que tous la pourras recevoir ? comment la pourrei-Tous ajuster et appliquer? comment vous en s rez-vons ? et comment enfin la sentirei'vous peu à peu s cerets'évanouiri
En après, pourceqnlregardeVidée de vous-même, jen'ai A ajouter k ce que j'en a! déjà dit. principalement sur la sec Médilaflon. C^ par là l'on volt clairement que tant s'en que vous ayez une idée claire et distincte de vons-ménie, ( contraire il semble que vous n'en ayez point du tout. Car, ei bien que vous connaissiez certainement que vous pensez, ne savet pas néanmoins quelle chose tous êtes, vous qui pei en sorte que, bien que cette seule opération vous soit cl ment connue, le principal pourtant vous est caché, qui e Savoir quelle est cette substance qui a pour l'une de ses oj tions de penser. D'oti il me semble que je puis fort biei comparer & un aveugle, lequel sentant de la chaleur, i averti qu'elle vient du soleil, penserait avoir une claire et tincte idée du soleil ; d'autant que si quelqu'un lui demai ce que c'est que le soleil. Il pourrait répondre que c'est chose qui échautTc. Mais, direz-vous, je ne dis pas seulemei que je suis une chose qui pense, j'ajoute aussi de plus qi guis une chose qui n'est point étendue. Toutefois, pour m dire que c'est une rjtiose que tous avancez sans preuve, qao
. soit en qnestiini entre noua, dites-moi, je vmn prie, penseï s pour cda avoir une claire et distincte Idée de Taus-mème 1 s dites qae tous n'êtes pas une chose étendue | GOlainenient prends par là ce que tous n'êtes point, m&ii ncm pai ce que s Êtes. Quoi donc 1 pour avoir une idéeelalre et dlgtlnolede Ique chose, c'est-à-dire une Idée vraie et naturelle, n'est-il nécessaire de connaître la chose positivement en vA, et, r ainsi parler, affirmât ivementî est-ce assez de savoir qu'elle i point une telle chose t Et celut-Ià aurait-il une idée claire listincte de Bucéphale qui connidtrait du moins qu'il n'eal une mouche T
lais, pour ne pas insister davantage là-dessus, vous dtei c, dltes-vons, une chose qui n'est point étendue • mais, je s demande, n'ëtes-vous pas diffus par tout le corpsT Certat' lent jene saispascequevous aurez à répondre; cor encore ÎP vous aie considéré au commencement comme étant seU' ent dans le cerveau, cela néanmoins n'a été que par eonjeo :, plutôt que par une véritable créance que ce fût votre opï 1. J'avais fondé ma conjecture sur ces paroles qui sulvenl peu après, lorsque vous dites que « l'âme ne reçoit pal amédiatement l'impression de toutes les parties du eorps, lais seulement du cerveau, ou peut-ôtre mbtat de l'une de 4 plus petites parties. » Mais je n'étais pas pour cela tout I certain si vous étiez seulement dans le cerveau, 6u mémi s l'une de ses parties ; vu que tous pouves Stre répandu s tout le corps, et ne sentir qu'en une seule partie ; commi s disons ordinairement que l'Ame e«t difftise par tout b >s, et que néanmoins elle ne volt que dans l'œil. es paroles qui suivent m'avalent aussi bit douter, torsqut s dites: «et encore que toute l'àme semble être unie à toui i corps, > etc. Car eu ce lieu-là vous ne dites pas à ta vérltt vous soyez uni à tout le corps, mais aussi vous ne le niei . Or, quoi qu'il en soit, supposons premièrement, S'il vow t, que vous soyez diffus par tout le corps, soit que vouS soyei même chose avec l'âme, soit que vous Soyez quelque choSi lifférent, je vous demande, pouvez-vous n'avoir point d'ei tion, vous qui êtes étendu depuis la tête jusqu'aux pieds êtes aussi grand que votre corps, et qui avez autant de par qu'il eu faut pour répondre à toutes les siennes T Dlrez-voui vous n'êtes point étendu, parce que vous êtes tout entlei
dani le tout, et tout entier dani cbaqiie partie 1 Si vous le <j comment, je tous prie, le comprenez- vo us 1 Une même c peut-elle être tout à 1& Ibis toot entière en plusieurs lieui veux bien que la foi nous enseigne cela du sacré mystèi l'EucbarisCie ; mais id je parle de tous, et. outre que vuu! une chose naturelle, nous n'examinons ici les choses qu'ai qu'elles peuTcnt Être connues par la lumière naturelle. Et. étant, peut-on concevoir qu'il y ait plusieurs lieux, et qu'i ait pas plusieurs choses logées T Cent lieux ne sont-ils pas qu'un? Et si une chose est tout entière en un lieu, pourraêtre en d'autres, si elle n'est hors d'elle-même, comme ce mler lieu est hors des autres T Répondez à cela tout ce que Toudrex, du moins sera-ce une chose obscure et incertain ■avoir âvous êtes tout entier dans chaque partie, ou si a'&lea point plutôt dans chacune des parties de votre corp: Ion chacune des parties de vous^nême ; et comme il est plus manifeste que rien ne peut être tout à la fbis en plus lieux, aussi sera-t-il toujours plus évident que vous n'ête tout entier dans chaque partie, mais seulement tout dans le et partant que vous êtes difTus par tout le corps selon cha de vos parties, et ainsi que vous n'êtes point sans eitensior Posons maintenant que vous soyez seidement dans le cer ou même dans l'une de ses plus petites parties, vous voyez reste toujours le même inconvénient : d'autant que, poui tile que soit cette partie, elle est néanmoins étendue, et autant qu'elle ; et partant vous êtes étendu et vous avez d« tites parties qui répondent à toutes les siennes. Ne direzpoint peutétre que vous prenez pour un point cette petite tie du cerveau à laquelle vous êtes uni 7 Je ne le puis en mais je veux que ce soit un point ; toutefois, si c'es point physique, la même difflculté demeure toujours, \ que ce point est étendu et n'est pas tout à fkit sans pa ii c'est un point mathématique, vous savez premièrement qi n'est que notreimaginationquileforme, et qu'en effet il n'y point. Mais posons qu'il y enait, ouplutdt feignons qu'il se tr dans le cerveau un de ces points mathématiques auquel soyez uni, et dans lequel vous fassiez résidence; remarc s'il vous plait, l'inutiUté de cette fiction; car, quoi que i feignions, si faut-il toujours que vous soyez justement da GODcoun des neifs, par oii toutea les paities que l'àme ùiTt
CIHQUIÉHES OUECTIOnS. S41
lettent dans le cerveau les idées ou les espècei des choses s sens ont aperçues. Hais, premièrement, tous les nerfs fissent pas à un point, soit parce que, le cerveau étant ué et prolongé jusqn'à la moelle de l'épine du dos, plunerfs qui sont répandus dans le dos viennent aboutir et liner à cette moelle, ou hien parce qu'on remarque que fs qui tendent vers le milieu de la tête ne finissent ou tissent pas tous à un même endroit du cerveau. Mais ils y aboutiraient tous, toutefois leur concours ne se peut er à un point mathématique ; car ce sont des corps et is des lignes mathématiques, pour pouvoirtous s'assems'unir en un point. Et quand cela serait, les esprits ani- ]ui se coulent le long des nerfs ue pourraient ni en sortir itrer, puisqu'ils sont des corps, et que le corps ne peut itre point dans un lien ou passer par une chose qui n'ocoint de lieu, comme le point mathématique. Mais je veux puisse être et qu'il j passe; toutefois, vous qui êtes ainsi it dans un point où il n'y a ni contrées ni régions, où il en qui soit àdroiteouàgauche,quisoitenhautouenbas, ivez pas discerner de quelle part les choses viennent ou apport elles vous fout, J'en dis aussi de même de ces esue TOUS devez envoyer par tout le corps pour lui comner le sentiment et le mouvement, pour ne pas dire qu'il possible de comprendre comment vous leur imprimez le ment si vous êtes dans un point, si vous n'êtes point un ou si vous n'en avez un par le moyen duquel vous les ez et poussiez tout ensemble. Car si vous dites qu'ils se mt d'eux-mêmes, et que vous présidez seulement à la ite de leur mouvement, souvenez-vous que vous avez dit ^Ique part que le corps ne se meut point de soi-même, de [ue l'on peut inférer de là que tous êtes la cause de son ment. Et puis expliquez-nous comment cette direction iduite se peut faire sans quelque sorte de contention, et t sans quelque mouvement de votre part; comment une peut-elle faire contention et effort sur une autre, et la nouvoir, sans un contact du moteur et du mobile; et îot ce contact se peut-il faire sans corps, vu même que ue chose que la lumière naturelle nous apprend qu'il n'y les corps qui peuvent toucher et être touchés. lefois, pourquoi m'arrêté-je ici ai longtemps, puisque
c'est à toua h nous montrer qœ toos Mes une cliose q point d'étendue, ^ par conKqnent qui n'est point corpo Et je ne pente pas que vont en vouliei tirer la preuTC de < l'on dit communément que l'homme est composé de ce d'âme; comme ri l'on dcTsit conclure que le nom du étaiil donné k une partie, l'autre ne doit plas fitre ainsi lée. Car si cela était, vous me donneriei occasion de-le < guer en celte sorte : llKanme est composé de deux soi corps, à savoir, d'un grossier et d'un subtil; en telle sor le nom commun de ce corps étant attribué au prcml donne k l'autre le nom d'Ame on d'esprit. Outre que le se pomTalt dire des antres animaux, auxquels je snis qae vous n'aecorderei point un esprit semblable à fous, ' sera bien assez si tous les laisseï en la possession de leu Lors donc que Tons eoncloes qu'il est « certain que voi K distinct de TOtre cor[is, • tous voyei bien que cela vot être aisément accordé, mais non pas que pour cela t< ^ojez point corporel, plutOl que d'être une espèce de cor subtil et fort délié, distinct de cet autre qui est massif et sier.
Vous ajoute!, « et partant que tous pouvcï être sam Mais quand on tous aura accordé que tous pouvez eiisti ce corps grossier et pesant, ainsi que fait une vapeur o ranle, laquelle, sortant d'une pomme. Ta se répandant l'air, quel gain ou quel avantage vous en reviendra-t-U Certes ce sera un peu plus que ne voulaient ces philo dont j'ai parié auparavant, qui croyaient que par la mo étiez enlièt'Gment anéanti, ne plus ne moins qu'une flgi se perd tellement par le changement de la superficie, n'est plus du tout. Car, n'étant pas siaulement un m< corps, comme ils pensaient, mais étant de plus une lé subtile substance corporelle, on ne dira pas que vous p. totalement en la mort, et que vous retombies dans vot: mier néant, mais que tous subsistez dans vos parties ali sipées et écartées les unes des autres; combien qu'j de leur trop grande distraction et dissipation vous ne [ plus avoir de pensées, et que vous ajez perdu le droit à voir élre dit une chose qui pense, ou un esprit, ou un Toutes lesquelles choses pourtant je tous objecte toujou comme doutant de la conclusion que tous aves intentéi
CINQUiftMBS OBJECTtonS. I
ne a^ant grande ddflance de la démonstration qiie to proposiie sur ce sujet.
