‹ Œuvres de Descartes (volume 3)Chapitre 70 sur 91 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

de vin que les vapeurs de ce vili etitrant promptement dans le sang montent du cœur au cerveau, où elles se convertissent en esprits qui, étant plus forts et plus abondants que ceux qui y sont d'ordinaire, sont capables de mouvoir le corps en plusieurs étranges façons. Cette inégalité des esprits peut aussi procéder des diverses dispositions du cœur, du foie, de Testomac, de la rate, et de toutes les autres parties qui contribuent à leur production ; car il faut principaJcment ici remarquer certains petits nerfs insérés dans la base du cœur, qui servent à élargir et étrécir les entrées de ces concavités; au moyen de quoi le sang s'y dilatant plus ou moins foil produit des esprits diversement disposés. 11 faut aussi remarquer que, bien que le sang qui entre dans le cœur y vienne de tous les auti-es endroits du corps, il arrive souvent néanmoins qu'il y est davantage poussé de quelques parties que des autres, à cause que les nerfs et les muscles qui répondent à ces parties-là le pressent ou l'agitent davantage ; et que, selon la diversité des parties desquelles il vient le plus, il se dilate diversement dans le cœur, et ensuite produit des esprits qui ont des qualités différentes. Ainsi, par exemple, celui qui vient dé lajpartie inférieure du foie, où est le fiel, se dilate d'autre façon dans le cœur que celui qui vient de la rate; et celui-ci autrement que celui qui vient des veines, des bras ou des jaml)es ; et enfin celui-ci tout autrement que le suc des viandes, lorsque étant nouvellement sorti de l'estomac et des boyaux il passe promptement par le foie jusqucs au cœur.

Art. 10. ConiBCBl tout tes membres pcnvent être mai par les objeU des seos et par les esprits sans Taide de l'àme.

Enfin, il faut remarquer que la macUne de notice corps est tellement composée que tous les changements qui arrivent au mouvement des esprîts peuvent faire qu'ils ouvrent quelques pores du cerveau plus que les autres, et réciproquement que, lorsque quelqu'im de ces pores est tant soit peu plus ou moins ouvert que de coutume par l'action des nerfs qui servent au sens, cela change quelque chose au mouvement des esprits, et fait qu'ils Sont conduits dans les muscles qui servent à mouvoir le corps en la façon qu*il est ordinahrement mu à l'occAsion d'une telle action ; en sorte que tous les mouvements que nous faisons sans, que notre volonté y contribue (cpmme il arrive souvent que nous respirons, que nous marchons, que nous

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