DE LA CORRESPONDANCE
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Tant ambassadeur auprès de la reine de Suède , et présentement auprès des États de»Hollande, et chez lequel il mourut en Suède. J'ai trouvé entre autres les originaux des lettres qu'il écrivit en réponse à plusieurs de ses amis. Je fais choix des principales, ijui concernent, les unes sa Philosophie, d'autres quelques ouvrages qu'il n'avoit qu'ébauchés; d'autres enfin qui contiennent la solution des difficultés qui lui avoient été proposées par plusieurs grands hommes, parmi lesquels vous tenez une j lace si distinguée. Mon dessein est de les faire toutes imprimer au premier jour, comme je l'espère : mais comme on auroit de la peine à entendre les réponses aux difficultés, si on n'imprime en même temps les* difficultés mêmes, et que je n'ai pas cru pouvoir exécuter ce dessein sans la permission de ceux qui ont été en commerce de lettres avec lui , j'ai déjà obtenu de quelques uns la grâce que je vous demande, et que j'attends de votre honnêteté, et de ce zèle incroyable que je vous connois pour M. Descartes. Je voudrais vous supplier en même temps de m'envoyez les originaux de toutes celles qu'il vous a écrites, car je n'en trouve que deux ici , l'une en réponse de la vôtre du 11 décembre, et l'autre à celle du 5 mars. Il me manque donc la troisième, qui doit être en rép orise des vôtres du 23 juillet et du * 1 5 octobre, la* quelle doit être très belle et très curiettée, ayant à
répondre à tant de questions importantes que vous lui avez faites sur ses Principes de philosophie, et sur la Dioptrique, dont je n'ai trouvé que deux pages, où il tâche de répondre à vos instances, sans qu'il s'y trouve un seul mot de vos questions sur ses Principes et sur sa Dioptrique : ainsi je vous prie donc instamment de m'accorder la grâce de faire imprimer vos lettres avec ses réponses, et de m'envoyer aussi toutes celles que vous avez de M. Descartes, afin que nous concourions ensemble à l'utilité du public et à la mémoire de notre ami. Outre ces lettres, j'ai encore plusieurs beaux monuments de ce grand homme, qui verront le jour chacun en son temps, et qui, je m'assure, ne vous feront pas peu de plaisir un jour, cpnnoissant votre zèle et votre amour pour les écrits de M. Descartes. Si j'eusse pu vôus écrire dans ma langue naturelle, je vous aurois expliqué ma pensée en termes plus clairs et meilleurs; mais de peur de tomber en diverses fautes, j'ai serré mon style, et je vous ai découvert ma pensée comme j'ai pu , et non pas comme j'ai voulu. Je vous prie de me le pardonner, et d'être bien persuadé que je suis avec toute l'estime et la vénération possible , etc.
A Paris, le xa décembre i654.
38a LE TT fi ES.