‹ Œuvres de Descartes (volume 3)Chapitre 82 sur 91 · S70 LES PASSIONS DE L*AVE · texte numérisé non relu

S70 LES PASSIONS DE L*AVE

montaient du cceor au cerveau oicitaienl en rame la passion de la haine; et en même tenips aussi ces esprits allaient du cerreau vers les nerfs qui pouvaient pousser du sang de la raie et des petites veines du foie vers le cœur, pour empêcher ce suc nuisihle d'y entrer, et de {dus vers ceux iqui pouvaient repousser ce même suc vers les intestins et vers Festoepiac, ou a^ssi quelquefois obliger restomac h k voxoir ; d'où vient que ces mêmes mouvements ont coutume d'accompagner la passion de la haine. Et on peut voir à Foeil qu*il y a dans le foie quantité de veines ou condnits assez larges par où le suc des viandes peut passer de la veine porte en la veine cave, et de là ^u cœur, sans s^aricter aucunement au foie; mais il y en a aussi une infinité d'autres plus petites où il peut s'arrêter, et qui contiennent toujours du sang de réset ve, ainsi que ftdt aussi la rate ; lequel sang étant plus grossier que celui qui est dans les autres partics du corps peut mieux servir d^aliment au feu qui est dans le cœur quand Testomac et les intestins manquent de hil en fournir.

Art.ia9.8liUjoS%

n est aussi quelquefois arrivé au commencement de notre vie que le sang contenu dans les veines était un aliment assez convenable pour entretenir la chaleur du cœur, et qu elles en contenaient en telle quantité qu'il n'avait point besoin de tirer aucune nourriture d'ailleurs ; ce qui a excité en Tàme la passion de la joie, et a fait en même temps que les orifices du cœur se sont plus ouverts que de coutume , et que les esprits coulant abondamment du cerveau, non-seulement dans îes nerfs qui servent à ouvrir ces ori&ces, mais aussi généralement en tous les autres qui poussent le sang des veines vers le cœur, empêchent qu'il n'y en vienne de nouveau du foie, de la rate, des intestins et de l'estomac : c'est pourquoi ces mômes mouvements accompagnent la Joie.

Quelquefois, au contraire, il çst fi^rrîyé que le corps a eu faute de nourriture, et c'est ce qui doit faire sentir à l'âme sa preoûèr« Mristease^ an vfipiua quii s^'a point ë|é jointe àlahi^ne; cela V^èff^ a (ait aussi qu^ les orifices du cœur se sont étrécis, à cause qu'Us ne reçoivent que peu de sang ; et qu'une assez no*

Uigitized by VjOOQ IL

Page 1