‹ Œuvres de DescartesChapitre 50 sur 103 · Tome \', p · texte numérisé non relu

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Descartes a Schooten.

Egmond, 9 avril 1649.

La dernière partie de cette lettre de Descartes est imprimée différemment dans une réponse de Christian Huygens à l'ouvrage d'Ainscom, cité t. V, p. 32 1 . Cette réponse est datée de La Haye, le 2 octobre i656. Elle fut publiée beaucoup plus lard, Christiani HuGENii CoNST. F. ad C. V. Fran. Xaverinm Ainfcom S. I. Epijîola, (dans les Opéra Varia de Huygens, Lugd. Bat., apud Janlîonios Vander Aa, 1724, t. I, p. 34i-35o).

a. Lettres du 10 mars et du 9 avril 1649 (t. V, p. 3i8 et p. 336).

b. Voir LiPSTORPii Specimina Philof. Carte/. (Elsevier, i653.) Dans la dédicace, datée de Leyde, i"' avril i653, l'auteur parle de la traduction latine de la Géométrie de Descartes en 1649, et des notes ajoutées par Schooten et Debeaune : « ...tum ab AmplilTimo. . . Florimondo de » Beaune, Confiliario quondam Blœfenfi, intra femejlre fatis funâo. » (Page II.)

Supplément. 23

« ...Ecce verô... eadem plane quae nobis, circa lias propoli- » tiones & fignificationem verbi conlinere, opinio fuit Incomparabili » Cartefio ; quem (i minus infignem Geometram qu'am A Ig-ebriflant » fuilTe arbitraris, parùm ex vero judicas. Ejus ad amicum epiftola; > copia mihi fada eft, cùm jam diu Exetafis noltra prodiidet; quà » quoniam non tantùm id quod dixi comprobatur, fed & tota » infuper ad opus Geometricum P. à S'° Vincentio oertinet, inte- » gram hic adfcribere vifum efl. Gallicè fie habet. »

Monfieur,

J ay gardé vos livres un peu long temps, pour ce que je defirois, en vous les renvoyant, vous rendre compte de la Quadrature du Cercle prétendue, &. j'avois bien de la peine à me refoudre de feuilleter tout le gros volume qui en traite. En fin j'en ay veu quelque chofe, & aflez ce me femble pour pouvoir dire, qu'il ne contient rien de bon qui ne foit facile & qu'on ne pufl efcrire tout en une ou deux pages. Le refte n eft qu'un paralogisme touchant la Quadrature du Cercle, enveloppé en quantité de propofitions qui ne fervent qu'à embrouiller la matière, & font très fimples & facilles pour la plufpart, bien que la façon dont il les traite, les face paroiftre un peu obfcures. Pour trouver fon paralogifme, j'ai commencé par la 1 1 54" page, où il dit : Nota autem ejîproportio fegmenti LMNK ad fegmentum EGHF, ce qui eft faux; & la preuve qu'il en donne eft fondée fur la j^^ propofition, en la page 112! du mefme livre, où il y a une erreur très manifefte, qui confifte en ce qu'il veut appliquer à plufieurs quantitez conjointes ce qu'il a prouvé auparavant des mefmes quantitez divifées. Car, par exemple, ayant les 4 ordres de proportionnelles

24 Correspondance de Descartes.

& 2, 6, i8, 2, lo, 50,

bien qu'il foit vray que 8 eft à 32 en raifon doublée de ce que 4 efl à 8 ; & que 18 eft auffi à 50 en raifon doublée de ce que 6 eft a 10 : il n'eft pas vray pour cela que 8 + 18, c'eft à dire 26, foit à p + ^o, ceft à dire 82, en raifon double de celle qui eft entre 4 + 6, c'eft à dire 10, & 8 + 10, c'eft à dire 18. Tous fes raifonnements ne font fondez que fur cette faute, & ce qu'il efcrit de Proportionalitatibus & de Duéîibus, ne fert qu'à l'embarafler, & ne me femble d'aucun ufage, pour ce que frujîra fit per plura quod poteji fieri per paucîora.

(Pag. HZ-H^O

Huygens termine ainsi sa lettre (avant-dernière ligne, p. 35o) : « Vides autem quàm hac in parte longé diverlum fonent Cartefii » literœ atque Elogia veftra : quorum utris potiùs fublcribendum » fit, aliorum judicio decerni malim quàm meum interponere... »

On lit, au début de ce même volume, Htigenii Viia, p. 1-2 : « Anno 1644, lludium Mathefeos aggreffus elt, Mathematicumque » Belgam Stampioen praeceptorem habuit. Sequenti anno, Acade- )' niiam petiit quae Leidte eil apud Batavos. Ibi Vinnium jus civile » explicantem audivit, & magiftro Schotenio lludium Mathefeos » continuavit, ingeniique ad htec fludia nati varia tune temporis » dédit fpecimina. . . »

A la mort de Descartes, Grégoire de Saint- Vincent voulut dire son mot sur le philosophe. II le fit en quelques vers à peu près intraduisibles (c'est un jeu de mots sur le nom de René); ces vers nous ont été conservés. Erasme Bartholin les envoya à Olaiis Wormius, à Copenhague, dans une lettre datée de Leyde, 2 juin i65o :

« ...Antequam nnem imponam hifce litteris, apponam carmen )) non inconcinnum, quod P. Gregorius à S. Vincentio Jefuita,

Supplément. 2^

» audor iftius Quadratures Circiili, nuper editac, fed minime » inventae, mihi Gandavo mifît, in obitum Renati des Cartes :

Gallia te genuit, fed Suecia fu/iulit orbi.

[Mercedem hanc Gai lis, Suecia, retribuis?) Sed tua te virtus faciet chartœque renatum :

Sic duplici, Mtindo, forte Renatus eris. Vive igitur felix, nunquam moriture Renate,

Qui natus morti, morte renatus eris.

(Olaï WoRMii & ad enm virorum doâorum Epiflolcc, t. II, Hafniœ, 1751, p. 989.)

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