‹ Œuvres de Descartes (volume 3)Chapitre 41 sur 91 · DU VRAI ET DU FAUX · texte numérisé non relu

DU VRAI ET DU FAUX

« Et ainsi je connais que Terreur, en tant que telle, n^est pas « quelque chose de réel qui dépende de Dieu, mais que c'est « seulement un défaut; et partant, que pour faillir je n'ai pas « besoin de quelque faculté qui m'ait été donnée de Dieu parti* « culièrement pour cet effet, n

Il est certain que l'ignorance est seulement un défaut, et qu*il n*est pas besoin d'aucune faculté positive pour ignorer ; mais quant à Terreur, la chose n'est pas si manifeste : car il semble que si les pierres et les autres choses inanimées ne peuvent errer, c'est seulement parce qu'elles n'ont pas la faculté de raisonner ni d'imaginer ; et partant il faut conclure que pour errer il est besoin d'un entendement, ou du moins d'une imagination (qui sont des facultés toutes deux positives), accordés à tous ceux qui se trompent, mais aussi à eux seuls.

Outi*e cela, M. Descartes ajoute : «J'aperçois que mes erreurs « dépendent du concoui*s de deux causes, à savoir de la faculté « de connaître qui est en moi et de la faculté d'élire ou bien « de mon libre arbitre. » Ce qui me semble avoir de la contradiction avec les choses qui ont été dites auparavant. Où il faut aussi remarquer que la liberté du franc arbitre est supposée sans être prouvée, quoique cette supposition soit conti*aire à Topinion des calvinistes.

béponse:

Encore que pour faillir il soit besoin de la faculté de raisonner, ou pour mieux dire de juger, c'est-à-dire d'affirmer et de nier, d'autant que c'en est le défaut, il ne s'ensuit pas pour cela que ce défaut soit réel, non plus que Taveuglemeut n'est pas appelé l'éel, quoique les pierres ne soient pas dites aveugles

Uigitizecl i3y x^^K'KJWls^

iià TROISIÈMES OBJECTIO?(S

pour cela âeuleméttl (jumelles ne sonl pas capables de ^oîr. Et je suis étbrihé de n'àtôir encore pii rencontl^r danà toutes ceè objections aucune conséquence qui me semblât être bien déduite de ses principes.

Je n'ai rien supposé on avancé touchant la liberté que ce que nous ressentons tous les jours en nous-mêmes, et qui est trèsconnu par la lumière naturelle ; et Je ne puis comprendre pourquoi il est dit ici que cela répugne ou a de la contradiction avec ce qui a été dit auparavant.

Mais encore que peut-être il y en ait plusieurs qui, lorsqu'ils considèrent la préordination de Dieu, ne peuvent comprendre l'onimenl notre liberté peut subsister et s'accorder avec elle, il iry à héanraoins pei-sonne qui, se regardatit soi-même, ne resscnlfe et n'eipérimente que la volonté et là liberté ne sont qu'une même chose, ou plutôt qu'il n'y a point de différence entre ce (Jiii èsi volontaire et ce qui est libre. Et ce n'est pas ici le Heu d'eiaminel* quelle est en cela ropinion des calvinistes.

OBIKGTIOM TREIZlÉIfB*

Sur la quatrième Uédîtation.

t Par etemple, etaminàAt ces jours passés s! quelque chose « oiistait véHtâÛement dans le tiionde, et phenant garde que 'a de cela ^cul que j'etàrainais cette questiotl, Il suivait trèsd éVideitimcnt que j'existais nioi-même, je ne pouvais pas m'eni- ^ pêchm* d^ juger qu'une cho^ que je concevais si clairement ^ était vraie; ttdn que je ta'y trouvasse forcé par une cause H estérlëûrë, filait seulemetit paite qud d'une grande dartë qui c( t^tàit ëh fhoh ëntendetnent à suivi lide grande inclinatian en ^ msl Vt)h)hté, et ainsi je me suis porté à croire avec d'autant a plus de libellé que je me suis trouvé &VGe noins d'indiff&<- « rence. »

Cette façon de parier, une gratude dartè dans Ventendement^ est métaphorique, et partant n'est pas propre à entrer dans un aiplihont : or celui qui n'a aucun doute prétend avoir une semblable darté , et sa volonté n'a pas une moindre inclination ^oiir àffliUier ce dont ii n'a aucuil doute que celui qui a une \)àtfafte science. Cette clarté peut donc bieii être la cause pour» tiuoi qttrlqii'un aura et défendra avec opiniâli-eté quelque opî-

Uigitizeci by VJV^VJ'

ET RÉPONSE. iîi

nion, mais elle ne lui saurait faire connaître avec cerutude qu'elle est Traie.

De plus, non-seulement savoir qu'une chose est vraie, mais aussi la croire ou lui donner son aveu ou consentement, ce sont choses qui ne dépendent point de la volonté ; car les choses qui nous sont prouvées par de bons arguments ou racontées comme croyables, soit que nous le voulions ou non, nous sommes contraints de les croire. Il est bien vrai qu'affirmer ou nier, soutenir ou réfuter des propositions, ce sont des actes de la volonté ; mais il ne s^ensuit pas que le consentement et Taveu inférieur dépendent de la volonté.

Et partant, la conclusion qui suit n*est pas suffisamment démontrée : « Et c'est dans ce mauvais usage de notre liberté que « consiste cette privation qui constitue la forme de Terreur. »

n importe peu que cette façon de parler, tme grands darUy soit pfopre ou non à entrer dans un argument, pourvu qu'elle ^oit propre pour expliquer nettement notre pensée, comme elle l'est en efiet. Car il n'y a personne qui ne sache que par ce mot, nne clarté dans l'entendemeni^ on entend une clarté ou perspicuité de connaissance, que tous ceux-là n'ont peut-être pas qui pensent l'avoir; mais cela n'empêche pas qu'elle ne diffère beaucoup d'une opinion obstinée qui a été conçue sans une évidente perception

Or, quand il est dit ici qtie, soit que nous voulions ou que nous ne voulions pas, nous donnons notre créance aux choses que nous concevons clairement, c'est de même que si on disait que, soit que nous Voulions ou que nous ne vouûons pas, nous voulons et désirons les choses bonnes quand elles nous sont clairement connues ; car celte fkçon de parler, ioit que nous ne voulioiii pas, n'a point de lieu en telles occasions, parce qu'il y a de la contradiction à truloir et ne vouloir pas une même chose*

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OBJECTION QUATORZiÂlfE.

Sur la daquiène Méditation.

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