INTRODUCTION. XI
gion bien interprétée et la philosophie bien faite; ce n'est pas une règle de conduite. Distinguer dans ses opinions et admettre comme philosophe ce qu'on rejette comme chrétien, c'est tenter une scission impossible et faire deux hommes d'un seul ^. II n'y a donc pas lieu à hésiter ; si l'on veut rester attaché à une croyance religieuse tout en faisant de la philosophie, il faut prendre son parti, dès le commenoementt de renoncer purement et simplement à celles de ses découvertes qui ne seront pas d'accord avec la foi. C'est dans ce sens que Descartes, avant de douter , a voulu mettre à part ' comme dans une arche sainte les vérités révélées. Ce sage et ferme génie a cru qu'il pouvait ôtre philosophe et rester chrétien ; mais il a compris en même temps qu'il y avait séparation complète et profonde entre la religion et la philosophie ; qu'on pouvait, sefon sa croyance, les subordonner l'une à l'autre , mais qu'on ne pouvait les identiOer et les unir. N'oublions pas seulement , pour rester fidèles à l'esprit de Descartes et à la vérité , que le principe de la révéla* tion, pour être admis, doit être contrôlé par la raison'; la raison, en le prenant pour maître, le choisit et ne le subit pas, et fait en abdiquant acte de souveraineté.