‹ Œuvres de Descartes (volume 3)Chapitre 6 sur 91 · AUTORITÉ DE LA CONSCIENCE · texte numérisé non relu

AUTORITÉ DE LA CONSCIENCE

Je pense ^ donc je suis^ n'est pas un enthymème dont la majeure serait : « Point de phénomène sans substance, » ou : « Point d'action sans argent. » H n'y a point là de conclu-

1 Concile de Latran, V, sess. 8 : « Toute asserlioD contraire à la foi est absolument fausse. » S. Aug., ^. 145 à Marcellin: «Si qu» rMio contra divinarum Scripturarum auctorltatem redditur, quamlibet acula slt, fallit Terislmilltudîne, nam vera esse non potest. »

* Glém. d'Aï. Strom., ]. I : « Grœca philosopiila ad doctrinam Sa!vatoris accedcns, non potentiorem facit veritatem, sed sopliisticam adversùB eam impressionem imbecillem reddens, propulsansque dolosas contra Teritatem insidias, congruena vines sepimentum et vallum dicitur. »

XII INTRODrCTION.

sion ni d'antécédent *; et on doit dire avec vérité que Tétre dépend moins de la pensée que la pensée ne dépend de Pélre. Mais, quoiqu'on ne puisse concevoir la pensée sans un ë(rc qui pense, aucun être ne peut être connu sans une action ou un phénomène qui manifeste son existence; en sorte que la connaissance de Tétre est donnée dans la connaissance de ses phénomènes, précisément parce que Inexistence du phénomène dépend de la substance.

Ce principe de la philosophie cartésienne, Je pense, donc je 9uis^ est ce que les adversaires du cartésianisme ont attaqué avec le plus de persévérance; et cela se conçoit, car, ce principe admis , l'autorité de la conscience et de la raison s'ensuit nécessairement. On disait : Ce n'est pas un raisonnement. Il est vrai, ce n'en est pas un, c'est un fait incontestable ; mais reconnaître que ce fait est vrai et qu'il ne peut ^tre contesté, c'est reconnaître que le scepticisme le plus hardi 8'arrète devant la conscience, et qu'il y a au moins une affirmation qui résiste à toutes les tentatives que l'on peut essayer contre elle. On disait aussi : Ce n'est pas un premier principe ; et pour le montrer on s'appuyait sur la synthèse môme de Oescartes, qui se conclut en trois propositions : Je pense, donc je suis; — Je suis et j'ai l'idée de Dieu; Dieu est véridique; — donc je dois me fier à mes facultés. Il résulte de cette synthèse ainsi construite que si je ne dois me fier à mes facultés qu'après avoir vérifié l'existence de Dieu, je ne puis rien affirmer auparavant. Celte objection est solide contre le système de Descaries en ce qui touche la nécessité de Tintervenlion de l'idée de Dieu, mais elle ne prouve rien contre le Je pense, donc je suis.

Enfin 00 opposait à Descartes que cet enthymcme, Je pense.

* Lorsque quelqu'un dit : Je pense, donc je suis, H ne conclut pas son existence de sa pensée comnic par la force de quelque s^flloglsme. mais comme une cliose connue de sol. {Bt'ponse à Merienne^.

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