Voua inférez encore après cela quelques autres chose» q des suites de cette matière, sur chacune desquelles }e
pas insister. Je remarque seulement que vous éllfis q nature tous enseigne par ces sentiments de douleur, m, de snif, etc., que vous n'êtes pas setilecoent logé da tre corps , aif)si qu'un pilote en son navire j meiê , oui la, que tous lui êtes conjoint très-âtroitement, et lellems nrondu et mSé, que vous composez comme un seul to se lui. Car si cela n'était, dlteS'Vous, lorsque mon cor : blessé. Je ne Sentirais pas pour cela de la douleur, mei q
suis qu'une chose qui pense ; mais j^Spercevraia cette bit re par le seul entendement, comme un pilote apei^it p vue si quelque chose se rompt dans son vaisseau. Bl loi e mon corps a besoin de boire on de manger, je eonnaitn iiplement cela même sans en être averti par des sentimen nfusde faim et soif; car en effet cet seniimanti defaiio,! if, de douleur, etc., ne sont autre choie que de certain ^ns confuses de penser, qui dépendent et proviennent i Luion et , pour ainsi dire, du mélange de l'etprit avec rps. -a Certes tout cela est fort bien dit, mais il reals toi s à expliquer comment cette conjonction, et quasi pei Uon ou confusion, vous peut convenir, s'il est vrai,conui I dites, que vous soyet immatériel , indiviiible et sans ai i étendue ; car si vous n'êtes paf plus grand ^u'un poin ment êtes-vous joint et uni à tout le corps , qui est d'ur ideur si notaire 7 comment au moins éles-vous conjoint a eau ou à l'une de ses plus petites parties, laquelle, coma dit auparavant, ne saurait (tre li petite qu'di» n'ait que
grandeur ou étendue? Si vous n'aves point de ptu'tie ment êtea-vous mêlé ou quasi-mëlé avao les parties les pli ilea de cette matière, avec laquelle voua confessez d'être un qu'il ne peut y avoir de mélange qu'il n'y ait des partit ibles d'être mèiées les unes avec les autres? Et si vous êlt oremcnt distinct, comment étes-vous confondu avec c«tl iëre, et compu«es-voui un tout avec elle î Et puisque tout position, conjonction ou union ne se fait qu'entre des par
ne doit-il pas y avoir une certaine proportion en ces pai ! Hais quelle proportion peut-on concevnii- antre une choi
le et une incorporelle T Pouvons- nous comprendre ir exemple, dans une pierre ponce, l'air et la p iment mâles et unis oisemble qu'il s'en fasse de li laturelle composition? El cependant il j a une nde proportion entre la pierre et l'air, qui sont I corps, qu'entre le corps et l'esprit, qui est tout iel. De plus, toute union nese doit-elle pas Taire ] rès-ëtroit et Irès4ntime des deux choses unies ? 1 e disais tanlAt, comment un contact se peut-il psî comment une chose coiporelle pourra-t-el ir une qui est incoiporelle, pour la tenir unie et j me? ou bien comment est-ce que ce quiestincor attacheràcequiest corporel, pour s'y unir et s'y iroquement, s'il n'y a rien du tout en lui par qu sse joindre ni par quoi il lui puisse être joint 1 ous prie de me dire, puisque vous ayoues vous-n i êtes sujet au sentiment de la douleur, comment ïtant de la nature et condition que tous êtes, c'( rporel et non étendu,âtre capable de ce sentiment' ion ou sentiment de la douleur ne Tient, si je l'ai que d'ime certaine distraction ou séparation des eUeanive lorsque quelque ctiose se glisse et se te orte entre les parties, qu'elle en rompt la contii it auparavant. Et de vrai l'étal de la douleur es itat conti'e la nature ; mais comment est-ce qu jt être mise en un étal contre nature qui de sa m t totijours uniforme, simple, d'une même façon, et qui ne peut recevoir de changement? Et la don i altération, ou ne se faisant jamais sans altérât : est-ce qu'une chose peut être altérée, laquelle i visible que le point ne peut être faite autre, ou o qu'elle est, sans être tout à fait anéantie? Se j i douleur vient du pied, du bras et de plusieurs ai isemble, nefaut-ilpasqu'il jait en vousdiverses lesquelles TDUsla receviez diversement, de peur qu t de douleur ne soit confus et ne vous semble venir d tie? Mais, pour direen un mot, cette générale diffii toujours, qui est desavoir comment cequi est cor] lire sentir et avoir communicationavec cequin'es etquelle proportionTon peut établir entreruuetl'ai
QnQuiËiiEs DBJECTionB. 349
e passe soni silence les antres choses que tous poarsuit amplement et fort élégamment, pour montrer qu'il y a e autre chose que Dieu et voua qui existe dans le monde./ imiërement vous inférez que vous avez un corps et des s corporelles, et en outre qu'il y a plusieurs autres corpsi du vôtre qui envoient leurs espèces dans les organes de iB, lesquelles passent ainsi de là jusqu'à vous, et causent i des sentiments de plaisir et de douleur qui vous ap> Dt ce que VOUS avez à poursuivre et à éviter en ces corps. >ute8 lesquelles choses vous tirez enfin ce fruit, savoir 1 puisque tous les sentiments que vous avez vous rappor* ur l'ordinaire pluUt le vrai que le faui, en ce qui con- ' es commodités ou incommodités du corps, vous n'avez ijet decraiudre que ces choses-là soient fausses que les >us montrent tous les jours. Vous en dites de même des qui vous^ arrivent endormant, lesquels ne pouvant ëtii! avec toutes les auti-es actions de votre vie, comme les qui vous arrivent lorsque vous veillez, ce qu'il y a dis dans vos pensées se doit infailliblement rencontrer en [oe vous avez étant éveillé plutôt qu'en vos songes. » Et que Dieu n'est point trompeur, il suit, diles-vous, nécesmentque vous n'êtes point en cela trompé, et que ce qui parait si manifestement étant éveillé ne peut qu'il ne soi! ['ement vrai, n Or, comme en cela votre piété me semble !, aussi faut-il avouer que c'est avec grande raison que fex fini votre ouvrage par ces paroles, « que la vie de orne est sujette à beaucoup d'erreurs, et qu'il faut par isité reconnaître la faiblesse et l'inlirmité de notre na-
i, monsieur, les remarques qui me sont venues en l'esiichant vos Méditations ; mais je répète ici ce que j'ai dit nmeuc«ment : qu'elles ne sont pas de (elle importance us voua en deviez mettre en peine; pour ce que je n'estas que mon jugement soit tel que vous en deviez Caire « sorte de compte. Car, tout de même que lorsqu'une est agréable à mon gont, que je vois désagréable à celui très, je ne prétends pas pour cela avoir le goût meilleur autre ; ainsi lorsqu'une opinion me plaît qui ne peu! r créance en l'esprit d'autmi, ji; suis fort éloigné de pene la mienne soit la plus véritable, je crois bien pluUII
qu'il a éti fort bien dit que chacun abonde an ion sans Uendrais qu'iL j aurait quasi autant d'lnjuitic« de vonl toutie monde fût d'un même sentiment que de vouloir goût d'un chacun fût iemblable. Ce que je dis pour tou rer que je n'empêche point que tous ne faiBlex tel juf qu'il vouB plaira de ce« observationR, ou même que voi fassiet aucuiw estime : ce me ura tsw û vous recon ratTecUon que j'ai à votre lerrice, et li voua faites queli du respect que j'ai pour votre vertu. Peut-être «era^t-il que j'aurai dit quelque chose un peu trop ioconaidér comme il n'y a rien où ceux qui disputent le laJMent ^ - sèment emporter : si cela était, je le désavoue enliàram consens volontiers qu'il loit rajé de mon dcrlt ; car je to protester que mon premier et unique dessein en ceci que de m'enhetenir dans l'honneur de votre amitié, et • conserver entière et invicdable. Adieu.
RÉPONSES DE L'AUTEUR
AUX CtNQtlIËHBS OBJECTIONB.
H. DESCARTES k K. CASSIlKDb
lfonsiE|i% Vous avez coml>attu mes Méditations par on discours gant et si soigneusement recherché, et qui m'a semblé pour en éclaircir ilavantage la vérité, que je crois vous beaucoup d'avoir pris la peine d'y mettre la main, et n'I peu obUgé aa révéj'end pare Mersenne de vous avoir ex l'enlreprendie. Car il a très-bien reconnu, lui qui a toujc très^urieuz de rediercher la vérité, principalement lor£ peut servir à augmeater la gloire de Dieu, qu'il n'y aval de moyen plus propre pour juger de la vérité da mes c ■tratioD que da les soumettre à l'eiameu et à la censure A ques personnes reconnues pour doctes pardessus les afin de voir si je pourrais répondrepertinemment k toutes
AUX cinQuiEiiEe mjectioks.
^ qui ue psurrai^t être par eiu proposéei. A cet cl rovoquë plusieurs, il Fa obtenu de quelques-uns, et] B que vous ftjez aussi acquiescé à sa prière. Car, ei lus n'a^ei pas tant employé les raisons d'un philos réfuter mes opinions que les artifices d'un orateur ider, cela ne laisse pas de m'être trèe-agréabla, et ce ■ lus qus je conjecture de là qu'il est difficile d'app I moi des raisons diif^rcntes de celles qui sont conte es précédentes abjections que vous arez lues. Car ce it s'U ï en eût eu qudquea-unes, elles ne tous &wci happé ; et j'imagine que tout votre dessein ta ceci n'i a m'sT^tir des moyens dont ces personnes, de qui iï tellement plongé et attai^é aux sens qu'ils ne peu oncevtHT qu'en imaginant, et qui, partant, ne sml ta pour les spéculations métaphysiques, sepourraien m' élitder mes raisons, et me donner lieu en même U
préïenir. C'est pourquoi ne penses pas que, tous ré ci, j'estime répondre à nn pu'fait et subtil philoso[^
sais que tous Êtes ; mais oonmie » voue étiei du no> I hommes de chair dont tous empruntes le visagi [dresserai seuiamentlaréponse que Ja leur voudrais f
OSES QGI ONT Ëli DBIBCTÉES CONTRB LA FREHIÈAB HÉUTA:
S dites que vous approuvez le dessein que j'ai en de i esprit de ses anciens préjugés, qui est tel eu effet que n'y peut trouver k redire ; mais vous voudriez que je i icqaitté « simplement et en peu de paroles, » c'est-ài mot, négligemment et sans tant de précautions; coi ût uns chose si facile que de se délivrer de toutes U dont nous sommes imbus dès notre enfance, et que ire trop exactement ce qu'on ne doute point qu'il ne I Hais certes je vois bien que vous avez voulu m'indii ' an a plusieurs qui disent bien de bouche qu'U faut uneal éviter la prévention, mais qui pourtant ne l'év: I, pour ce qu'ils ne s'étudient point à s'en défaire, i Ldeut qu'on ne doit point tenir pour des préjugés ce q le fois reçu pour véritable. Certainement vous joue £ment bien leur p^sounage, et n'omettei rien de ce q URkieDt otijecteri mais cependant vous ne dites riei
sente tant mH peu son philosophe. Car, ob tms dites qn' tait • pu besoin de feindre un Dieu trompeur, ni que ji
■ mail, » un philosophe aurait cru être obligé d'ajoats 1 son pourquoi cela ne peut être révoque en doute ; ou a'i edt point eu. cooune de vrai il d'; m a point, il se abstenu de le dire. 11 n'aurait pas non {dus ajouté qu'il su en ce lieu-là d'alléguer pour raison de notre défiance le ] lumière de l'esprit humain ou la Gûblesse de notre natnn il ne sert de rien, pour corriger nos erreurs, de dire que nous trompons parce que notre esprit n'est pas beaucoup Tojant, ou que notre nature est infirme ; car c'est le mên si nous disions que nous errons parce que nous sommes à Terreur. Et certes on ne peut pas nier qu'il ne soit plm de prendre garde, comme j'ai luit, k toutes les choses où i arriver que nous errions, de peur que nous ne leur doi trop légèrement notre créance. Un philosophe n'aurait { aussi qu'en • tenant tontes choses pour fausses je ne m « pouille pas tant de mes anciens préjugés que je me € d'un autre tout nouveau ; > ou bien il eût premièn (flché de montrer qu'une telle supposition nous pouvait ii en erreur ; mais, tout au contraire, vous assurez un peu qu'il n'est pas possible que je puisse obtenir cela de mo de douter de la vérité et certihide de ces choses que j'ai posées être fausses ; c'est-à-dire que je puisse me revêtir nouveau préjugé dont vous appréhendies que. je me lai prévenir. Et un philosophe ne serait pas plus étonné de supposition que devoir quelquefois une personne qui, po dresser un bâton qui est courbé, le recourbe de l'autre car il n'ignore pas que souvent on prend ainsi des choses fî
* pour véritables, afin d'éclaircir davantage la vérité : ci lorsque les astronomes imaginent au ciel un équateu Eodiaque et d'autres cercles, ou que les géomètres ajouti nouvdles lignes à def figures données, et souvent aui philosophes en beaucoup de rencontres; et celui qui a cela 0 recourir à une machine, forger des illusions, clu des détours et des nouveautés, d et qui dit que cela est
■ digne de la candeur d'un philosophe et du zèle de la vé montre bien qu'il ne se veut pas lui-même sravir de cett deur philosophique, ni mettre en usage les raisons, maù lement donner aux dioses le ford et les couleurs de lariiâoi
AUX OnQUlËHES OBJtCnONS.
