‹ Œuvres de Descartes (volume 2)Chapitre 220 sur 293 · DU NOMBRE DES ELEMENTS ET DE LEURS, QUALITES · texte numérisé non relu

DU NOMBRE DES ELEMENTS ET DE LEURS, QUALITES

Les philosophes assurent qu’il y a au-dessus des nuées un certain, air beaucoup plus subtil que le nôtre , et qui n’est pas composé des vapeurs de la terre comme lui , mais qui fait un élément à part. Ils disent aussi qu’au- dessus de cet air il y a encore

LE MONDE

un autre corps beaucoup plus subtil qu’ils appellent l’élément du feu. Ils ajoutent de plus que ces

deux éléments sont mêlés avec l’eau et la terre en

la composition de tous les corps inférieurs ; si bien que je ne ferai que suivre leur opinion , si je dis que cet air plus subtil et cet élément du feu remplissent les intervalles qui sont entre les parties de l’air grossier que nous respirons , en sorte que ces corps, entrelacés l’un dans l’autre, composent une masse qui est aussi solide qu’aucun corps le saurait être.

Mais , afin que je puisse mieux vous faire entendre ma pensée sur ce sujet , et que vous ne pensiez pas que je veuille vous obliger à croire tout ce que les philosophes nous disent des éléments , il faut que je vous les décrive à ma mode.

Je conçois le premier, qu’on peut nommer l’élément de feu , comme une liqueur la plus subtile et la plus pénétrante qui soit au monde; et ensuite de ce qui a été dit ci-dessus touchant la nature des corps liquides, je m’imagine que ses parties sont beaucoup plus petites et se remuent beaucoup plus vite qu’aucunes de celles des autres corps ; ou plutôt, afin de n’ètre pas contraint d’admettre aucun vide en la nature , je ne lui attribue point de parties qui aient aucune grosseur ni figure déterminée , mais je me persuade que l’impétuosité de son mouvement ést suffisante pour faire qu’il soit di-

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