‹ Œuvres de Descartes (volume 2)Chapitre 221 sur 293 · CHAPITRE V. 2J · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. 2J

visé en toutes façons et en tous sens par la rencontre des autres corps , et que ses parties changent de figure à tous moments pour s’accommoder à celle des lieux où elles entrent; en sorte qu’il n’y a jamais de passage si étroit ni d’angle si petit entre les parties des autres corps où celles de cet élément ne pénètrent sans aucune difficulté et quelles ne remplissent exactement.

„ Pour le second , qu’on peut prendre pour l’élément de l’air, je le conçois bien aussi comme une liqueur très subtile en le comparant avec le troisième ; mais, pour le comparer avec le premier, il est besoin d’attribuer quelque grosseur et quelque figure à chacune de ses parties , et de les imaginer à peu près toutes rondes et jointes ensemble ainsi que des grains de sable et de poussière ; en sorte quelles ne,%e peuvent si bien agencer, ni tellement presser l’une contre l’autre, qu’il ne demeure toujours autour d’elles plusieurs petits intervalles dans lesquels il est bien plus aisé au premier élément de se glisser, que non pas à elles de changer de figure tout exprès pour les remplir. Et ainsi je me persuade que ce second élément ne peut être si pur en aucun endroit du monde qu’il n’y ait toujours avec lui quelque peu de la matière du premier.

Après ces deux éléments je n’en reçois plus qu’un troisième, à savoir celui de la terre, duquel je

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