IHOSES QUI ONT ÉTÉ OBJECTÉES CONTRE Là SECONDEHÉDll
Vous continuez ici & nous amuser par des feintes isements de rhétorique, au lieu de nous payer de 1 lides raisons ; car vous Teignes que je me moque 1 rie tout de bon, et vous prenez comme une clio! usement et avec quelque assurance de vérité ce que osé que par forme d'interrogation et selon l'opini lire. Car. quand j'ai dit qu'il fallait ■ tenir pour ince même pour faux, tous les témoignages que nous fe I sens, » je Tai dit tout de bon ; et cela est si née bien entendre. mes Méditations, qae celui qni ne p le veut pas admettre cela n'est pas capable de rien antre qui puisse mériter réponse. Mais cependant dre garde à la différence qui est entre les actions dt recherche de la vérité, laqueUe j'ai tant de fois incu quand il est question de la conduite de la vie, ce sen ! tout à fait ridicule de ne s'en pas rapporter aux sens . qu'on s'est toujours moqué de ces sceptiques qui nt jusqu'à tel point toutes les cboses du monde, qat ïcber qu'ils ne se jetassent eux-mêmes dans des prêt avaient être gardés par leurs amis ; et c'est pour ce lit en quelque part: a qu'une personne de hOQ sens i douter sérieusement de ces choses ; v mais lo t de ta recherche de la vérité et de savoir quelles ent être certainement connues par l'esprit humain, donte du tout contraire à la raison de ne vouloir ] sérieusement ces choses-là comme incertaines, ou I comme fausses, afin de remarquer que celles qui n pas être ainsi rejelées sont en cela même plus assui Ire égard plus connues et plus certaines. lant à ce que j'ai dit que a je ne connaissais pas ez ce que c'est qu'une chose qui pense, n il n'est pi ne vous dites, que je l'ai dit tout de bon, car je l'ai en son lieu ; ni même que j'aie dit que je ne doutais t en quoi consistait la nature du corps, et que je ne lais point la faculté de se mouvoir soi-même ; ni au iginab l'âme comme un vent ou un feu, et autres )lable8 que j'ai seulement rapportées en ce lieu-là.
linion du vulgaire, pour faire voir par après qu'elles éta sses, Mais avec quelle fidélité dites-vous que «je rappoi Ame les facultés de marcher, de sentir, d'être nourri, » i ) que vous joutiez immédiatement après ces paroles: 0U8 accorde tout cela, pourvu que nous nous donnion arde de votre distinction d'entre l'esprit et le corps î > ce lieu-lk même j'ai dit en termes eiprës que la nutri devait être rappoitée qu'au corps ; et, pour ce qui es timent et du marcher, je les rapporte aussi, pour la iide partie, au corps, et je n'attribue rien à rame de ce concerne que cela seul qui est une pensée. 1. De plus, quelle raison ayez-vous de dire qu'U n'était t «soin d'un si grand appai-èil pour prouver mon existeaci ies Je pense avoir fort bonne raison de coqjecturer de oies mêmes que l'appareil dont je me suis servi n'a pas e été assea grand, puisque je n'ai pu taire encore que Dprissiez bien ma pensée ; car, quand vous dites que j'e conclure la même chose de chacune autre de mes act ifTéremment, voua vous mépreoei bien fort, pour ce i
en a pas une de laquelle je sois entièrement certain, j ds de cette certitude métaphysique de laquelle seule il question, excepté la pensée. Car, par exemple, cette co :nce ne serait pas bonne : Je me promène, donc je suis, s tant que la connaissance intérieure que j'en ai est une pei laqudlc seule cette conclusion est certaine, non du moi ntdu corps, lequel parfois peut être faux, comme dans iges, quoiqu'il nous semble alors que nous nous promeni ra(on que de ce que je pense me promener je puis fort lirer l'eustence de mon esprit, qui a cette pensée, mais le de mon corps, lequel se promène. 11 en est de mêm s les auti'es.
l'eus commencez ensuite par une figure de tliétorîque j 'éatile, qu'on nomme prosopopée, à m'interroger, non orne un homme, tout entier, mais comme une âme sép corps ; en quoi il semble que vous ayez voulu m'avertii
objections ne partent pas de l'esprit d'un subtil philoso is de celui d'un homme attaché au sens et à la chair. I i doue, je vous prie, A chair, ou qui que vous soyez, et : soit le nom dont vous voulez qu'on vous appelle, a is si peu de commerce avec l'esprit que vous n'ayez pu
rquer Tendrait où j'ai corrigé cette imagination du ^
laquelle on feint que la chose qui pense est sembi it ou à quelque autre corps de cette sorte T Car je ] ite corrigée lorsque j'ai fait voir que l'on peut suppo!
a point de vent, point de feu, ni aucun autre ci nde, et que néanmoins, sans changer celte supi tes les choses par quoi je connais que je suis un . pense nelaisseiitpasdedcmeoreren leur entier. Et tes les questions que vous ma faites ensuite, par e: 'ourquoi ne pourrais-je donc pas être un vent 1 Pour <as remplir un espace? Pourquoi n'êlre pas mu en p ïçona î D et autres semblables, sont si vaines et si elles n'ont pas besoin de réponse.
n. Ce que vous ajoutez ensuite n'a pas plus de fore r ! « si je suis un corps subtil et délié, pourquoi t ais-je pas Stre nourri? d et le reste. Car je nie abs< î je aob un corps. Et pour terminer une fois pour to Qcultés, parce que vous m'objectez quasi toujours L ise, et que vous ne combattri pas mes raisons, mais simulant comme si elles étaient de peu de valeur, on •porlant imparfaites et défectueuses, vous prenez de D de me faire plusieurs objections que les persor "Bées en la philosophie ont coutume d'opposer à n lions, ou h d'autres qui leur ressemblent ou mi nt rien de commun avec elles, lesquelles ou sont é
sujet, ou ont déjà été en leur lieu réfutées et rési :st pas nécessaire que jeréponde k chacune de vos de Irement il faudrait répéter cent fois les mêmes chi i ci-devant écrites. Mais je satisferai seulement en pe es àcdlesqul me sembleront pouvoir arrÉ 1er des pi
peu entendues. Et pour ceux qui ne s'attachent pa' force de» raisons qu'à la multitude des paroles, j( i tant de cas de leur approbation que je veuille p nps en discours inutiles pour l'acquérir. Premièrement donc, je remarquerai ici qu'on nevi ) quand vous avancez si hardiment et sans aucune pri iprit croit et s'affaiblit avec le corps ; car de ce qu' < si parfaitement dans le corps d'un enfîint que da in homme parfait, et que souvent ses actions peni ipfichées par le vin et pai- d'auti'es choses corpoi'clles
RËPonBU seulemeDt que tandis qu'il est uni an corps 0 s'en me d'un insU'ument pour foire ces sortes d'opérations i les il est pour l'ordinaire occupé, mais non pas qu B le rende plus ou moins parfait qu'il est en soi ; et la i ence que vous tirez de là n'est pas meilleure que si, d n artisan ne travaille pas bien toutes les fois qu'il se mauvais outil, vous inferiei qu'il emprunte son adr science de son art de la bonté de son instrument, laut aussi remarquer qu'il ne semble pas, 4 chair, sachiei en façon quelconque ce que c'est que d'useï m, puisque, pour prouver que le rappoi-t et la foi de ne me doivent point être suspects, vous dites que, a q e sans me servir de l'œil il m'ait semble quelquefois sentais des choses qui ne se peuvent sentir sans lui, je s néanmoins toujours expùimenté la même fauasett me si ce n'était pas un fondement suffisant pour do e chose que d'y avoir une fois reconnu del'erreur, et cou le pouvait faire que toutes les lois que nous nous trom] I puissions nous en apercevoir; vu qu'au contraire l'en onsiste qu'en ce qu'elle ne parait pas comme telle. Ei e que vous me demandes souvent des raisons lorsque ^ avez vous^nème aucune, et que c'est néanmoins à< avoir, je suis obligé de vous avertir que pour bien p) ler il n'est pas besoin de prouver que toutes ces ctaos) fausses que nous ne recevons pas pour vraies, & cause vérité ne nous est pas connue ; mais il fout seulen idre garde trËs-soignensement de ne rien recevoir pour )le que nous ne puissions démontrer itre tel. Et ainsi qv ircois que je suis une subsfonce qui pense, et que je fo X)ncept clair et distinct de cette substance dans lequ a rien de contenu de tout ce qui appartient k celui d itance corporelle, cela me sulQt pleinement pour assi n tant que je me connais je ne suis rien qu'une chose le; et c'est tout ce que j'ai assuré dans laseconde Méditai iquelle il s'agit maintenant: et je n'ai pas dâ admettre ; substance qui pense fût un corps subtil, pur, délié, i itant que je n'ai eu lors aucune raison qui me le persua DUS en avei quelqu'une, c'est à vous de nous l'enseig on pas d'exiger de moi que je prouve qu'une chose se que je n'ai point eu d'autre raison pour ne la pas
AUX CINQUIÈMES OBiECTlOflS.
ettre qu'à cause qu'elle m'était inconnue. Car tous Taitee ème que si, disant que je suis maintenant en Hollande, t îiez que je ne dois pas être cru si je ne prouve en ml mpB que je ne euis pas en la Chine, ni en aucune autre f : du monde ; d'autant que peut-être il se peut faire qu ême corps par la toute-puissance de Dieu soit en plusie tui. EF lorsque vous ajoutez que je dois aussi prouver que ues des bétes ne sont pas corporelles et que le corps ne e ibue rien à la pensée, vous faites voir que non-seulement v uorez à qui appartient l'obligation de prouver une chi ajsaussiquevousnesavez pas ce que chacun doit prouv r pour moi je ne crois point ni que les âmes des bâtes ient pas corporelles, ni que le corps ne contribue rien à nsée ; mais seulement je dis que ce n'est pas ici le lieu d'i iner ces choses.
IV. L'obscurité que vous trouvez ici est fondée sur l'équivo li est dans le mot d'dme ; mais je l'ai tant de fois nettetn laircie que j'ai boute de le i-épéter ici ; c'est pourquoi je d ulemenl que les noms ont été pour l'ordinaire imposés :s personnes ignorantes, ce qui fait qu'ils ne conviennent ujours assez proprement aux choses qu'ils signifient; né oins, depuis qu'ils sont une fois reçus, il ne nous est ire de les changer, mais seulement nous pouvons corri urs significations quand nous voyons qu'elles ne sont en entendues. Ainsi, d'autant que peut-être les premiers urs des noms n'ont pas distingué en nous ce principe pai lel nous sommes nourris, nous croissons et faisons san insée toutes les autres fonctions qui nous sont commu 'ec les bètes, d'avec celui par lequel nous pensons, ils ipelé l'un et l'autre du seul nom d'dflie; et, voyant | )rès que k pensée était différente de la nutrition, ils ont dé du nom i'espnt cette chose qui en nous a la facuitt iuser, et ont cm que c'était la principale partie de l'a a.is moi, venant à prendre garde que le principe par lec )us sommes nourris est entièrement distingué decelui pai ielnouspenson3,j'aidit que le nom à^âme, quand il est mjointemeut pour l'un et pour l'autre, est équivoque, et lur le prendre précisément pour cet acte premier, ou c Tme princifKde de Vhomme, il doit fitre seulement entendi I principe par lequel nous pensons : aussi l'ai-je le plus t
dd4 RÉPORSBS
Tent appelé du nom é^êgprit, pour dter cette équivoque et tan* bigulté. Car je ne considère pas Yesprit comme cette Ame tout ( entière qui pense.
