‹ Œuvres de Descartes (volume 2)Chapitre 98 sur 106 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

DES PASSIOKS PARTICULIÈRES.

Après avoir expliqué les six passions primitives, qui |Soq| comme les genres dont toutes les autres sqnt des espèces, je re<; marc[uerai ici succinctement ce (ju'il y a de partiçidier en cba« cune de ces autres, et je tiendrai le même ordre suivant lequel je les ai ci-dessus dénombrées. Les deux preifiières sont Festime et le mépris ; car, bien que ces noms ne signifient ordinaireipont qu^ ton Q|liii&»« ^'m a sans passian de la valeuv èà chaque chose, toutefois, à cause que, de ces opinions, il naît souvent des passions auxquelles on n'a point donné de nopois particuliers, il me semble que ceux-ci leur peuvent être attribués. Et l'estime, eh tant qu'elle est une passion, est une inclination qu'aFâme à se représenter la valeur de la chose estimée, laquelle inclination est causée par un mouvement particulier des esprits tellement conduits dans le cerveau qu'ils fortifient les impressions qui servent à ce sujet ; comme, au contraire, la passion du mépris est une inclination qu'aFâmeà considérer la bassesse ou petitesse de ce qu'elle méprise, causée par le mouiienieat des esprits qui fortifient l'idée de cette petitesse.

AH. ISO. Que M« devx j^aasioiks pe èç^ï qpe deft^pècei d'i1iniratl<w»

Ainsi ces deux passions ne sont ^ue des espèces d^adiqiratîon; car lorscpie nous n'admirons point la grandeur ni la petitesse d^un objet, nous n'en faisons ni plus ni moins d'état que la rai* son nous dicte que nous en devons faire, de façon que nowi Festimons ou le méprisons alors sans passion ; et, bien que souvent Festime soit excitée en nous par Famour, et le mépris par la haine, cela n'est pas universel, et ne vient que de ce qu'on est plus ou moins enclin à considérer la grandeur ou la petitesse d'un objet à raison de ce qu'on a plus ou moins d'affec* tion pour lui.

fAÀTIE. Ml

AH. Ut. QnfcUM tOBt plw renaroMbiM qntod nom !•• rtpporlont i noiii-intaies.

Or ces deut passions se peuvent gétlëralehient rapporter à toates sortes d^objets ; mais elles kont principalëmeht remarqua* blés quand nous les i-appôrtons à nôiis-thêmed, c'est-à-dire quand c'est notre pi-oprë inérite que nous estimons ou mëpri* sons; et le mouvement des esprits qui les cause est alors si manifeste qu'il change même là. nline, les gestes, la démarche et généralement toutes les actioti^ de ceux qui conçoivent und meilleure ou une plus inàUVaisë dpinioh d'eux-mêmes qu'à rorditlaire.

Art. 151. Pour qaéUe canae on pont t'eilimer.

Et pour ce que l'ilne de^ principales pclrtiës de Id sagesse est dé savoir en quelle façon et poui* qilelle &àuse chacun se doit estimer ou mépriser, je tâcherai ici d'en dire mon opifaion. lë ne remarque en nous qu'une seule chose qui nous puisse donner juste raison de nous estimer, à savoir Fusage de LV)tre libre arbith^i et l'etUpire qdëhous avons sur hôs voloîltës; bai* il n'y a que les seules actions (}tii dépendent de ce libre arbiti*e pour ^ lesquelleft nous puissions avec raisôti être loués bu blâmés ; et V il nous rend en quelque façon seniblaUed à Dieu en nous faisant maîtres de nous-mêmes, podrtu que nous ne pëhlioïkl point par lâcheté les droits qu'il iious donne.

Art. iftS. Hn quoi eootiito U f^éroiité.

Ainsi je crois que la vraie générosité, qui fait qu'un homtilë s'estime au plus haut point qu'il se peut légitimement estimer» consiste seulement partie en ce qu'il connaît qu'il n'y a rien

3ui véritablement lui appartienne que cette libre disposition e ses volontés, ni pourquoi il doive être loué ou blânlé sinon i / pour ce qu'il en use bien ou mal, et partie en ce qu'il sent en ^ soi-même une feritie et constante résolution d^en bien user, c'ést-à-dire de ne manquer jamais de volonté pour entreprendre et exécuter toutes les choses qu'il jugera être les meilleures : ce quÀ est suivre parfaitement la vertu.

Art IM. Qu'elle etnpèehi ^è^ûêl né nlépHio le« inting.

Ceux qui ont cette connaissance et sentiment d'eux-mêmes

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