‹ Œuvres de Descartes (volume 2)Chapitre 234 sur 293 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

de vous avertir qu’outre les trois lois que j’ai expliquées , je n’en veux point supposer d’autres que. celles qui suivent infailliblement de ces, vérités éternelles sur lesquelles les mathématiciens ont accoutuméd’appuyerleurs pluscertainesetplus évidentes démonstrations; ces vérités, dis-je, suivant lesquelles Dieu même nous a enseigné qu’il avoit disposé toutes choses en nombre , en poids et en mesure, et dont la connoissance est si naturelle à nos Ames que nous ne saurions ne les pas juger infaillibles lorsque nous les concevons distinctement, ni douter que si Dieu aVoit créé plusieurs mondes, elles 11e fussent en tous aussi véritables qu’en celuici. De sorte que ceux qui sauront suffisamment' examiner les conséquences de ces vérités et de nos règles pourront connoître les effets par leurs causes, et, pour m’expliquer en termes de l’école, pourront avoir des démonstrations a priori de tout ce qui peut être produit en ce nouveau monde.

Et , afin qu’il n’y ait point d’exception qui en empêche, nous ajouterons, s’il vous plaît, à nos suppositions, que Dieu n’y fera jamais aucun miracle, et que les intelligences , ou les âmes raisonnables que nous y pourrons supposer ci-après , n’y troubleront en aucune façon le cours ordinaire de la nature. Ensuite de quoi néanmoins je ne vous promets pas de mettre ici des démonstrations exactes de toutes les choses que je dirai ; ce sera

Page 1