Mais, dites-vous, vous êtes en peine de savoir si c Je n'estime 4 « donc point que Fâme pense toujours. )» Mais pourquoi ne
. i penserait-elle pas toujours, puisqu'elle est une substance qui
» -'A- pense? Et quelle merveille y a*t-il de ce que nous ne nous res-
f ' ; souvenons pas des pensées que nous avons eues dans le ventre
de nos mères, ou pendant une léthargie, etc., puisque nous ne ■ \: nous ressouvenons pas même de plusieurs pensées que nous
' '} savons fort bien avoir eues étant adultes, sains et éveillés, dont
la raison est que, pour se ressouvenir des pensées que l'esprit *[.'/'. a une fois conçues tandis qu'il est conjoint au corps, il est né-
cessaire qu'il en reste quelques vestiges imprimés dans le cer- } veau, vers lesquels l'esprit se tournant, et ap][$liquant à eux sa
. »| pensée, il vient à se ressouvenir; or qu'y a-t-il de merveilleux
.. si le cerveau d'un enfant ou d'un léthai^que n'est pas propre
pour recevoir de telles impressions?
; Enfin, où j'ai dit « que peut-être il se pouvait faire que ce
« que je ne connais pas encore (à savoir, mon corps] n'est « point indifiérent de moi que je connais ^ savoir, de mon es- ', « prit), que je n'en sais rien, que je ne dispute pas de cela, etc., »
vous m'objectez : « Si vous ne le savez pas, si vous ne disputez « pas de cela, pourquoi dites- vous que vous n'êtes rien de tout « cela? 9 Où il n'est pas vrai que j'aie rien avancé que je ne susse ; car, tout au contraire, parce que je ne savais pas lors si le corps était une même chose que l'esprit ou s'il ne l'était pas, je n'en ai rien voulu avancer, mais j'ai seulement considéré l'esprit, jusqu'à ce qu'enfin, dans la sixième Méditation, je n'ai pas simplement avancé, mais j'ai démontré très-clairement qu'il était réellement distingué du corps. Mais vous manquez vousmême en cela beaucoup, que, n'ayant pas la moindre raison pour montrer que l'esprit n'est point distingué du corps, vous ne laissez pas de l'avancer sans aucune preuve.
V. Ce que j'ai dit de l'imagination est assez clair si l*on veut y prendre -garde, mais ce n'est pas merveille si cela semble obscur à ceux qui ne méditent jamais et qui ne font aucune réflexion sur ce qu'ils pensent. Mais j'ai à les avertir que les choses que j'ai assuré ne point appartenir à cette connaissance -• j'ai de moi-même ne répugnent point avec celles que j'a-
AUX CINQUIÈMES OBIECTlOItS. 3S9
; auparavant ne savoir pas si elles appartenaient à mon , d'autant que ce sont cleux choses entièrement diflë'
appartenir à mon essence, et appartenir à la connais» |iie j'ai de moi-même.
out ce qne vous alli^guez ici, 6 très-bonne chair, ne me
pas tant des objections que quelques murmures qui as besoin de repartie.
Vous continuel encore ici vos murmures, mais il n'est essaire que je m'y arrête davantage que j'ai fait aux au- X toutes les questions que vous faites des bêtes sont hors los, et ce n'est pas ici le lieu de les examiner; d'autant aprit, méditant en soi-même et faisant n?flciion sur ce t, peut bien expérimenter qu'il pense, mais non pas s! s ont des pensées ou si elles n'en ont pas ; et il n'en peut couvrir que lorsque, examinant leurs opéralions, il re- . les effets vers leurs causes. Je ne m'anùlu pas non plus ir les lieux où vous me faites parler impuilincmment, u'il me suffit d'avoir une (bis averti le lecteur que voua ez pas toute la fldélilé qui est due au rapport des paroles i. Mais j'ai souvent apporté la v<îritahle marque par la^ nous pouvons connaître que l'esprit est dilTérent du [ui est que toute l'essence ou toute la nature de l'esprit : seulement à penser, là oh toute la nature du corps : seulement en ce point, que te corps est une chose :, et aussi qu'il n'j a rien au tout de commun entre la Bt l'extension. J'ai souvent aussi fait voir (brt claireiie l'esprit peut agir indépendamment du cerveau ; car rtain qu'il est de nul usage lorsqu'il s'agit de former des jne pure intellection, mais seulement quand il est quessenlir ou d'imaginer quelque chose ; et bien que, loraentiment ou l'imagination est fortement agitée, comme ' ■ quand le cerveau troublé, l'esprit ne puisse pas facileippliquer à concevoir d'autres choses, nous expérimenanmoins que, lorsque notre imagination n'est pas ■! )us ne laissons pas souvent de concevoir quelque chose ■ ornent dilTërent de ce que nous imaginons, comme lorslilieu de nos songes nous apercevons que nous rêvons ; s c'est bien un ett'et de notre imagination que nous rèais c'est un ouvrage qui n'appartient qn'àrenlondement noui faire apercevoir de nos lèvcriea.
j, conme souTent ailleurs, TOUS foitesvoirseu n'entendez pu c« que tous tâchez de repread oint fail' abstraction du concept de la cire d'ave «idents, mais plutât j'ai Toulu montrer comni E est manirestëe par les accidents, et combien i quand elle est claire et distincte, et qu'une exa ous l'a rendue manifeste, diSère de la Tulgaire i je ne vois pas, 6 chair, sur quel ai^ment tov mr assurer aTec tant de certitude qu'un chien di le la même façon que nous, sinon parce que, aussi composé de chair, tous vous persuadez i hoses qui sont en vous se rencontrent aussi « i, qui ne i-econnais dans un chien aucun esprit I qu'il j ait rien en lui de semblable aux cha inent à l'esprit.
m'étonne que vous avouiez que toutes les choses ! en la cire prouvent bien que je connais distinc Is, mais non pas quel je suis ou quelle est ma i un ne se démontre point sans l'autre. Et je ne v lus pouvez désirer de plus, touchant cela, sinor dequeUe odeur et de quelle saveur est l'esprit hi el sel, soufre et mercure il est composé ^ car voi :onune par une espèce d'opération chimique, à I n nous le passions par l'âiambic, pour savoir la composition de son essence. Ce qui certes esl A chair, et de tous ceux qui, ne concevant rii isément, ne savent pas ce que l'on doit recherc dose. Hais, quant à moi, je n'ai jamais pensé qu le substance manifeste il fût besoin d'antre cho vrir ses divers attributs; en sorte que plus non d'attributs de quelque substance, plus parfait is en connaissons la nature ; et tout ainsi que noi .inguer plusieurs divers attributs dans la cire it blanche, l'autre qu'elle est dure, l'autre' que d !nt liquide, etc. ; de même j en a-t-il autant ei 1 qu'il a la vertu de connaître la blancheur de I; 'il a la vertu d'en connaître I i dureté, l'autre qu'i : le changement de cette dureté ou la liquéfaction :ut conufûtre la dureté qui pour cela ne connaît leur, comme un aveugle-né, et ainsi du reste
AUX CINQilIKKES OBJECTIONS.
)!t clairement qu'il n'y a point de chose dont on conni attributs que de notre esprit, pour ce qu'autant qu'oi it dans les autres choses, on en peut autant compter i t de ce qu'il les connait ; et parlant sa nature est plus xe celle d'aucune autre chose.
n, vous me reprenez ici en passajit de ce que, n'ajant
en moi. que l'espi'it, je parle néanmoins de ladreqi: : que je touche, ce qui toutefois ne se peut faire sans] s mains ; mais vous avez dû remarquer que j'ai expre averti qu'il ne s'agissait pas ici de i& vue ou du tonc
font par l'entremise des organes corporels, mais d pensée de voir et de toucher, qui n'a pas besoin de :s, comme nous expérimentons toutes les nuits dans I ; et certes vous l'avez fort bien remarque, mais ^ eiilement voulu faire voir combien d'absurdités et d cavillations sont capables d'inventer ceux qui ne tra' us tant à bien concevoir une chose qu'à l'impugnei dire.
OSES QUI OKT tit OBJECTÉES COHTIIE U TROISIÈME HËDITAT
ourage; enfin VOUS apportez ici contre moi quelque e que je n'ai point remarqué que vous ayez fait just IT, pour prouver que ce n'est point une règle cerla 9 choses que nous concevons fort «clairement et fort nent sont toutes vraies, vous dites que quantité de gra I, qui semblent avoir dA connaître plusieurs choses nent et fort distinctement, ont estimé que la vérité i I dans le sein de Dieu mêm^, ou dans le profond des BU quoi j'avoue que c'est fort bien argumenter de l'ai autrui; mais vous devriez vous souvenir, A chair, tariez ici ^ un esprit qui est tellement détaché des chi elles qu'il ne sait pas même si jamais il j a eu auc les avant lui, et qui partant ne s'émeut pas bcaucouj >utorité. Ce que vous alléguez ensuite dej sceptiques 1 communqui n'est pas mauvais, mais qui ne prouve ri us que ce que vous dites qu'il Y a des personnes aient pour la défense de leurs fausses opinions, p£ ne saurait prouver qu'ils conçoivent clairement et • nent ce qu'ils assurent avec tant d'opiniâtreté. Enfin
que TOUS ajoilez, qa*HnefBnlpfts t&ntMtraTsîDeràcoi ]k Téritri de cette règle qu'à donner une bonne m^thod connsltrc >i nous nous trompons ou non lorsque dods [ concevoir clairement quelque chose, est très-véritabli aussi je muntiens ravoir fait exactement en son lieu, pn ment en Atantles préjugés, puis après en eipliquanl loi prtDclpalet idées, et enfin en distinguant les claires et dii de celles qui sont obscures et confuses.
II. Certes j'admire votre raisonnement par lequel tous pTOUverque toutes nosldées sont étrangères ou viennent hors, et qu'il n'y en a point que nous ayons formée, « pour > dites-vous, l'esprit n'a pas seulement la faculté de conce « idées étrangères ; mais il a aussi celle de les assembler, i « étendre, raccourcir, composer, etc., en plusieurs mani d'où vous concluez que l'idée d'une chimère que l'esprit composant, divisant, etc., n'est pas faite par lui, mais Tient de dehors ou qu'elle est étrangère. Mais vous pourrii de la même façon prouver que Praxitèle n'a fait aucunes ! d'autant qu'il n'a pas eu de lui le marbre sur lequel il tailler; et l'on pourrait aussi dire que vous n'aves pas I objections, pour ce que vous les aves composées de paro vous n'avee pas inventées, mais que vous avez empruntéi trui. Hais certes ni laforme d'une chimère neconsiste pi les parties d'une chèvre ou d'un lion, ni celle de vos obj dans chacune des paroles dont vous vous êtes servi, ma lement dans la composition et Parrangement de ces i J'admire aussi que vous soutenleE qne l'idée de ce qu'on i en général une chose ne puisse être en l'esprit, « si le d'un animal, d'une plante, d'une pierre et de tous les 1 laui n'] sont ensemble : n comme si, pour connaître suis une chose qui pense. Je devais connùtre les animau: plantes, pour ce que Je dois connaître ce qu'on nomn eftow, ou bien ce que c'est en général qu'une choie. Vous pas aussi plus véritable en tout ce que vous dites toucl vérité. Et enfin, puisque vous impugnei seulement des dont Je n'ai rien affirmé, vous vous armes en vain coni fan I Ames.
