TOUCHANT LA PHILOSOPHIE PREMIERE
• Monsieur»
A. Les demandes que vous me laites touchant votre nouv^le méthode de chercher la vérité dans les sciences sont en grand nomhre et importantes; et quoique, pour tirer réponse de moi, TOUS n^usiez pas de simples prières, mais de conjurations fort pressantes,
B. Je me tairai pourtant, et ne satisferai point à votre désir, si premièrement vous ne me promettez que, dans tout ce discours, nous n'aurons égard en aucune façon à pas un de ceux qui ont ci-devant écrit ou enseigné quelque chose touchant cette matière, et que vous réglerez tellement vos demandes qu^on ne pourra pas croire que vous ayez dessein de savoir ce qu''ils ont pensé là-dessus et avec quel succès Ils ont écrit ; mais, comme si jamais personne avant vous n'avait ni pensé, ni dit, ni écrit aucune chose sui^ ce sujet, que vous me proposerez seulement les difficultés qui se pourront rencontrer dans la recherche que vous faites d'une nouvelle méthode de philosopher, atin que par ce moyen, non-seulement nous cherchions la vérité, mais que nous la cherchions aussi de telle sorte que nous ne blessions point les lois de l'amitié et du respect qui se doit garder enti^e les savants. Puisque vous en êtes d'accord et que vous me le promettez, je vous promets aussi de répondre à toutes vos demandes.
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