III. Pour réfïiler les raisons pour lesquelles j'ai estim l'on pouvait douter de l'existence des choses matérielle! demandez ici « pourquoi donc je marche sut la terre, ei
AUX CINtiriEMES OBJECTIONS.
est évident que tous retombez dans la première ar vous poses pour fondement ce qui eaten conlrOT : besoin de preuve, savoir est, qu'il est si certain q
sur la terre, qu'on n'en peut aucunement douter. rsqu'aui objections que je me suis faites, et don a solution, vous voulez y ajouter celte autre, à sa [uoi donc dans un aveugle-né n'y ft4-il point d'idt leur, ou dans up sourd, des sous et de la voix î » .en voir que vous n'eu avez aucune de conséquence it savez-vous que dans un aveugle-né il n'y a au ■■ coulaursî vu que parfois nous eipérimentons qt n que nous ayons les jeux fermés il s'excite néano
des sentiments de couleur et de lumière ; et, quoiq cordât ca que vous dites, celui qui nierait l'eiisl ses matéridies n'aurait-il pas aussi bonne raison de veugle-ué n'a point les idées des couleurs parce que it privé da la faculté de les former, que vous en av< il n'eu a point les idées parce qu'il est privé de la ' ,e vous ajoutez des deux idées du soleil ne prouve T and vous leg prenez toutes deux pour une seule, p
ee rapportent ou Blême Boleil,c'e9tlemèniequesii UQ le vrai et le faux ne diffèrent point lorsqu'ils se ne même chose ; et lorsque vous niez que l'on d du nom d'idée celle que nous inférons des raison iinie, TOUS restreignez le nom d'idée aux seules im !S an la (àntaisie, contre ce que j'ai expressément et auB faites la méma lorsque vous niez qu'on puisse a lie idéa de la substance, à cause, dites-vous, qo za ne s'apei-çoit point par l'unagmation, mais pa endement. Mais j'aidéjà plusieursfois prolesté, t et le voulais point avoir affaire avec ceux qui ne se i rir que de l'imagination, et non point de l'enteudem DÙ vous dites que ■ l'idée de la substance n'a poin i qu'elle n'ait empruntée des idées des accidents i Is ou à la façon desquels elle est conçue, > vous fi irement que vous n'en avez aucune qui soit dislii que la substance ne peut jamais être conçue à la fi ^ats, ni emprunter d'eux sa réalité ; mais tout au ' es accidents sont communément conçus par les phil note des uibaUuices, savoir, lotsqu'Us les coucoi'
360 RÉPOlfSES^
• ] ) comme réels; car on ne peut attribuer aux accidents aucune
, I réalité, c'est-à-dire aucune entité plus que modale, <iui ne soit
empruntée de Tidée de la substance.
Enfin, là où vous dites que « nous ne formons Pidée de Dieu
« que sur ce que nous avons appris et entendu des autres, »
lui attribuant, à leur exemple, les mêmes perfections que nous
•^ ï avons vu que les autres lui attribuaient, j'eusse voulu que vous
eussiez aussi ajouté d'où c'est donc que ces premiers hommes, de qui nous avons appris et entendu ces choses, ont eu cette même idée de Dieu. Car s'ils l'ont eue d'eux-mêmes, pourquoi ne la pourrons-nous pas avoir de nous-mêmes? Que si Dieu la leur a révélée, par conséquent Dieu existe.
Et lorsque vous ajoutez que « celui qui dit une chose infinie (( donne à une chose qu'il ne comprend pas un nom qu*il n'en- « tend point non plus, d vous ne mettez point de distinction entre l'intellection conforme à la portée de notre esprit, telle que chacun reconnaît assez en soi-même avoir de l'infini, et la conception entière et parfaite des choses, c'est-à-dire qui comprenne tout ce qu'il y a d'intelligible en elles, qui est telle que personne n'en eut jamais non-seulement deal'infini, mais même aussi peut-être d'aucune autre chose qui soit au monde, pour petite qu'elle soit; et il n'est pas vrai que nous concevions l'infini par la négation du fini, vu qu'au contraire toute limitation •^ contient en soi la négation de l'infini.
Il n'est pas vrai aussi que « l'idée qui nous représente toutes
. >] « les perfections que nous attribuons à Dieu n'a pas plus de
; « réalité objective qu'en ont les choses finies. » Car vous con-
[ ^ ^i '. fessez vous-même que toutes ces perfections sont amplifiées par
notre esprit, afin qu'elles puissent être attribuées à Dieu ; pen-
^ 'T sez-vous donc que les choses ainsi amplifiées ne soient point
y • plus grandes que celles qui ne le sont point; et d'où nous peut
venir cette faculté d'amplifier toutes les perfections créées, c'està-dire de concevoir quelque chose de plus grand et de plus parfait qu'elles ne sont, sinon de cela seul que nous avons en nous ridée d'une chose plus grande, à savoir, de Dieu même ? Et enfin il n'est pas vrai aussi que Dieu serait très-peu de chose s'il n'était point plus grand que nous le concevons ; car nous concevons qu'il est infini, et il ne peut y avoir rien de plus grand que l'infini. Mais vous confondez l'intellection avec l'imaginaion, et vous feignez que nous imaginons Dieu comme quelque
• AUX CmQtll&HES OBJECTIONS. 361
I et puissant géant, ainsi que ferait celui qui, n'ajanl javu d'élfiphant, s'imaginerait qu'il est semblaWeàunciron
grandeur et grosseur démesurée; ce que je confesse avei" être fort impertinent.
Vous dites ici beaucoup de choses pour faire semblant df mtredire, et néaumoiDS vous ne dites rien contre moi ue vous concluez la même chose que moi. Hais néaomoint. entremêlez par-ci pur là plusieurs choses dont je ue de e pas d'accord; par exemple, que cet axiome, /{ n'y arien un effet qui n'ait été premièrement dans sa cause, %e doit 1 entendre de la cause matérielle que de l'efficiente ; car
impossible de concevoir que la perfection de la forme pré ' dans la cause matérielle, mais bien dans la seule cause mte, et aussi que la réaiité formelle d'une idée soit une nib- !, et plusieurs autres choses semblables.
Si TOUS aviez quelques raisons pour prouver l'existence loses matérielles, sans doute que vous les eussiez ici râpes. Mais puisque vous demandez seulement ■ s'il est donc i que je sois incertain qu'il j ait quelque autre chose que i qui existe dans le monde,» et que vous feignez qu'il n'esf esoin de chercher des raisons d'une chose si évidente, et que vous vous en rapportez seulement h vos anciens pri!- , vous faites voir bien plus clairement que vous o'avcz le raison pour prouver ce que vous assmrez que si vous aviez rien dit du tout. Quant h ce que tous dites touchant ées, cela n'a pas besoin de réponse, pour ce que vous restez le nom d'idée aux seules images dépeintes en la fantai- ^t moi je t'étends à'toutce queuouBConcevonspar lapensée. LS je vous demande, en passant, par quel argument toUs fez que « rien n'agit sur soi-même. » Car ce n'est pas
coutume d'user d'arguments et de prouver ce que \ous
Vous prouvez cela par l'exemple du doigt qui De ae )>eut er soi-même, et de l'œil qui ne se peut voir si ce n'est dans iroir : à quoi il est aisé de répondre que ce n'est point l'reil e voit lui-même ni le miroir, mais bien l'esprit, lequel :onnalt et le miroir, et l'œil, et soi-même. On peut même donner d'autres exemples , parmi les choses corporelles, ction qu'une chose exerce sur soi , comme lorsqu'un sa- ! tourne sur soi-même; cette couversion n'est-elle pas une i qu'il exerce sur sol ?
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362 lËMNSES
Enfin fl faut remarquer que je n*ai point affirmé que « les «( idées des choses matérielles dérivaient de Tesprit,» comme vous me vouleâ ici faire accroire; car j*ai montré expressément après qu'elles procédaient souvent des corps, et que c'est par là que Pon prouve l'existence des choses corporelles; mais j'aiseulement fait voir en cet endroit-là qu'il n*y a point eu elles taui de réalité qu'à cause de cette maxime : a II n'y a rien dans un « effet' qui n'ait été dans sa cause, formellement ou éminem- « ment, » on doive conclure qu'elles n'ont pu dériver de l'esprit seul ; ce que voui uMmpugnez en aucune façon.
VII. Vous ne dites rien ici que vous n'ayez déjà dit auparavant, et que je n'aie entièrement réfuté. Je vous avertirai seulement ici, touchant l'idée de l'infini (laquelle vous dites ne pouvoir être vraie si Je ne comprends l'infini, et que ce que j'en connais n'est tout au plus qu'une partie de l'infini, et même une fort petite partie, qui ne représente pas mieux l'infini que le portrait d'un simple cheveu représente un homme tout entier), je vous avertirai, dis-Je, qu'il répugne que je comprenne quelque chose, et que ce que je comprends soit infini ; câr pour avoir une idée vrai de l'infini il ne doit en aucune façon être compris, d'autant que rincompréhensibilité même est contenue dans la raison formelle de l'infini; et néanmoins c'est une chose manifeste que l'idée que nous avons de l'infini ne représente pas seulement une de ses parties, mais l'infibii tout entier, selon qu'il doit être représenté par une idée humaine ; quoiqu'il soit certain que Dieu ou quelque autre nature intelligente en puisse avoir une autre beaucoup plus -parfaite, c'est-à-dire beaucoup plus exacte et plus distincte que celle que les hommes en ont, en même façon que nous disons que celui qui n'est pas versé dans la géométrie ne laisse pas d'avoir l'idée de tout le trian* gle lorsqu'il le conçoit comme une figure composée dâ trois lignes, quoique les géomètres puissent connaître plusieurs autres propriétés du triangle, et remarquer quantité de choses dans sou idée que celui-là n'y observe pas. Car, comme il suffit de concevoir une figure composée de trois lignes poiu* avoir l'idée de tout le triangle, de même il suffit de concevoir une chose qui n'est renfermée d'aucunes limites pour avoir une vraie et entière idée de tout l'infini. '
VIII. Vous tombez ici dans la même erreur lorsque vousniet ue nous puissions avoir une vrai idée de Dieu : car, encore
kvx ciNQuieHEs OBJECTIONS. 363
1011S ne connaissions pas toutes les choses qui sont en , néanmoins tout ce que nous connaissons être en lui est rement véritable. Quant à ce que vous dites, «,que le pain st pas plus parfaitque celui qui le dësirc, et que, de ce que conçois que quelque chose est actuellement contenue dans e idée, il ne s'ensuit pas qu'elle soit actuellement dans la )se dont elle est l'Idée, et aussi que je donne jugement de ce 3 j'ignore, » et autres choses serablsiles ; et tout cela, dis-je,
montre seulement que vous voulei témérairement impu-
plusieurs choses dont vous ne comprenez pas le sens ; car, i que quelqu'un désire du pain, on n'infère pas que ie pain plus pariait que lui, mais seulement que celui qui a bede pain est moins parfait que lorsqu'il n'en a pas besoin, le ce que quelque chose est contenue dans une idée, je ne tus pas que cette chose existe actuellement, sinon, lorsn ne peut assener aucune autre cause de cette idée cette chose même qu'eU^ représente actuellement exis- :; ce que j'ai démontré ne se pouvoir dire de plusieurs des, ni d'aucune autre chose que ce soit, excepté de Dieu
Et je ne juge point non plus de ce que j'Ignore, car j'ai rté les raisons du jugement que je faisais, qui sont teUes 'ous n'avez encorepujusques ici en réfuter la moindre. . Lorsque vous niez que nous ayons besoin du concours et nfluence continuelle de la cause premifere pour être conservous niez une chose que tous les métaphysiciens affirment ne très-manifeste, mais à laquelle les personnes peu let-
ne pensent pas souvent, parce qu'elles portent seulement I pensées sur ces causes qu'on appelle en l'école secundum
c'est-à-dire de qui les effets dépendent quant à leur proion, et non pas sur celles qu'ils appellent «cundum esse, à-dire de qui les etTets dépendent quant à leur subsistance ntinuation dans l'être. Ainsi l'architecte est la cause de la on, et le père la cause de son fils, quant à la production meut; c'est pourquoi, l'ouvrage étant une fois achève, il subsister et demeurer sans cette cause; mais le soleil est use de la lumière qui procède de lui, et Dieu est la cause lutes les choses créées, non-seulement en ce qui dépend de production, mais même en ce qui concerne leur consern ou leur durée dans l'êlre. C'est pourquoi il doit toi^ours sur son effet d'une même façon, pour le conserver dans le
minier èlre qu'il lui a donné. Et cela ae démontre fort cl !ut par ce que j'ai expliqué de l'indépendance des partit ips, ce que vous tàchei en vain d'éluder en proposai :essité de la suite qui est entre les parties du temps ci ■é dans l'abstrait, de laqueUe il n'est pas ici question, ilemenl du temps ou de la durée de la diose même, d 19 ne pouvez pas nier que tous les moments De puissent larés de ceux qui les suivent immédiatement c'est-è elle ne puisse cesser d'être dans chaque moment de sa di St lorsque TOUS dites qu'il j a « en nous assee de vertu tous Taire persévérer au cas que quelque cause comiptii nrrienne, » vous ne prenei pas garde que vous attribi créature la perfection du Créateur, en ce qu'elle persi as l'être indépendamment d'autrui ; et, en même temps us attribuez au Créateur l'imperfection de la créature, i e, si jamais il voulait que nous cessassions d'être, il fau 'U eût le néant pour le terme d'une action positive. Ze que vous dites après cela touchant te progrès à fin/ 'oir, qu'iln'ja a point de répugnance qu'il j ait un tel ;rè3, » TOUS le désavouez incontinent après; car vous co ; vous-même , qu'il est a impossible qu'il j en puisse < lans ces sortes de causes, qui sont tellement connexi lUbordonnées entre elles, que rinférieur ne peut agir npérieur ne lui donne le branle. » Or, il ne s'agit ici qt I sortes de causes, à savoir, de celles qui donnent et Cûnseï re à leurs elfets, et non pas de celles de qui les effets m ident qu'au moment de leur production, comme sont le: Us ; et partant l'autorité d'Aristote ne m'est point ici
!4on plus que ce que vous dites de la Pandore, car >uez vous-même que je puis tellement accroître et augr
toutes les perfections que je reconnais être dans l'hon 'il me sera facile de reconnaître qu'elles me sont I 'elles ne sauraient convenir à la nature humaine; ce qu "fit entièrement pour démontrer l'existence de Dieu ; c: itiens que cette vertu-là, d'augmenter et d'accroître les lions humaines jusqu'à tel point qu'elles ne soient plus lines, mais infiniment relevées au-dessus de l'état et c( Q des hommes, ne pourrait être en nous si nous n'ai
Dieu pour autem' de notre être. Mais, à n'en point me
'ëtonne fort peu de ce qu'il ne tous semble pas qi outré cela assez clairement; car je n'ai point tu ji ue vous ajes bien compris aucune de mes raisons.
Lorsque vous r^renez ce que j'ai dit, à savoir, <t qi lit rien ajouter ni diminuer de l'idée de Dieu, » il ! TOUS n'ayez pas pris garde A ce que disent commun hilosopbes, que tes essences des choses sont indivi: l'idée représente l'essence de la chose, à laquelle te ou diminue quoi que ce soit, elle devient aitssitfil e autre chose : ainsi s'est-on f^uré autrefois l'idée lore ; ainsi ont été faites toutes les idées des faux die
qui ne concevaient pas comme il faut celle du vrai ; depuis que l'on a une fois conçu l'idée du vrai Die
que l'on puisse découvrir en lui de nouvelles perft n n'avait pas encore aperçues, son idée n'est point po lie ou augmentée, mais elle est seulemcut rendue ph e et plus expresse, d'autant qu'elles ont dû être toute es dans cette même idée que l'on avait auparavant, n suppose qu'elle était vraie; de la même façon que -iangle n'est point augmentée lorsqu'on vient à remi li plusieurs propriétés qu'on avait auparavant ignorét lensez pas que « l'idée que nous avons de Dieu se »:essivement de l'augmentation des perfections des c » elle se forme tout entière et tout à la fois de ce qu< evons par notre esprit l'être infini, incapable de tout tentation.
lorsque vous demandez « comment je prouve que
Dieu est en nous comme la marque de l'ouvrier emj r son ouvrage, quelle est la manière de cette impress elle est la forme de cette marque, a c'est de même i inaissant dans quelque lableau tant d'artifice que le n'être pas possible qu'un tel ouvrage fût sorti é 1 que de celle d'Apellcs, et que je vinsse à dire que i : inimitable est comme une certaine marque qu'Ap 'imée en tous ses ouvrages pour les faire distinguer litres, vous me demandiez quelle est la forme de cett
ou quelle est la manière de cette impression. Cei lie que vous seriez alors plus digne de risée que de ré| rsque vous poursuivez, « si cette marque n'est point lie d«i'ouvrase, tous êtes doue vous-même une idée
les rien sntn choH qu*une uunifcra de penser, voni la marque empreinte et le iiijet de l'impression , > -il pai aussi suLti] que si, mei ajant dit que cet artific I les tableaux d'Apellei sont distingué! d'avec les ai
point différent des tahleaux mêmes, roui objectiei iLleaux ne sont donc rien autre obwe qn'nn artifice, q mt composes d'aucune matière, et qu'ils ne wat qn bre de peindre, etc. 1
Lorsque, pour niegr que Dons avons été faits h l'imaj lance de Dieu, vous dites que ■ Dieu a donc la forme oc, > et qu'ensuite voua r^iportei toutes le* choses en hire humaine est diffdivBls de la divine, âtes-vons en mbtil que si, pour nier que quelques tableaax d'Ap té faits à la semblance d'Alexandre, vous disies qu'Al€ assemble donc à un tableau, et néanmoins que ]es tahl composés de bois et de couleurs, et non pas de c 10 Alexandre? Car il n'est pas de l'essence d'uDS ii '■ en tout RcmblaUe à la chose dont elle est l'image, i Et qu'elle lui ressemble en quelque chose. Et il est I Qt que cette vertu admirable et trës-parfoife dé penser
concevons Hre en Dieu est représentée par celle <jk >ui, quoique beaucoup moins parfaite. Et lorsque voii mieux comparer la création de Dieu avec l'option tecte qu'avec la génération dlm père, vous le faites le raison ; car, encore que oes trois manières d'i^ n ment dif1erente9,réloignement pourtant n'est pas si g: production naturelle à la divine que d« l'artificietlc B production divine. Hais ni voos ne trouvères point lit qu'il j a autant de rapport entre Dieu et nous qc mtreunpèreet Beseafants:Biil n'est pas vrai aussi <
Jamais aucun rapport entre l'ouvrier et son ouvi le il paraK lorsqo'un peintre fait un tableau qui lui le.
is avfc combien peu de fidélité rapportei-vous mes lorsque vous feignes que j'ai dit que « Je conçob cette iblance que j'ai avec Dieu en ce que je connab qn 1 une chose Incomplète et dépendante, » vu qu'au i
je n'ai dit cela que pour montrer la dillërenea qui Dieu et nous, de peur qu'on ne crût que je voulusse ég immes à Dieu, et la créature au Créateur I Car, en ce 1
ADI aNOUIÉHES 0
:ine, j ïii dit que je ne concevais pas seulement qne a beaucoup inférieur à Dieu, et que j'aspirais cepei is gi'andes choses ,que je n'avais,' mais aussi que ci es choses auxquelles j'aspirais se rencontraient ei Jement et d'une manière infinie, auxquelles n^at uvais en moi quelque chose de semblable, puisque elque sorte y aspirer.
in, lorsque vous dites « qu'il y a lieu de s'étonner li le reste des hommes n'a pas tes mêmes pensées d i celles que j'ai, puisqu'il a empreint en eux son idé 1 qu'en moi, » c'est de même que si vous vous éloa e, tout le monde ayant la notion du triangle, chacui l'y remarque pas également autant de propriétés, i a mËme peut-être quelques-uns qui lui attribuent I plusieurs choses.
OSES QDI ONT ÉTÉ OBJECTÉES CONTBE U flOATRIËMB HÉPF
ai déjà assez expliqué quelle est l'idée que nous av> etcomment nous participons du mn-étre, en nor dée négative et disant que cela ne veut riea dire sinon que nous ne sommes pas le souverain Être, i nanque plusieurs choses ; mais vous chercliez parte iltés où il n'y en a point.
orsque vous dites <x qu'entre les ouvrages de Diei quelques-uns qui ne sont pas entièrement achi ^ontrouvez une chose que je n'ai écrite nulle part, pensai jamais ; mais bien seulement ai-jc dit que choses étaient considérées, non pas comme faisan tout cet univers, mais comme des touls détachés I singuliËres, pour lors elles pourr^ent sembler i
t ce que vous apporter ensuite pour la cause fina ipporté à la cause efficiente: ainsi, de cet usage ai
chaque partie dans les plantes et dans les animaux juste d'admirer la main de Dieu qui les a fïdles, itre et glorifier l'ouvrier par l'Inspection de ses ou* ion pas de deviner pour quelle fin il a créé chaque Diqup, en matière de morale, où il est souvent ï
de conjectures, ce soit quelqiipfoisunechoi^epicused
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368 Mponses
sidérer quelle fin nous pouvons conjecturer que Dieu s'est proposée au gouvernement de l'univers, certainement en physique, où toutes choses doivent être appuyées de'solides raisons, cela serait inepte. Et on ne peut pas feindre qu'il y ait des fins plus aisées à découvrir les unes que les autres ; car elles sont toutes également cachées dans l'abîme imperscrutable de sa sagesse. ' .j ^ Et vous ne devez pas aussi feindre qu'il n'y a point d'honune
aui puisse comprendre les autres causes ; car il n'y en a pas une qui ne soit beaucoup plus aisée à connaître que celle de la On que Dieu s'est proposée ; et même celles que vous apportez pour servir d'exemple de la difficulté qu'il'y a ne sont pas si difficiles que je ne sache qu'il y en a tel qui se persuade de les connaître. Enfin, puisque vous me demandez si ingénument «c quelles « idées j'estime que mon esprit aurait eues de Dieu et de lui- « même si, du moment qu'il a été infus dedans le corps, il y ' « fût demeuré jusqu'à cette heure les yeux fermés, les oreilles « bouchées, et sans aucun usage des autres sens, » je vous réponds aussi ingénument et sincèrement que (pourvu que nous supposions qu'il n'eût été ni empêché ni aidé par le corps à penser et méditer) je ne doute point qu'il n'aurait eu les mêmes idées qu'il en a. maintenant^ sinon qu'il les aurait eues beaucoup plus claires et plus pures ; car les sens l'empêchent en beaucoup de rencontres, et ne lui aident en rien pour les concevoir. Et de f^t il n'y a rien qui empêche tous les hommes de reconnaître également qu'ils ont en eux ces mêmes idées , que parce qu'ils sont pour l'ordinaire trop occupés à la considération des choses corporelles.
! n. Vous prenez partout ici mal à propos être sujet à Verreur
pour une imperfection positive, quoique néanmoins ce soit seuy lement, principalement au respect de Dieu, une négation d'une
/ plus grande peifection dans les créatures. Et la comparaison
/ des citoyens d'une république ne cadre pas avec les parties de l'univers ; car la malice des citoyens, en tant que rapportée à la république, est quelque chose de positif; mais il n'en est pas de même de ce que l'homme est sujet à l'erreur, c'est-à-dire de ce qu'il n'a pas toutes sortes de perfections, eu égard au bien de l'univers. Mais la comparaison peut être mieux établie entre celui qui voudrait que le corps humain fût couvert d'yeux, afin qu'il parût plus beau, d'autant qu'il n'y a point en lui de partie plus belle que Vc^^ et celui giii pense qu'il ne devrait point
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Ain CINQUIÈMES oBjECTions, 369
■ de créatures au inonde qui ne fussent exemptes d'er- :'est-à-dire qui ne fussent entièrement parfaites . ;
1u3, ce- que vous supposez ensuite n'est nu^ement vérik savoir, a que Dieu nous destine à des œuvres mauvai- :;t qu'il nous donne des imperfections et autres choses itablcs. a Comme aussi il n'est pas vrai que « Dieu ait lé h l'homme une faculté de juger incertaine, confuse suffisante pour ce peu de choses qu'il a voulu soumettre 1 jugement. »
l'oulez-vous que je vous dise, en peu de paroles, a à quoi ilonté se peut étendre qui passe les bornes de l'entendet? V C'est, en un mot, à toutes les choses oii il arrive que irons. Ainsi, quand vous jugez que l'esprit est un corps et délié, tous pouvez bien, à la vérité, concevoir qu'il esprit, c'est-à-dire une chose qui pense, et aussi qu'un léUé est une chose étendue ; mais que la chose qui pense ; qui est étendue soient une même chose, certainement le le concevez point, mais seulement vous le voulez
parce que vous l'avez déjà cru auparavant, et que vous is départez pas facilement de vos opinions, ni ne quiltei lontiers vos préjugés. Ainsi, lorsque vous jugez qu'une e qui par hasard est empoisonnée sera bonne pour votre it, vous concevez à la v^té fort bien que son odeur, sa r et mSme son goût sont agréables, mais vous ne conccs pour cela que cette pomme vous doive être utile si tous es votre aliment; mais, parce que vous le voulez ainsi, ya jugez de la sorte. Et ainsi j'avoue bien que nous ne is rien dont nous ne concevionsen quelque façon quelque
mais je nie que notre entendre et notre vouloir soient ! étendue; car il est certain que nous pouvons vouloir urs choses d'une même chose, et que cependant nous Qs n'en connaître que fort peu; et lorsque nous ne jupas bien, nous ne voulons pas pour cela mal, mais peutiielque chose de mauvais; et même on peut dire que nous Lcevons mal aucune chose, mais seulement que nous somits mal concevoir lorsque nous jugeons que nous conce- [uelque chose de plus qu'en effet nous ne concevons. lique ce que vous niez ensuite touchant l'indifférence de ïnté soit de soi très-manifeste, je ne veux pas pourtant enndre de vous le prouver; car cela est tel que chacun le
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doit plutôt renentir et expérimenter en soHoêiiie que te le per* saader par raison ; et certes ce n^est pas merveille si dans le personnage qne vous jouez, et tu la naturelie disproportion qui est entre la chair et Tesprit, il semiUe que tous ne preniez pas garde et ne remarquiez pas la manière avec laquelle Fesprit agit au dedans de soi. Ne soyez donc pas libre, si bon tous semble; pour moi, je jouirai de ma liberté, puisque non-seulement je la ressens en moi-même, mais que je irois aussi qu'ayant des* sein de la combattre, au lieu de lui opposer de bonnes et soli* des raisons, yous tous contentes simplement de la nier. Et peut-être que je trouverai plus de créance en Fesprit des antres en assurant ce que j'ai expérimenté, et dont chacun peut aussi faire épreuve en soinnême, que non pas vous, qui niez une chose pour cela seul que vous ne Faves peut^tre jamais expérimentée. Et néanmoins il est aisé de juger par vos propres paroles que vous Favei quelquefois éprouvée : car où vous nies que « nous puissions'nous empêcher de tomber dans Terreur, » parce que vous ne voulez pas que la volonté se porte à aucune chose qu'elle n*y soit déterminée par Fentendement, là même vous demeiu-ez d'accord que c nous pouvons nous empêcher el « prendre garde de n'y pas persévérer, » ce qui ne se peut aucunement faire sans cette liberté que la volonté a de se porter çà ou là sans attendre la détermination de Fentendement, la* quelle néanmoins vous ne vouliez pas reconnaître. Car si Fen« tendement a une fois déterminé la volonté à faire un faux juge* ment, je vous demande , lorsque la volonté commence la première fois à prendre garde de ne pas persévérer dans Fer* reur, qui est-ce qui la détermine à cela? Si c'est elle-même, donc elle peut se porter à quelque chose sans y être déterminée par Fentendement, et néanmoins c'était ce que vous niiez tantôt et qui fait encore à présent tout le sujet de notre dispute ; que si elle est déterminée par Fentendement, donc ce n'est pas elle qui se tient sur ses gardes ; mais seulement il arrive que, oonune elle se portait auparavant vers le faux qui lui était par lut proposé, de même par hasard elle se porte maintenant vers le vrai, parce que Fentendement le lui propose. Mais de plus je voudrais bien savoir quelle vous concevez être la nature du faiix, et comment vous pensez qu'il peut êti'e Fobjët de Fentendement. Car, pour moi, qui ' par le faux n'entends rien autre chose que la rivation du vrai, je trouve qu'il y a une entière répugnance que
AUX CINQUIÂMBS OBJECTIONS. 374
rentendement appréhende le faux sous la foriiae ou Tapparence du vrai, ce qui toutefois serait nécessaire s'il déterminait jamais la volonté à embrasser la fausseté*
rv. Pour ce qui regarde le fruit de ces Méditations, j'ai, ce me semble, assez averti dans la préface, laquelle je pense que vous avez lue, qu'il ne sera pas grand pour ceux qui, ne se mettant pas en peine de comprendre Tordre et la liaison de mes raisons, tâcheront seulement de chercher à toutes rencontres des occa<* sions de dispute* Bt quant à la méthode qui nous apprend à pouvoir discerner les choses que nous concevons en effet clairement de celles que nous nous persuadons seulement de concevoir avec clarté et distinction, encore que je pense Favoir assez exactement enseignée, comme j*ai déjà dit, je n'oserais pas néanmoins me proipettre que ceiix4à la puissent aisément comprendre qui travaillent si peu à sa dépouillei* de leurs préjugés qu'ils se plaignent que j^ai été trop long et trop exact à montrer le moyen de s'en défaire.
DIS CHOSES QUI ONT ÉTÉ OBJBCTÉBS OOnfaB LàOnOmÉHE VdmTATlOlf*
I. D'autant qu'après avoir ici rapports quelques«-unes de m&» paroles vous ajoutez que c'est tout ce que j'ai dit touchant la' question proposée, je suis obligé d'avertir le lecteur que vous n'avez pas assea pris garde à la suite et liaison de ce que j'ai écrit; car je crois qu'^e est telle pour la preuve de chaque question que toutes les choses qui la précèdent y contribuent et une grande partie de celles qui la suiyent : en sorte que vous ne sauriez iidèlement rapporter tout ce que j'ai dit de quelque question si vous ne rapportes en même temps tout ce que j'ai écrit des autres.
Quant à ce que vous dites que « cela vous sembla dur de voir « établir quelque chose d'immuable et d'éteniel autre que Dieu, » vous auriez raison s'il était question d'une chose existante, on bien seulement si j'établissais quelque chose de tellement immuable que son immutabilité même ne dépendit pas de Dieu. Mais tout ainsi que les poètes feignent que les destinées ont bien à la vérité été faites et ordonnées par Jupiter, mais que depuis qu'elles ont une fois par lui été étid>lies il s'est lui«môme obligé de les garder, de même je ne pense pas à la vérité que les essences des choseSt et ces vérités mathématiques que l'on eu
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peut coonaltre, soient in dé pond an te s de Dieu ; mais néani je pense que, parce que Dieu l'a ainsi voulu et qu'il en a disposé, elles sont immuables et étemelles; or, que celi semble dur ou mou, il m'importe fort peu; pour moi il n fit que cela wÀt véritable.
Ce que vous alléguez ensuite contre les nniversanx det lecticiens ne me touche point, puisque jeles conçois tont autre façon qu'eux. Mais pour ce qui regarde les esseno nous connaissons clairenient et distinctement, telles celle du triangle ou de quelque autre âgure de géomét vous ferai aisément avoner que les idées de celles qui si nous n'ont point été tirées des idées des choses singulièr« ce qui voua meut ici à dire qu'elles sont fausses n'est que qu'elles ne s'accordent pas avec l'opinion que vous avez c de la nature des choses. Et même un peu après vous dib
■ l'objet des pures mathématiques, comme le point, la
■ la superficie et les indivisibles qui en sont composés, m « vent avoir aucune existence hors de l'entendement ; » c suit nécessairement qu'il n'; a jamais eu aucun triangle d monde, ni rien de tout ce que nous concevons n'appartiei nature du triangle, on à cdle de quelque autre figure di métrie, et partant que les essences de ces choses n'ont été tirées d'aucunes choses existantes. Mais, dites-vous, sont fausses. Oui, selon votre opinion, parce que vous s: sez la nature des choses être telle qu'elles ne peuvent pi Être conformes. Hais si vous ne soutenez aussi que to géométrie est fausse, vous ne sauriez nier qu'on n'en dé tre plusieurs vérités, qui ne changeant jamais et étant toi les mêmes, ce n'est pas sans raison qu'on les appelle im blés et étemelles.
Hais de ce qu'elles ne sont peut-être pas conformes à nion que vous avez de la nature des choses, ni même ai celle que Démocrite et Épicure ont bâtie et composée d'at cela n'est à leur égard qu'une dénomination extérieure, < cause en elle aucun changement ; et toutefois on ne peu douter qu'elles ne soient conformes à cette véritable na(u choses qui a été faite et constniite par le vrai Dieu : non 7 ail dans le monde des substances qui aient de la lon| sans largeur, ou de la largeur sans profondeur ; mais parc les figures géométriques ne sont pas considérées comn
aSX CIKQUIÈMES OUECTIOKS. 373
aces, mais seulement comme des termes sous lesquels la ice est contenue. Cependant, je ne demeure pas d'accord 1 idées de ces figures nous soient jamais tombées sous les omme chacun se le persuade ordinairement ; car, encore 'y ait point de doute qu'il y en puisse avoir dans le monde «que les géomètres les considèrent, je nie pourtant qu'il it aucune autour de nous, sinon peut-être de si petites s ne font aucune impression suf nos sens : car elles son! ordinaire composées dtflignes droites, et je ne pense pas mais aucune partie d'une ligne ait touché nos sens qui ritablement droite. Aussi, quand nous venons à regarder 'ers d'une lunette celles qui nous avaient semblé les plus :, nous les voyons toutes irrégulières et courbées de tou- ■ts comme les ondes. Et partant, lorsque nous avoQS la ire fois aperçu en notre enfance une figure triangulaire sur le papier, cette figure n'a pu nous apprendre comme it concevoir le triangle géométrique, parce qu'elle ne le entait pas mieux qu'un mauvais crayon une image partlais d'autant que l'idée véritable du triangle était déjà is, et que notre esprit la pouvait plus aisément concevoii figure moins simple ou plus composée d'un triangle peint, ient qu'ayant vu cette figure composée nous ne l'avons ncue elle-même, mais plutôt le véritable triai^le. Toul [ue quand nous jetons les yeux sur une carte où il y a les traits qui sont disposés et arrangés, de telle sorte qu'il! entent la face d'un homme, alors cette vue n'eicite pas 1 nous l'idée de ces mêmes traits que celle d'un homme : n'arriverait pas ainsi si la face d'un homme nous étail B d'ailleurs, et si nous n'étions plus accoutumés à pen- Ue que non pas à ses traits, lesquels assez souvent même le saurions distinguer les uns des autres quand nous en es un peu éloignés. Ainsi, certes, nousnepourrionsjamai! itre lé triangle géométrique par celui que nous voyon» sur le papier, si notre esprit d'ailleurs n'en avait ev
e ne vois pas ici de quel genre de choses vous voulei qu€ ;nce soit, ni pourquoi elle ne peut pas aussi bien être dite ropriété, comme la toute-puissance, prenant le nom de été pour toute sorte d'attribut ou pour tout ce qui peut Itrihué à une chose, selon qu'en effet il doit ici être pris.
174 ilraittEB
laii, bien dOTaatege, l'enateace nëccEsaîre ut vrùmeni >ieu une propriété prise daoB le sens le moini étendu, p ju'elle confient à lui seul, et qu'il n'y a qu'ea lui qu'elle I tartie de l'essence. C'est pourquoi auui l'existence du tria le doit pas étrp comparée avec l'exbtence de Dieu, parce qu i mauifeatement en Dieu une autre relation h l'essence qu l'a pas dans le triai^le ; et je ne coioincti pai plutôt en ce aute que les It^ciens nomment une pétition de principe, . [ue je mets reiiitenca entre les choses qui appartiennent à ence de Dieu, que loraqu' entre les propriétés du triangle je i 'égalité de la grandeur de BM trois triangles avec deux droi l'est pas vrai aussi que reaaence et l'existence eu Dieu, s lien que dans le triangle, peuventétre conçues l'uueaausl re, parce que Dieu est sou être, et non pas le triangle. El efois je ne nia paa que l'eiiatence possible ne soit une pei ion dans l'idée du triangle, comme l'existence nécessairt me perfection dans l'idée de Dieu , car cela la rend pins ûte que ne sont les idées de toutes ces chimères que nous losons ne pouvoir être produites. Et partant vous n'ave ien diminué U force de mon allument, et vous demc Dujûurs abusé par ce sophisme que vous dites avoir été s ile à résoudre. Quant à ce qua tous Éij<^utea ensuite, j'y ai ufBsauiiQent répondu; et vous tous trompes grander Drsque vous dites qu'on ne démontre pas l'existence de i omme on démontre que tout triangle rectUigne a ses trois les égaux à deux droits; car la raison est pareille en tou: eux, hormis que la démonstration qui prouve l'existencf lien est beaucoup plus simple et plus évidente que Taulre. m, je passe sous silence le reste, parce que, lorsque vous < ne je n'explique pas asseï les choses, et que mes preuvei ont pas convaincantes, je pense qu'à meilleur titre ou p ait dire le mâme de vous et des vôtres. 111. Contre tout ce que vous rapportes ici de Diagore, de Tl ore, de Pytbagore, et de plusieurs autres, jo voua oppose ceptiques, qui révoquaient en doute les démonstrations m< e gécinétrie, et je soutiens qu'ihi ne l'auraient pas fait valent connu Dieu comme il faut; et même de ce qu'une cl arait vraie à plus de personnes, cela ne prouve pas que ( hose soit plus notoire et plus manifeste qu'une autre, i ieu de ce que ceux qui ont une connaissance sulttsantc
AUX (nHQDinH OBJECTIONS. a7S
Bt de l'autra reconnaissent que l'une M preauèrement iG, plus évidente et plut assurée que l'autre.
lOSER QUI ONT tli OBJECTÉES CGHTRE U SniÉHE MtonATION.
'ai déjà ci-devant réfuté ce que vous niez ici, à savoir, les choses matérielles , en tant qu'elles sont l'objet de*
hématiques pures, puissent avoir aucune esistence.» Pour est de l'intellection d'un chiliogone , il n'est nullement u'ellc soit confuse, car on en peut très-clairement et très- ;tement démontrer plusieurs choses, ce qui ne se poui^ icnnement faire si on ne le connaissait que confusément, mme vous dites, si on n'en connaissait que le nom ; mais Irès-certain que nous le concevons très-dairement tout et tout à la fois, quoique nous ne le puissions pas ainsi itent Imaginer : d'où il est évident que les facultés d'en» : et d'imaginer ne diffèrent pas seulement selon le plus aoins, mais comme deux manières d'agir totalement ditis. Car dans l'inleilectiou l'esprit ne se sert que de soU , au lieu que dans l'imagination il contemple quelque corporelle ; et encore que les figures géométriques soient . fait corporelles, néanmoins il ne se faut pas persuader :s idées qui servent à nous les faire concevoir le soient ^uand elles ne tombent point sous l'imagination ; et enfin e peut être digne quede vous, d chair, de penser que aie* 9 de Dieu, de l'ange et de l'âme de l'homme soient corpois ou quasi corporelles, ayant été tirées de la forme du « humain et de quelques autres choses fort simples, fort res et fort imperceptibles. » Car quiconque se représente ie la sorte ou même l'esprit humain, lAche d'Imaginer une qui n'est point du tout imaginable, et ne se figure autre qu'une idée corporelle à qui il attribue faussement le le Dieu ou d'esprit ; car, dans la vraie idée de l'esprit, il rien de contenu que la seule pensée avec tous ses attrientre lesquels il n'y en a aucun qui soit corporel. ^ous faites voir ici clairement que vous vous appuyez seo* it sur vos préjugés sans jamais vous en 'détaire, puisque le voulez pas que nous ayons le moindre soupçon de fausour les choses où jamais nous n'en avons remarqué auet c'est pour cela que vous dites « que lorsque noiis re-
« gardons de près, et que nous toudionH quasi de la m^ • tour, nous sommes assurés qu'elle est carrée, si elle nom M raît telle; Et que, lorsque nous sommes en effet éveillés, « ne pouvons pas être en doute si nous veillons ou si non: « vons, > et autres choses semblables ; car vous n'avei au raison de croire que vous ayez jamais assez soigneoseï examiné et observé toutes les choses en quoi il peut arriver vous erriez ; et peut-être ne serait-il pas malaisé de moi que vous vous trompez quelquefois en des choses que vou mettei ainsi pour vraies et pour assurées. Mais lorsque voi revenez là de dire ■ qu'au moins on ne peut pas douter qu « choses ne nous paraissent comme elles sont, » vous en i nez k ce que j'ai dit ; car cela marne est en termes exprès ma seconde Méditation ; mais ici il était question de la vérit choses qui sonL hors de nous, sur quoi je ne vois pas que ajez du tout rien dit de véritable.
111. Je ne m'arrSte pas ici sur des choses quo vous avez de fois rebattues, et que vous répétez encore en cet endr vainement : par exemple, qu'il 7 a Ijeaucoup de choses qu< avancées sans preuve, lesquelles je maintiens néanmoins > très-évidemment démontrées; comme aussi que j'ai seule voulu parler du corps grossier et palpable lorsque j'ai eic corps de mon essence ; quoique néanmoins mon dessein a d'eneicluretoutesortedecorps, pour petit et subtil qu'il p être, et autres choses semblables ; car qu'y a-t-il à répom tant de paroks dites et avancées sans aucun raisonnaUe fi ment, sinon que de les nier tout simplement t Je dirai e moins en passant que je voudrais bien savoir sur quoi vous fondez pour dire que j'ai plutdt parlé du éorps mas grossier que du corps subtil et délié. C'est, dites-vous, ] que j'ai dit que a j'ai un corps auquel je suis conjoint, aussi qu'il est «■ certain que moi, c'est-à-dire mon &me, « distincte de mon corps, > où je confesse que je ne vois pourquoi ces paroles ne pourraient pas aussi bien être raj; tées au corps subtil et imperceptible qu'à celui qui est grossier et palpable ; et je ne crois pas que cette pensée p tomber enl'esprit d'un autre que de vous. Au reste, j'ai fait clairement dans la seconde Méditation que l'espiit pouvaii conçu comme une substance existante, auparavant même nous sachions s'il y a au monde aucun vent, aucun feu, au
kvx anQciËHEs objechohï. 371
r, aucun air, ni aucun autiï corps que ce soit, pour subdélié qu'il puisse être; maÎB de savoir si en cITet il était :ut du corps, j'ai dit en cet endroit-là que ce n'était pas là , d'en traiter. Ce qu'avant rëservé pour cette sixième Hé' in, c'est là aussi ou j'en ai amplement traité, et où j'ai cette question par ime très-forte et Téritable démonstralais vous, au contraire, confondant la question qui conconunent l'esprit peut être conçu avec ceUe qui r^ardc il est en effet, ne faites pariutre autre chose sinon que l'aveE rien compris distinctement de toutes ces choses. Vous demandez ici « comment j'estime, que l'espèce ou i du corps, lequel est étendu, peut être reçue en moi qui une chose non étendue. » Je réponds à cela qu'aucune corporelle n'est reçue dans l'espiil, mais que la concep- 1 l'intellection pure des choses, soit corporelles, soit spiri- , se fait sans aucune image ou espèce corporelle; et à l'imagination, qui ne peut être que des choses corpoil est vrai que pour en former une il est besoin d'une qui soit un véritable corps et à laquelle l'esprit s'appli- ]ais non pas qui soit reçue dans l'esprit. Ce que vous dites ie du soleil, qu'un aveugle-né forme sur la simple coniice qu'il a de sa chaleur, se peut aisément réfuter; car ngte peut bien avoir une id^ claire et distincte du soleil s d'une chose qui échauffe, quoiqu'il n'en ait pas l'idée a d'une chose qui éclaire et illumine. Et c'est sans raisou us me comparez à cet aveugle; premièrement parce que naissance d'une chose qui pense s'étend beaucoup plus le celle d'une chose qui échautFe, voire même elle est nple qu'aucune que nous ayons de quelqu? autre chose soit, comme j'ai montré en son lieu, et aussi parce qu'il personne qui puisse montrer que cette idée du soleil que cet aveugle ne contienne pas tout ce que l'on peut con- ' de lui, sinon celui qui étant doué du sens de la vue conttre cela sa figure et sa lumière ; mais pour vous, nonlent vous n'en connaisses pas davantage que moi touchant I, mais vous n'y apercevez pas tout ce que j'y vois ; de [u'en cela c'est plutôt vous qui ressemblez à un aveugle, e puis tout au plus, à votre égard, être appelé que louche 1 clairrojant, avec tout le reste des hommes. Au reste, pas Ecouté que l'esprit n'était point étendu pour expliquer
ÎJj.
^1^ ntPOMts «m emointBM aincmoira.
ijiiel U est et Taire connaître sa nature, mais seulement ) avertir que ccuX'là se trompent qui pensent qu'il soit étei Tout de même que s'il s'en trouvait quelques-uns qui vou sent dire que Bucéphale est une musique, ce ne serait pa vain et sans raison que cela serait nié par d'autres. Et de ^ dans tout ce que vous ajoatei ici pour prouver que l'esprit i'dlendue, d'autanl, dites-vous, qu'il se sert du corps, le est étendu, il me semble que vous ne raisonner pas mieux si, de ce que Bucéphale hennit et ainsi pousse des sons qui vent être rapporta à la musique, tous tiriea cette ctinsàiuE que Bucéphale est donc une musique. Car, encore que l'e soit uni à tout le corps, il ne lensùil pas de là qu'il soit éti par tout le corps, parce que ce n'est pas le propre de l'e d'ËIre étendu, mais seulement de penier, El il ne conçoit l'extension par une espèca étendue ipii soit en lui, bien l'imagine en se tournant et s'appliquant à une espèce corpc qui est étendue, comme j'ai dit auparavant Et en^ il pas nécessaire que l'esprit soit de l'ordre et de la nature du o quoiqu'il ait la force ou la vertu de mouvoir le corpa.
V. Ce que vous dites ici, touchant l'union de l'esprit av corps, est semblable aux difficultés précédentes. Vous n'o tcz rien du tout contre met raisonE, mais vous proposes si ment les doutes qui vous semblent suivre de mes conolus quoiqu'on effet ils ne vous viennent à l'esprit que parce que voulez soumettre à l'examen de l'Imagination des choses q leur nature ne sont point sujettes & sa juridiction. Ainsi, q vous voulez comparer Id le mélange qui se fait du oorps l'esprit avec celui de deni corps mSléa ensemble, il me de répondre qu'on ne doit fkii« entre ces choses aucune paraison, pour ce qu'elles sont de deui genres totalement rents, et qu'il ne se faut pas Imaginer que l'esprit ait des ties, encore qu'il conçoive des parties dans le cups. Cai vous a appris que tout ce que l'esprit conçoive doive éln Icmcnt en lui ? Certainement, si cela était, lorsqu'il conç irandeur de l'univers, il aurait aussi en lui cette grande linsi il ne serait pas seulement étendu, mais il serait i plus grand que tout le monde.
VI. Vousneditesrleniciqulme soit contraire, etnelaias< d'en dire beaucoup ;d'oii le lecteurpeulapprendra qu'on ii< pas juger de la force de vos raisons par U prolixité de vot pa:
i]uea ici Tesprit a discouru avec la chair, et, co aisonnable en beaucoup de choses, 11 n'a pas si nents. Mais maintenant Je lève le masque et re éritablement Je parle à H. Gassendi, personne imandable pour l'intégrité de ses mœurs et la can >prit que poilt la prorondeur et la subtilité de sa d< qui l'amitié me sera toujouis très-cbère ; aussi je p -même le peut savoir, queje rechercherai toujours, nue sera possible, les occasions de l'act^uérir. Ces e le supplie de ne pas trouver mauvais si, en réfui ions, j'ai usé de la liberté ordinaire aux philoi le aussi de ma part je l'assure que je n'j ai rien e m'ait été très-agréable ; mais surtout J'ai été rav: le de son mérite, dans un discours si long et si solj it rechercht^, n'ait apportiï aucune raison qui ait : et renverser les miennes, et qu'il n'ait aussi rien î mes conclusions à quoi il ne m'ait été trèi-faciie